NOTRE DAME DE LA CONFIANCE

Vous ne connaissez peut-être pas la Madone de la Confiance (appelée aussi Vierge de la Confiance, ou Notre-Dame de la Confiance ou Marie de la Confiance) ? Nous, nous ne la connaissions pas, jusqu'à ce que l'un d'entre nous en reçoive l'image  de Rome, ces jours-ci.

C'est une image assez rare, parce que la Madone de la Confiance est en quelque sorte ... un domaine réservé. A qui ? Au Séminaire Romain Majeur du Latran (séminaire pontifical) !

Dans ce domaine on pourrait penser que séminaristes et pontifes ne sont pas très "partageurs ". La Madone de la Confiance reste au Séminaire et n'est jamais montrée aux pauvres profanes que nous sommes. On ne visite pas.

Cette image est celle d'un petit tableau probablement peint par Carlo Maratta au XVIIème siècle sous le pontificat de Clément IX (dont il fit un magnifique portrait). Le tableau, tout simple et frais, a un détail particulier (voulu ou non par le peintre , ça on ne sait pas ! ) qui a été à l'origine de son nom : l'Enfant Jésus regarde le visiteur et lui désigne sa Mère en tendant le doigt vers elle .C'est ce petit bout de doigt tendu vers Marie qui a frappé les générations :Jésus désigne Marie aux hommes . Aussitôt on en conclut que c'était là un message éclatant : "Ayez confiance en ma Mère !"

Pourquoi pas ?

Toujours est-il que le petit tableau appartint à une noble dame, Isabella, qui devint Abbesse du Couvent des Pauvres Clarisses de Saint-François, à Todi  et le conserva pieusement  jusqu'à sa mort en 1744.

On ne sait pas trop quel fut ensuite le destin du tableau, mais on le retrouve en 1773 dans un séminaire de Rome qui deviendra le Séminaire Majeur quelques années plus tard et déménagera ... en emportant soigneusement sa petite Madone.

C'est à l'occasion de plusieurs épidémies (choléra, grippe , etc.. ) qui décimèrent des milliers de Romains que son culte prit de l'ampleur .  La petite Vierge de la Confiance était une protectrice puissante !

Pendant la 1ère Guerre Mondiale de 1914, les 100 séminaristes du Séminaire Majeur se vouèrent à sa protection, au cri de  "Mater mea, Fiducia mea " (ma Mère, ma Confiance). On dit que tous – sauf un seul- revinrent vivants. "Leur" Madone les avait protégés. Elle devint leur "patrone" officielle.  Une autre version dit que tous - sauf un - furent tués pendant la guerre après s'être montrés particulièrement héroïques grâce à la force que leur avait donné la Madone de la Confiance.

Toujours est-il que les plaques d'identité des 100 séminaristes partis à la Guerre, furent placées autour de l'image de leur Madone protectrice, comme des rayons de lumière.

De nos jours, la Madone de la Confiance est toujours vénérée au Séminaire Majeur Romain (non ouvert au public  et fait l'objet d'un pèlerinage annuel de tous les Papes le jour de sa fête : le dernier samedi avant le début du Carême. Il existe (assez peu !) des petites images de la Madone de la Confiance avec son cri-prière, son "cri-confiance"  : " Ma Mère , ma Confiance " .

SAINT JOSEPH

Saint Joseph, Patron des travailleurs

Fiancé à Marie lorsque celle-ci tombe enceinte par l'action du Saint Esprit, Joseph l'épouse et devient père nourricier de Jésus. Toute sa vie il sera un époux discret et fidèle. Joseph et Marie ont continué à vivre dans la chasteté après la naissance de Jésus. C'est pourquoi Saint Joseph est parfois représenté portant des fleurs de lys blanches, symbole de pureté.

Saint Joseph, patron des travailleurs, mais pas seulement

Durant sa vie, Saint Joseph s'est occupé de tout ce qui était nécessaire à la Vierge Marie et à Jésus et a veillé sur la Sainte Famille. Il est donc le Saint patron des familles. Artisan charpentier à Nazareth Saint Joseph est devenu le patron des travailleurs. Sa fête, qui a lieu le 19 mars, est très suivie par les artisans et les ouvriers dans le monde. Nombreux sont ceux qui confient leur recherche d'emploi à Saint Joseph par le biais de la prière.

SAINTE RAFQA

1- RAFQA à Himlaya (1832 - 1859)

 Sainte Rafqa vit le jour le 29 Juin (fête des Saints Pierre et Paul) 1832 à Himlaya, village du Metn-Nord près de Bikfaya.

 Elle resta fille unique à Mourad Saber al-Choboq al-Rayès et à Rafqa Gemayel.

 Elle fut baptisée le 7 Juillet 1832 et reçut le prénom de Boutrossieh (Pierrette). Ses Parents l'ont élevée sur l'amour de Dieu et l'assiduité à la prière. La mère mourut en 1839 alors que Rafqa n'avait que sept ans; ce fut pour elle une grande peine qui marqua toute sa vie.

 Son père connut la misère et la nécessité. Il décida, en 1843, de l'envoyer à Damas pour travailler comme servante chez M. Asaad al-Badawi, d'origine libanaise; elle y resta quatre ans.

 Rafqa revint à la maison en 1847, et trouva que son père s'était remarié en son absence. Elle cacha sa grande peine. Elle était belle, de bon caractère et d'une humble piété. Sa tante maternelle voulait la marier à son fils et sa marâtre à son frère; un conflit entre les deux femmes s'agrandit.

 C'est alors que Rafqa choisit la vie religieuse.

2- RAFQA dans la Congrégation des Mariamettes (1859 - 1871)

 Rafqa demanda à Dieu de l'aider à réaliser son désir. Elle décida d'aller au couvent Notre-Dame de la Délivrance à Bikfaya pour se joindre aux Mariamettes, fondées par le Père Joseph Gemayel.

 En entrant à l'Église du couvent, elle sentit une joie indescriptible. Pendant qu'elle y priait devant l'icône de Notre-Dame de la Délivrance, elle entendit une voix qui lui disait:"Tu seras religieuse". La Mère Supérieure admit Rafqa sans l'interroger. À cette nouvelle, son père vint, avec sa femme, pour la ramener à la maison; Rafqa refusa de les rencontrer.

 Après la période du postulat, Rafqa porta l'habit de novice en la fête de Saint Joseph le 19 mars 1861. L'année suivante et à la même date, elle prononça ses voeux temporaires de religieuse.

 La nouvelle professe fut envoyée au Séminaire de Ghazir, où elle fut chargée de la cuisine. Parmi les séminaristes se trouvaient le Patriarche Élias Houayek et l'Évêque Boutros al-Zoghbi.

 Durant son séjour à Ghazir, elle profita de ses moments libres pour approfondir ses connaissances de langue arabe, de calligraphie et d’arithmétique.

 En 1860, Rafqa fut transférée à Deir al-Qamar, pour y enseigner le catéchisme aux jeunes filles. Elle y assista, durant cette même année, aux événements sanglants survenus au Liban. Elle sauva la vie d'un petit enfant qu'elle cacha sous sa robe.

 Rafqa passa environ un an à Deir al-Qamar puis revint à Ghazir.En 1863, Rafqa rejoignit une école de sa Congrégation à Jbeil pour y instruire des jeunes filles et les former aux principes de la foi chrétienne. Un an après, elle fut transférée à Maad, sous la demande de M. Antoun Issa; elle y passa sept ans, durant lesquels elle fonda une école pour instruire les filles.

3- RAFQA dans l'Ordre Libanais Maronite:


 Au Monastère Mar Sémaan (Saint Simon) El Qarn, Aïto (1871 - 1897)

 Au cours de son séjour à Maad, une crise secoua et ébranla la Congrégation des Mariamettes vers 1871. Ce fait troubla Rafqa, qui entra à l'Église Saint Georges, pour prier le Seigneur Lui demandant de lui montrer sa bonne voie. Elle entendit une voix disant: "Tu resteras religieuse". Le soir même, Rafqa vit en songe Trois Saints: Saint Georges, Saint Simon le Stylite et Saint Antoine le Grand, Père des moines, qui lui dit à deux reprises: "Entre dans l'Ordre Libanais Maronite".

 M. Antoun Issa lui facilita le transfert de Maad au monastère de Mar Sémaan El Qarn à Aïto, où elle fut immédiatement acceptée. Elle y porta l'habit de novice et prit le prénom de sa mère RAFQA le 12 Juillet 1871. Elle fit sa profession solennelle le 25 août 1872.

 Elle passa 26 ans au monastère Mar Sémaan El Qarn, Aïto. Elle mena une vie exemplaire avec ses sœurs les moniales.

 Le premier dimanche d'octobre, en la fête de Notre Dame du Rosaire en 1885, Rafqa entra à l'Église du monastère et se mit à prier demandant au Seigneur de lui accorder de participer à sa Passion Rédemptrice. Sa prière fut immédiatement exaucée. Le soir même avant de dormir, elle sentit un mal de tête insupportable qui, ensuite, atteignit ses beaux yeux.

 Tous les soins utilisés furent vains. Un médecin américain à Jbeil, consulta Rafqa et décida de l'opérer instantanément. Rafqa refusa l'anesthésie durant l'opération, au cours de laquelle le médecin lui arracha accidentellement l’oeil droit. Rafqa au lieu de se plaindre lui dit: "Pour la Passion du Christ. Que Dieu garde tes mains et te donne récompense". Le mal ne tarda pas à passer à son oeil gauche.

4. Rafqa dans le Monastère Saint Joseph Al Dahr, Jrabta (1897 - 1914)

 L'Ordre Libanais Maronite décida de fonder le monastère de Saint Joseph al Dahr à Jrabta - Batroun en 1897. Six moniales furent transférées du monastère Saint Simon El Qarn au nouveau monastère Saint Joseph à Jrabta. Parmi elles, figurait Rafqa, car les soeurs étaient très attachées à elle et espéraient la prospérité du nouveau monastère grâce à ses prières. Mère Ursula Doumit, originaire de Maad, fut nommée Supérieure.

 En 1899, Rafqa devint complètement aveugle puis paralysée. Ses articulations se disloquèrent; son corps devint aride et sec: un squelette à peu près décharné. Elle passa les sept dernières années de sa vie étendue sur le côté droit de son corps. Sur son visage paisible, rayonnait toujours un sourire céleste.

 Selon le jugement des médecins, Rafqa fut atteinte d'une tuberculose ostéo-articulaire. Rafqa vécut 82 ans, dont 29 furent passés dans les souffrances, qu'elle supportait avec joie, patience et prière pour l'amour du Christ.

 Le 23 mars 1914, Rafqa  demanda la Sainte Communion puis remit son esprit en appelant Jésus, la Vierge Marie et Saint Joseph. Enterrée au cimetière du monastère Saint Joseph - Jrabta, une lumière splendide apparut sur son tombeau en deux nuits consécutives. Notre Seigneur accorda par son intercession beaucoup de miracles et de grâces.

 La cause de sa Béatification fut présentée au Vatican le 23 décembre 1925. L'investigation sur sa vie pour la canonization fut commencée le 16 mai 1926. Le 10 juillet 1927, la dépouille de Rafqa fut transférée à un nouveau tombeau dans l'Église du monastère.

NOTRE DAME DE LA MISERICORDE

Notre Dame de la Miséricorde à Pellevoisin

Estelle Faguette, 1876  

Estelle Faguette est née à St Memmie près de Châlon-sur-Marne le 12 septembre 1843 et y fut baptisée le 17 du même mois. Nous sommes au début de l’année 1876 dans le village de Pellevoisin du département de l’Indre. Estelle Faguette, 33 ans est mourante. Elle souffre de tuberculose pulmonaire, de péritonite aiguë et d’une tumeur abdominale. Le 10 février 1876, le Dr Bernard de Buzençais ne lui donne que quelques heures à vivre. Pendant la nuit des 14 au 15 février, la Vierge Marie lui apparaît. D’autres apparitions suivront.

Pellevoisin, première apparition – Nuit des 14/15 février 1876 

La première partie de cette apparition à Pellevoisin eut lieu dans la nuit du 14 février 1876. Le démon lui apparut d’abord au pied de son lit. A peine l’eut-elle aperçu qu’Estelle vit aussi apparaître la Vierge Marie au côté de son lit. La Vierge chassa immédiatement le démon et s’adressa à Estelle : «  Tu n’as rien à craindre, Estelle, tu es ma fille ! ». Marie lui demanda de rassembler tout son courage, car il lui fallait encore souffrir cinq jours en l’honneur des cinq plaies du Christ. Le samedi suivant elle devait soit être morte ou tout à fait guérie.

Pellevoisin, deuxième apparition – Nuit du 15/16 février 1876 

Cette fois le démon apparut au même moment que la Vierge Marie. Cette dernière précisa de suite : « Ne crains rien, je suis là ! Aujourd’hui, mon Fils va montrer sa miséricorde. Il te sauvera la vie. Samedi tu seras guérie. » Estelle répondit : «  Ma Mère, si je pouvais choisir, je préférerais mourir maintenant puisque je m’y sens prête. » La Vierge répondit avec un sourire : « Tu es quelque peu ingrate, car si Mon fils te rend à la vie, c’est parce que c’est nécessaire (parce que tu en as besoin). »Quel cadeau plus précieux peut-Il donner aux hommes que la vie ? Mais ne pense pas que tu vas échapper à la souffrance. Non, tu souffriras, comme c’est le cas dans la vie. Ta patience et ton renoncement ont touché le Cœur de Mon Fils. Ne perd pas les fruits de ces vertus en faisant de mauvais choix. Ne t’ai-je pas dit que s’Il t’accorde la vie, ce sera pour assurer ma glorification ? » La Vierge Marie sourit et dit : «  Maintenant nous allons un peu jeter un coup d’œil à ton passé. » Son visage s’assombrit quelque peu, mais il continuait cependant à manifester la douceur. Estelle fut ébranlée par les fautes qu’elle avait commises, alors qu’elle pensait qu’il s’agissait de peccadilles. Elle resta un moment silencieuse en se rendant compte qu’elle méritait cette observation. Elle voulut crier pour demander pardon, mais en fut incapable tant elle était bouleversée de tristesse. La Vierge la regarda alors avec grande bonté puis disparut sans dire un mot.

Pellevoisin, troisième apparition – Nuit du 16/17 février 1876

Au cours de la nuit, Estelle vit encore le démon mais de beaucoup plus loin. La Vierge Marie lui dit : «  Courage, mon enfant ! » Le souvenir de son passé  revint à l’esprit d’Estelle et elle commença à trembler de peur. La Vierge lui dit alors : «  Tout cela est passé ; par ton attitude de renoncement tu as transformé le mal en bien. » La Vierge montra alors à Estelle le bien qu’elle avait fait, mais il n’égalait cependant pas ce qu’elle avait fait de mal. Voyant sa tristesse, la Vierge lui dit : « Comme Mon fils, Je suis miséricordieuse. Les quelques bonnes œuvres et les prières intenses que tu m’as offertes ont touché mon cœur de Mère et tout spécialement la lettre que tu m’as écrite en septembre. Ce qui m’a le plus touché est cette phrase : «  Vierge Marie, voyez la misère de mes parents, si je disparais, ils devront aller mendier leur pain. Souvenez-vous s’il vous plaît de ce que vous avez souffert quand votre Fils, Jésus a été cloué sur la croix. » La Vierge répondit : «  J’ai montré cette lettre à Mon fils. Tes parents ont besoin de toi. Essaye dans le futur de te rendre digne de cette tâche. Ne dilapide pas les grâces qui t’ont été accordées et fais connaître Ma gloire.

Pellevoisin, quatrième apparition – Nuit du 17/18 février 1876

Cette nuit-là, Estelle eut l’impression que la Vierge ne resta pas longtemps. Elle voulut lui demander des grâces, mais ne put exprimer sa demande. Son esprit vagabondait et elle repensait aux paroles que la Vierge lui avait adressées : « Ne crains rien, tu es ma fille ; mon Fils a été touché par ton acceptation. » Elle se souvenait également du reproche qui lui avait été fait de ses fautes, ainsi que du pardon qu’elle avait obtenu grâce à la miséricorde. Elle se souvenait de ces paroles : « Sois courageuse, patiente et abandonne-toi à la Providence ; tu souffriras, mais efforce-toi de rester fidèle et fais connaître ma gloire. 

Pellevoisin , cinquième apparition – Nuit du 18/19 février 1876

Cette nuit-là, la Sainte Vierge s’approcha davantage d’Estelle et lui remémora sa promesse. Elle vit  un grand tableau avec une rose en or dans chaque coin et au milieu un cœur d’or percé d’un glaive ainsi qu’une couronne de roses avec l’inscription, suivante : « Dans mon désespoir, j’ai fait appel à Marie. Elle a plaidé ma cause auprès de son fils et j’ai obtenu une guérison totale. »

Alors la Sainte Vierge lui dit : « Si tu acceptes de me servir, sois simple et que tes actes confirment tes paroles. » Estelle lui demanda si elle devait changer quelque chose ou déménager. La Sainte Vierge répondit : «  Où que tu sois, et quoi que tu fasses, tu peux toujours obtenir ma bénédiction et proclamer ma gloire. » Alors elle reprit d’un air très triste : «  Cela m’attriste beaucoup de voir que les gens n’ont pas de respect pour mon Fils dans l’Eucharistie et qu’ils prient en ayant l’esprit ailleurs. Je dis ceci précisément à l’adresse de ceux qui se croient pieux. » Estelle lui demanda alors si elle devait immédiatement commencer à proclamer Sa gloire. «  Oui, oui ! Mais demande d’abord à ton confesseur ce qu’il pense. Tu rencontreras des obstacles sur ta route, on t’ennuiera et des gens diront que tu es folle. Ne leur prête pas attention, sois fidèle et je t’aiderai. » C’est alors qu’Elle disparut en douceur.

Dans les temps qui suivirent Estelle eut beaucoup à souffrir. Elle avait l’impression que son cœur allait sortir de sa poitrine. Elle avait de terribles douleurs à l’abdomen et à l’estomac. En offrant ses souffrances à Dieu, elle ne se doutait pas que sa maladie allait prendre fin. Après quelques minutes de repos elle se sentit tout à fait bien. Elle remarqua qu’il était 12h.30. « Je me sentais guérie. Je ne savais cependant toujours pas utiliser mon bras droit. » Vers 6.30, le prêtre de la paroisse rendit visite à Estelle et s’assit sur le bord de son lit. (Estelle lui avait parlé des apparitions).  « Ne te tracasse pas, dit le prêtre, je vais dire la Sainte Messe et t’apporterai la Sainte Communion ; tu pourras alors sûrement recouvrer l’usage de ton bras pour faire le signe de croix. » Ce fut effectivement ce qui arriva. Dans son ouvrage sur Pellevoisin, Vernet écrivit qu’Estelle avait vécu l’expérience de la mort et de la résurrection.

Pellevoisin – sixième apparition – 1er juillet 1876 

La seconde partie des apparitions de Pellevoisin débuta le samedi premier juillet. Il était dix heures quart, j’étais à genoux récitant mes prières du soir quand soudain je vis la Sainte Vierge complètement entourée de lumière. Elle était habillée de blanc. Elle regarda quelque chose, croisa les mains sur sa poitrine et dit en souriant : «  Garde ton calme mon enfant, sois patiente, ça va être difficile pour toi, mais Je suis avec toi. » J’étais tellement heureuse que je ne pus rien dire. La Sainte Vierge resta encore un certain temps et dit : « Courage, je reviendrai. » C’est alors qu’elle disparut comme elle le fit en février.

Pellevoisin, septième apparition – 2 juillet 1876 

Je me suis couchée à 10h30. Ce fut quelque peu difficile parce que je pensais à la Sainte Vierge que j’avais vue le soir précédent. Néanmoins j’allai me coucher. Je me réveillai à 11.h.30. J’espérais revoir la Sainte Vierge avant minuit. Je m’agenouillai à côté de mon lit et à peine avais-je dit un demi « Je vous salue Marie » que la Sainte Vierge apparut devant moi. Une lumière brillante sortait de ses deux mains. Elle finit par croiser les mains. En me regardant elle dit : «  Tu as déjà proclamé ma gloire. » (Ensuite elle me confia un secret). « Continue, mon Fils a gagné de nouvelles âmes qui se sont consacrées plus profondément à Lui. Son Cœur est tellement rempli d’Amour pour mon Cœur qu’il ne peut rien me refuser. Pour moi, il touchera et attendrira les cœurs les plus durs. » En disant cela, Elle était devenue extraordinairement belle. J’ai alors voulu lui demander un signe qui manifesterait sa puissance, mais je ne savais comment m’y prendre et comment le demander. Je finis par dire : «  Ma bonne Mère, s’il vous plaît, pour votre gloire. » Elle comprit mes paroles et dit : «  Ta guérison n’est-elle pas une grande preuve de Mon pouvoir ? Je suis spécialement venue pour sauver les pécheurs. » Tandis qu’elle parlait, je pensais aux multiples façons dont elle pouvait montrer son pouvoir et dont elle rayonnait la lumière. Elle répondit : « Permet aux gens de voir tout cela. » Puis, elle disparut en douceur.

Pellevoisin, huitième apparition – 3 juillet 1876 

J’ai de nouveau vu la Vierge le 3 juillet. Elle n’est restée que quelques minutes et m’a gentiment réprimandé : «  Je souhaite que tu sois plus calme, plus paisible. Tu as besoin de repos. Je ne puis te dire exactement quand je reviendrai. » J’ai voulu Lui faire part de tous mes souhaits ; elle s’est contentée de sourire. «  Je suis venue mettre fin aux réjouissances. » Elle est ensuite partie comme d’habitude, peu avant minuit.

Pellevoisin, neuvième apparition – 9 septembre 1876 

La troisième partie des apparitions de Pellevoisin commença le 9 septembre. Depuis plusieurs jours, je me sentais attirée vers cette chambre à coucher où j’avais été guérie. Le 9 septembre, alors que je finissais de réciter le rosaire dans cette chambre, la Vierge apparut à nouveau. Elle présentait le même aspect que le 1er juillet. En silence elle regarda d’abord tout autour d’elle, puis me dit : « Le 15 août, tu t’es privée de ma visite parce que tu n’étais pas assez calme. Ton caractère est typiquement français : ils veulent tout savoir avant d’apprendre, et comprendre tout avant de connaître. J’aurais aussi pu venir hier, mais tu t’es privée de ma visite, car j’ai vraiment attendu un acte de soumission et d’obéissance de ta part. » 

Pellevoisin, dixième apparition – 10 septembre 1876 

La Vierge est apparue à peu près à la même heure. Elle n’est pas restée longtemps et m’a dit : « Ils devraient prier ; je vais leur donner un exemple. » Après avoir prononcé ces mots et joint les mains, elle disparut. On entendait justement sonner les vêpres.

Pellevoisin, onzième apparition – 15 septembre 1876 

Cette nuit-là, la Vierge apparut à Estelle pour lui dire qu’elle vivrait, mais elle la réprimanda pour ses fautes passées. Bien qu’Estelle n’ait pas vécu la vie mondaine, elle fut prise de remords pour tous ses manques. D’une voix triste, Marie dit : « JE NE PUIS PLUS RETENIR LE BRAS DE MON FILS. »

Elle paraissait bouleversée et ajouta : «  La France devra souffrir. » Elle souligna ces mots puis poursuivit : « Prend courage et aie confiance. » A ce moment une pensée effleura mon esprit : «  Si je révèle ces choses, personne ne me croira. » La Vierge avait tout compris. Elle me dit : «  J’ai payé d’avance ; tant pis pour ceux qui ne croiront pas ; ils finiront cependant par comprendre mes paroles. » Ensuite elle me quitta en douceur.

Pellevoisin, douzième apparition – 1er novembre 1876 

Depuis quinze jours maintenant, je ne pouvais m’empêcher d’espérer revoir la Vierge. Chaque fois que je pensais à elle, mon cœur s’emballait à l’idée de pouvoir La revoir. Finalement en ce jour de la Toussaint, je pus revoir ma Mère céleste. Elle apparut comme d’habitude, les bras entrouverts. Elle portait le scapulaire qu’elle m’avait montré le 9 septembre. La Vierge regardait  une chose que je ne pouvais pas percevoir ; elle regardait autour d’elle sans rien dire. Finalement elle me regarda avec une grande bonté, puis disparut.

Pellevoisin, treizième apparition – 5 novembre 1876 

C’est à la fin du rosaire que je pus voir la Vierge Marie. J’ai de suite pensé à mon indignité. Je pensais que d’autres personnes étaient sûrement beaucoup plus dignes que moi de recevoir Ses bénédictions. Je pensais que d’autres pourraient sûrement mieux que moi proclamer Sa gloire. 
Elle me regarda en souriant et me dit : « C’est toi que j’ai choisie » Ces paroles me rendirent très heureuse. Elle ajouta : « Je choisis les humbles et les doux pour proclamer Ma Gloire. Sois courageuse…. Elle croisa les mains sur sa poitrine et disparut.

Pellevoisin, quinzième apparition – 8 décembre 1876 

Je suis rentrée à la maison depuis quelques heures et je ne suis toujours pas remise de mes profondes émotions. Je ne reverrai sûrement plus jamais la Sainte Vierge sur cette terre. Personne ne peut comprendre la souffrance que je traverse ! Mais… après la grande messe, Elle m’apparut plus belle que jamais. Après le silence habituel, Elle dit : « Ma fille, te rappelles-tu mes paroles ? » Tout ce que la Vierge m’avait dit réapparut clairement à mon esprit et tout spécialement ces paroles : «  Je suis toute miséricordieuse et toute maîtresse de mon Fils. Son cœur a tant d’amour pour moi qu’il ne peut refuser mes demandes. Pour moi, il touchera les cœurs les plus endurcis. Je suis venue particulièrement pour la conversion des pécheurs. Les trésors de mon Fils sont disponibles pour tous ; si seulement ils voulaient prier (montrant le scapulaire). J’aime beaucoup cette dévotion. Je leur demande à tous de venir trouver le repos et la paix ; ceci est aussi vrai pour l’Eglise de France.

Au-delà de ces mots je pus aussi comprendre d’autres secrets. Elle me regarda et dit : «  Répète-toi souvent ces choses ; elles t’aideront pendant les temps difficiles. Tu ne me verras plus ». Je m’écriai : « Que vais-je devenir, Sainte Vierge ? » Elle répondit : «  Je resterai avec toi, mais d’une manière invisible. »  - Je vis quantité de personnes qui m’étaient hostiles, me menaçant ; cela m’effraya. La Sainte Vierge sourit et dit : «  Tu ne dois pas avoir peur de ces gens ; je t’ai choisie pour proclamer ma gloire, ainsi que pour répandre cette dévotion. » En prononçant ces mots, elle tenait le scapulaire entre ses mains. Elle essayait tellement de m’encourager que je dis : « Mère bien-aimée, accepteriez-vous de me donner ce scapulaire ? » Elle fit comme si Elle ne m’avait pas entendu. Elle dit : «  Viens embrasse-le » Je me levai très rapidement. La Sainte Vierge se pencha vers moi pour me permettre d’embrasser le scapulaire. Ce moment fut extraordinaire pour moi.

S’en référant au scapulaire, la Sainte Vierge dit : « Va trouver le prélat et présente-lui le modèle que tu as fait et dis-lui que je préfère t’aider plutôt que de voir comment certains de mes enfants le portent…Vois les grâces que Je déverserai sur tous ceux qui le porteront avec confiance et qui répandront ma dévotion. » Pendant qu’Elle prononçait ces mots, Elle étendit les mains et une pluie commença à tomber abondamment ; sur chaque goutte était inscrite une grâce : santé, confiance, respect, amour, sainteté, toutes les grâces que l’on peut imaginer. Puis elle ajouta : ce sont des grâces de mon Fils. Je les puise dans Son Cœur. Il ne peut rien me refuser. J’ai alors demandé : «  Mère, que dois-je mettre au revers du scapulaire ? » La Sainte Vierge répondit : «  Je me suis réservée ce côté. Je te demande d’y penser. Fais ensuite part à la Sainte Eglise de ce qui te sera venu à l’esprit et Elle-même décidera. » Je sentais que la Sainte Vierge allait partir et j’étais profondément triste. Elle s’éleva doucement en continuant à me regarder ; puis elle me dit : «  Courage, si le prélat ne fait pas ce que tu souhaites, va trouver un autre prélat plus élevé dans la hiérarchie. Ne crains rien, je t’aiderai. » Elle parcourut la pièce dans laquelle nous nous trouvions et finit pas disparaître à partir de l’endroit où se trouvait mon lit.

Estelle Faguette est décédée à Pellevoisin, le 23 août 1929, à l’âge de 86 ans

NOTRE DAME DE LA GARDE

En 1214 – année de la bataille de Bouvines et de la naissance du roi saint Louis - un prêtre de Marseille, prénommé Pierre, fit édifier un petit sanctuaire dédié à la Vierge Marie sur le triangle rocheux constituant le haut d’une colline de 161m face à la ville de Marseille, alors très petite. La colline s’appelant « La Garde », le sanctuaire fut tout naturellement appelé Notre-Dame de la Garde.

La 2° chapelle de Notre-Dame de la Garde. A l’origine de cette chapelle, il n’y a donc eu ni apparition, ni miracle : elle est née de la dévotion d’un prêtre. En 1477, elle fut un peu agrandie. Mais elle restait très petite, pouvant contenir au plus cinquante à soixante personnes.

Au XVIe siècle, la chapelle est englobée dans un fort.

En janvier 1516, après sa célèbre victoire de 1515 à Marignan en Italie du nord, le jeune roi François Ier passa pour la première fois à Marseille où le rejoignirent d’ailleurs son épouse et sa mère. Il ne manqua pas de monter faire ses dévotions dans la chapelle de Notre-Dame de la Garde. S’intéressant, en tant que roi, aux problèmes de défense, il constata avec regret que la ville de Marseille était très mal défendue. Elle était entourée d’une enceinte bien modeste, mais elle ne possédait aucun fort alors que beaucoup d’autres villes françaises en étaient déjà pourvues. Cela s’expliquait d’ailleurs très bien puisque la Provence n’avait été unie à la France qu’en 1481, soit seulement trente-cinq ans plus tôt, et les rois de France – car c’était toujours eux qui faisaient construire les forts – n’avaient pas encore eu l’occasion d’en édifier à Marseille. François Ier remonta à Paris en se disant qu’il faudrait un jour renforcer la défense de la ville.

L’occasion va lui en être rapidement donnée puisque Charles-Quint, empereur du Saint-Empire romain germanique, cherchait alors à s’emparer du midi de la France pour réunir les deux parties de son Empire (l’Europe centrale et l’Espagne). Il fit assiéger Marseille en 1524. Il ne réussit pas à prendre la ville. Mais François Ier revint alors en Provence et décida de faire construire deux forts à Marseille : l’un dans l’île d’If (le fameux Château d’If) et l’autre sur le haut de la colline de la Garde où se trouvait la chapelle.

A partir de la fin du XVIe siècle, on vit beaucoup de marins monter à Notre-Dame de la Garde. Jusqu’alors, ils allaient prier devant la statue de Notre-Dame de la Mer dans l’église Saint-Etienne située là où se trouve actuellement l’église Notre-Dame du Mont. Mais, en 1588, cette église fut démolie et les marins prirent alors l’habitude de venir à Notre-Dame de la Garde pour y prier et y déposer de nombreux ex-voto.

Pendant la Révolution française, après l’exécution de Louis XVI le 21 janvier 1793, les membres de la famille des Bourbon furent incarcérés durant six mois dans le fort de Notre-Dame de la Garde. Le culte catholique fut interdit en France en novembre de la même année. L’Etat s’empara de tous les édifices religieux. Tout ce que contenait la chapelle disparut alors : les deux statues de la Vierge (l’une en bois datant du XIIIe siècle et l’autre en argent de 1651), les cloches, les autels, les ex-voto…

En 1851, les Administrateurs de Notre-Dame de la Garde demandèrent au Ministre de la Guerre – sans trop espérer d’ailleurs une réponse positive – l’autorisation de démolir la petite chapelle et de la remplacer par un sanctuaire plus grand surmonté d’un haut clocher : comme la chapelle, ce nouveau sanctuaire se trouverait, lui aussi, à l’intérieur du fort. Malgré les objections de certains officiers qui craignaient que la structure du nouveau sanctuaire ne nuise à la valeur défensive du fort, les conseillers du Ministre émirent un avis favorable et celui-ci donna son accord le 5 février 1852.

Les responsables de Notre-Dame de la Garde demandèrent à des architectes d’établir les plans du nouveau sanctuaire. Ils eurent à choisir entre deux projets : une église de style néo-gothique et une église de style néo-roman. C’est ce deuxième projet qui fut retenu. Et, comme la basilique a été ornée un jour de mosaïques d’inspiration byzantine, on dit généralement qu’elle est romano-byzantine. L’architecte en fut Jacques Henri Espérandieu : il n’avait alors que vingt-trois ans… et il était de confession protestante.

La première pierre fut posée le 11 septembre 1853 par l’évêque de Marseille, Mgr Eugène de Mazenod. Les fidèles faisaient des dons pour le financement de la construction. Mais, au cours des premières années, l’argent vint souvent à manquer et, plusieurs fois, on dut interrompre les travaux. Après huit ans de chantier, à la mort de Mgr de Mazenod en 1861, on avait achevé de creuser la crypte dans le rocher, mais, de l’église supérieure, seuls étaient construits les murs latéraux et la base du clocher. Restaient donc à édifier la voûte de la nef, la coupole et la plus grande partie du clocher. Le successeur de Mgr Patrice Cruice fit accélérer les travaux et, le 4 juin 1864, le sanctuaire put être consacré, avec un clocher non terminé, par le Cardinal Villecourt, membre de la Curie romaine entouré de quarante-et-un évêques.

Le jour de la consécration, le 4 juin 1864
On continua la construction du clocher. Et, en 1866, on put y installer le bourdon dont la taille se trouvait désormais beaucoup mieux proportionnée aux dimensions du sanctuaire et l’on commença à édifier le piédestal de la statue monumentale.

La construction de la basilique s’acheva par la pose, en 1897, des lourdes portes de bronze. En 1914, on organisa de grandes fêtes pour marquer le 7e centenaire du sanctuaire de Notre-Dame de la Garde et le 50e anniversaire de la consécration de la basilique. Mais cette date évoque aussi évidemment le début de la première guerre mondiale, une guerre qui, curieusement, se trouve avoir constitué une date importante de l’histoire de notre sanctuaire.

SAINT GEORGES

Georges de Lydda naît en Cappadoce, dans une famille chrétienne. Militaire, il devient officier dans l'armée romaine; il est élevé par l'empereur Dioclétien aux premiers grades de l'armée.

Un jour il traverse la ville de Silène dans la province romaine de Libye, sur son cheval blanc. La cité est terrorisée par un redoutable dragon qui dévore tous les animaux de la contrée et exige des habitants un tribut quotidien de deux jeunes gens tirés au sort. Georges arrive le jour où le sort tombe sur la fille du roi, au moment où celle-ci va être victime du monstre. Georges engage avec le dragon un combat acharné ; avec l'aide du Christ, et après un signe de croix, il le transperce de sa lance. La princesse est délivrée et le dragon la suit comme un chien fidèle jusqu'à la cité. Les habitants de la ville ayant accepté de se convertir au christianisme et de recevoir le baptême, Georges tue le dragon d'un coup de cimeterre car il les effrayait toujours, puis le cadavre de la bête est traîné hors des murs de la ville tiré par quatre bœufs.

Après la publication des édits contre les chrétiens de Dioclétien, Georges est emprisonné. Sa foi ne pouvant être ébranlée, il y subit un martyre effroyable : livré à de nombreux supplices, il survit miraculeusement et finit par être décapité.

 

NOTRE DAME DU BON CONSEIL

L'apparition de Notre-Dame du Bon Conseil est si célèbre, Son image si répandue et si honorée dans l'Église, qu'il convient de donner place à cette forme de dévotion.

La petite ville de Gennazano, à dix lieues environ de Rome, sur les montagnes de la Sabine, honora, dès le Ve siècle, la Sainte Vierge sous le vocable de Notre-Dame du Bon Conseil.

Au XVe siècle, l'église menaçait ruine. Une pieuse femme, nommée Pétruccia, entreprit de la reconstruire, malgré ses quatre-vingts ans; elle y employa sa fortune, qui ne suffit pas à l'achever. Pétruccia prédit que la Sainte Vierge achèverait l'oeuvre.

Or, le 25 avril 1467, à l'heure des vêpres, une céleste harmonie se fit entendre dans les airs, la foule vit descendre une nuée brillante qui alla se reposer sur l'autel de la chapelle de Saint-Blaise, par où avait commencé la restauration de l'église. Au même moment, toutes les cloches du pays sonnèrent leurs plus joyeuses volées. La nuée disparue, la foule émerveillée aperçut une image de Marie portant l'Enfant Jésus, peinte sur enduit et se tenant au fond de l'autel, près du mur, sans appui naturel.

 Il fut dûment constaté que cette peinture avait été transportée miraculeusement d'une église de Scutari, ville d'Albanie. La Providence avait voulu la soustraire aux profanations des Turcs, maîtres de ce pays, et l'envoyer comme récompense de la foi de Pétruccia et des habitants de Gennazano.

L'histoire des merveilles de tous genres accomplies, depuis ce temps, autour de l'image miraculeuse, demanderait des volumes entiers. Souvent on a vu l'image changer d'aspect, et les yeux de la Sainte Vierge prendre un air de vie exprimant la joie ou la douleur. Que de maladies et d'infirmités guéries! Que de grâces spirituelles obtenues!

Gennazano est toujours un lieu de pèlerinage vénéré et très fréquenté, et beaucoup de pieux pèlerins même étrangers à l'Italie, si le temps le leur permet, tiennent à visiter ce sanctuaire béni. Les souverains Pontifes ont comblé d'indulgences la dévotion à Notre-Dame du Bon Conseil, et Léon XIII a inséré dans les Litanies de la Sainte Vierge le titre de Mère du Bon Conseil

NOTRE DAME DE MONTSERRAT

Montserrat : la Morenita et le chemin du ciel...

Le nombre de pèlerins et visiteurs dépassent un million chaque année…

Un peu d’histoire

Le Mont Serrat, long d’une dizaine de kilomètres, se dresse au-dessus de la plaine de Barcelone, à 40 km de cette ville. Le paysage, très austère, offre une invitation à la prière.

Le monastère bénédictin de Monserrat date du XI° siècle.

La statue de la Vierge, est appelée « Morenita », parce qu’elle est de couleur sombre. Elle est assise sur un trône d’argent laminé d’or et de pierres précieuses. Elle porte l’enfant Jésus qui bénit de sa droite et qui soutient le monde de sa gauche. La tradition veut que cette statue ait été retrouvée dans des temps immémoriaux par des bergers, dans une grotte de la montagne.

 La première chapelle fut remplacée au XIV° par une chapelle romane, puis par une très grande église au XVI° siècle.

Au Moyen âge, les pèlerins de Compostelle aimaient raconter les miracles et les grâces reçues en ce lieu. 

De fameux personnages y sont venus : le roi Louis XIV, Cervantes, Claudel, Flemming y offrit une de ses premières cultures de pénicilline, et des saints : saint Jean de Matha, saint Louis Gonzague, Benoît Labre, saint Antoine Marie Claret… On se souvient surtout de saint Ignace de Loyola qui est venu en ce lieu pour déposer son épée, et commencer une nouvelle vie sous la direction du confesseur du sanctuaire.

 Il y eut des périodes difficiles : les soldats de Napoléon détruisirent le sanctuaire et le monastère ; plus tard, durant la guerre civile espagnole, 23 moines furent massacrés. Aujourd’hui, le monastère a essaimé 7 autres monastères, trois en Europe, trois en Amérique et un en extrême Orient.

 Actualité

Le rayonnement de ce sanctuaire est important, et de nombreuses églises sont dédiées à la Vierge noire du Montserrat en Autriche, en Pologne, au Mexique, au Chili et au Pérou. Et on trouve des autels dédiés à la Vierge noire de Montserrat un peu partout dans le monde, à Paris et à Bombay, à Buenos Aires et à Tokio…

 Les pèlerins montent à pied, ils chantent le Rosaire et font le chemin de croix, puis ils mangent ensemble sous les arbres, font quelques jeux et parfois dansent le « sardane » pour accompagner l’hymne du sanctuaire.

Les Catalans viennent y fêter les fiançailles et fêtes de familles, les réussites aux examens et les jubilés.

Il y a sur place une petite école appelée « Escolana » qui forme les garçons au service de l’autel et à la musique sacrée. Cette école a donné des organistes, instrumentistes et compositeurs renommés.

 La venue de Jean Paul II

« La Vierge –la "Morena" de Montserrat, nous dévoile le sens du dernier mystère du rosaire. Il ne faut jamais oublier le but définitif du dernier mystère glorieux.

"Pense – dit saint Augustin - qu'un jour tu seras là, et quoique tu sois encore en chemin, pense comme si tu te trouvais déjà là, comme si tu te réjouissais parmi les anges, et comme si il t’arrivait ce qui fut dit: "heureux ceux qui demeurent dans ta maison; dans les siècles des siècles ils te loueront".

En chemin il faut imiter le style de la Mère dans la visite qu’elle fit à sa cousine.

SAINT LOUIS GRIGNON

Louis-Marie Grignion est né en Bretagne, en 1673, à Montfort-la-Cane (aujourd'hui Montfort-sur-Meu, dans le département d'Ille-et-Vilaine). Il est d'abord élève des Jésuites, à Rennes, avant d'aller se préparer au sacerdoce, à Paris. Il est ordonné prêtre en 1700, et se consacre à la prédication dans des missions rurales qui s'organisaient, alors, dans l'ouest et le centre de la France. Il prêche à Nantes et dans les communes alentour, et à Poitiers notamment. Il réorganise l'hôpital de cette ville et en est nommé aumônier.

Issu d'une famille bourgeoise aisée, Louis-Marie fait vœu de pauvreté, et ne s'occupera que des pauvres.

Il fonde en 1703, avec Marie-Louise Trichet, une congrégation féminine, purement hospitalière à l'origine, les Filles de la Sagesse, qui étendra très vite son activité à l'enseignement des enfants pauvres.

De son côté, il poursuit une prédication itinérante dans l'ouest de la France qui s'avère efficace.

Pour confirmer ces résultats, il décide, en 1705, de réunir, au sein d'une Compagnie de Marie, des prêtres et des catéchistes, dûment formés. Son activité missionnaire lui vaut d'être nommé, par Clément XI, missionnaire apostolique pour la France. Après sa mort, ce noyau se développera en deux directions : la Compagnie de Marie, congrégation religieuse de missionnaires ruraux (Pères Montfortains) et la Congrégation enseignante des Frères du Saint-Esprit (devenus Frères de l'instruction chrétienne de Saint-Gabriel au XIXe siècle).

Il meurt à 43 ans, épuisé par la fatigue et les pénitences, à Saint-Laurent-sur-Sèvre (Vendée), où il avait établi le foyer de ses activités, et où le pape Jean-Paul II est venu en pèlerinage, en septembre 1996. Il a été canonisé en 1947.

NOTRE DAME DU SAINT VOILE

Histoire du Saint Voile de Coupiac d'après le site SUD INSOLITE.

Aussi loin que l’on puisse en trouver le souvenir, Coupiac, village médiéval cossu, siège d’un puissant château qui appartint aux comtes d’Armagnac, est le réceptacle d’une insigne relique fort vénérée, constituée d’un fragment du Voile de la mère de Jésus. Sans l’intense dévotion dont cette relique a immédiatement eu  les faveurs, il y a beau temps qu’il n’en resterait rien. Se présentant sous la forme d’un fragment de 0,52 m x 0,48 m ; elle aurait été, dit-on, offerte par le pape Clément V, oncle de l’épouse de Jean1er d’Armagnac, dont Coupiac était l’un de ses fiefs. Objet de la ferveur populaire, l’existence même de cette relique n’en fut pas moins menacée lorsque survint les querelles luthériennes. Des âmes pieuses prirent alors l’initiative de la soustraire aux outrages des Huguenots.

Or, elle fut si bien cachée qu’on fût bien incapable de la retrouver lorsque la paix religieuse revint. Se produisit alors un étrange phénomène. Dans un terrain attenant au cimetière paroissial, on ne fut pas sans remarquer la présence d’un taureau grattant continuellement le sol, presque toujours au même endroit. Or, ce taureau ne mangeait pas ; il était cependant très gros . Avec lui paissait un autre animal, qui mangeait beaucoup et maigrissait à vue d’œil. Intrigués, les habitants creusèrent et trouvèrent finalement un coffret contenant la petite relique. Le tout absolument intact.  Ce « miracle » fut célébré par la construction d’un oratoire sur les lieux même de la découverte ! Deux siècles plus tard, à l’approche de l’orage révolutionnaire, le « Voile » de Coupiac fut encore mis à l’abri. (On l’aurait caché dans un soufflet de forge, dit-on). De nos jours comme par le passé, ce vestige biblique est l’objet d’un pèlerinage annuel : chaque deuxième dimanche après Pâques, cette relique est exposée à la ferveur des fidèles, protégée dans une châsse d’argent doré.
 

Évidemment, son authenticité a fait débat. Ce fragment de toile, ainsi que nous le disions, mesure 48 cm sur 52 cm ; en fils roussâtres, rapiécé en plusieurs endroits, et a été confronté à d’autres fragments de même nature. Ainsi, il a été mis en parallèle avec le Voile de la Vierge de Longpont-sur-Orge (Essonne), de Saint-Marc, à Venise, et de Sainte-Anastasie, de Rome. Or, celui de Coupiac s’est absolument révélé du même fil, de la même trame et de la même couleur que ses homologues. L’hypothèse est que toutes ces « parcelles » ont en commun le Voile de Sainte-Anastasie, de Rome.

La fête de l’Assomption de Marie, le 15 août, est aussi un jour de pèlerinage et de fête votive pour le village.

Le voile est actuellement conservé dans une chapelle ornée de fresques byzantines de Nicolas Greshny.

NOTRE DAME DE L 'AFRIQUE

Si la fête de Notre-Dame d’Afrique a été initiée en Afrique du Nord et si elle est méconnue en dehors, elle constitue en fait une journée de grâce pour tous les Africains.

Le sanctuaire Notre-Dame d'Afrique (Alger)

En 1840, Mgr Dupuch, premier évêque d’Alger, reçu des religieuses du Sacré-Cœur la copie d’une Statue de la Vierge Marie qui avait attiré son attention. N’étant pas parvenu à la mettre en valeur là où il le pensait, la statue fut confiée aux Sœurs du Sacré Cœur de Mustapha d'Alger puis aux Trappistes de Staouéli qui en firent la « gardienne » de leur monastère. Lorsqu’en 1855, Mgr. Pavy, second évêque d’Alger, envisagea de construire un sanctuaire sur l’emplacement escarpé d’un petit oratoire où les fidèles venaient prier en nombre de plus en plus important « Notre-Dame du Ravin », à la demande des religieuses, il vient récupérer à la trappe la statue : « Vous avez fait de cette madone la gardienne de votre maison, je viens vous la demander pour en faire la Reine de l'Afrique ». Les travaux de construction du sanctuaire la Basilique commencèrent le 2 février 1858. L'édifice fut consacré le 2 juillet 1872 par  l’évêque suivant, le Cardinal Lavigerie, fondateur de la Société des Missions Africaines (dit Pères Blancs) et des Sœurs Missionnaires de Notre-Dame d'Afrique (dites Sœurs blanches). C'est en mai 1873 que Mgr Lavigerie entreprit le transfert de la statue de Marie tout en demandant à Pie IX la faveur du couronnement de la statue et l'érection de l'église en Basilique. La requête fut agréée et la cérémonie fixée au 30 avril 1876, date retenue pour célébrer Notre Dame d'Afrique sur tout le continent. En érigeant l’église comme basilique, il s’agissait notamment de mettre en valeur la tradition ancienne de la présence et du rayonnement de l’Eglise en Afrique (il suffit de penser aux grandes figures africaines de l’Eglise : saint Cyprien de Carthage, Tertullien, saint Augustin, etc.). A dater de ce jour, l'église prit le titre de Basilique de Notre Dame d'Afrique. Chaque année, se célébrait la fête de Notre Dame d'Afrique.
Dans l'histoire du culte marial en Algérie, la consécration de l'Afrique à Notre-Dame, par sa basilique d'Alger, occupe une position centrale. La basilique elle-même n'a pas été islamisée ; on y célèbre la messe et elle continue de recevoir, plus encore, que jadis, des musulmans respectueux et recueillis, pas seulement des femmes. Son accès a été facilité récemment par un téléphérique destiné à desservir le quartier. Au-dessus de l'abside la prière demeure, en bandeau de grandes capitales: «Notre-Dame d'Afrique priez pour nous et pour les musulmans».

Le sanctuaire Notre Dame d’Afrique, mère de toute grâce (Abidjan)

Le sanctuaire marial d’Abidjan, « Notre Dame d’Afrique, mère de toute grâce », doit sa création au désir longtemps exprimé de l’Archevêque d’Abidjan, son Eminence le Cardinal Bernard Yago. En mai 1980, à la fin de son premier voyage missionnaire sur le continent africain, le Pape Jean-Paul II a voulu encourager ce projet et renouveler, en même temps, la consécration de l’Afrique à la Vierge Marie. Consacré solennellement, le dimanche 1er février 1987, par le Cardinal Yago, entouré des Cardinaux Zoungrana et Malula, de tous les évêques de Côte d’Ivoire, de nombreux prêtres et de 10.000 pèlerins, le Sanctuaire Marial a bénéficié très vite des grâces de l’Année Mariale.
Le Sanctuaire Marial a déjà sa petite histoire: celle d'être le Sanctuaire dont un Pape aura béni la première pierre et « suggéré » l'appellation. En mai 1980, le pape Jean-Paul II visite la Côte d'Ivoire pour la première fois et bénit à cette occasion, la première pierre de la future cathédrale Saint-Paul et celle du futur Sanctuaire Marial. Il propose même d'appeler celui-ci « Notre Dame d'Afrique », voulant ainsi, au terme de sa première visite sur le continent, consacrer l'Afrique à la Vierge Marie . Pour quoi ce titre ? Depuis la consécration de la Basilique d'Alger, le 2 juillet 1872, Notre-Dame d'Afrique veille sur le continent et accompagne les efforts de tous les missionnaires pour faire connaître Jésus Christ, le Sauveur de tous les hommes. A l'appellation suggérée par le Pape, « Notre-Dame d'Afrique », le Cardinal YAGO a voulu ajouter celle de « Mère de toute grâce ».

 Jean-Paul, Abidjan, 11 mai 1980 :
Je suis particulièrement heureux de bénir aussi, en même temps que la première pierre de votre future cathédrale, la première pierre de l’église qui sera bâtie sous le patronage de Notre-Dame d’Afrique. Rencontre profondément éclairante! D’un côté, l’Apôtre des Nations, qui n’a vécu que pour annoncer l’évangile, et de l’autre la Vierge Marie, qui conservait dans son cœur les mystères de la vie de son Fils, et qui demeure, dans tous les siècles et pour toute l’Église, comme nous en ferons encore mémoire dans quelques jours, l’exemple de la prière ardente dans l’attente de la venue de l’Esprit Saint. Ce n’est donc point sans des raisons spirituelles très profondes que les premiers missionnaires qui sont venus dans vos pays consacraient dès leur arrivée le champ de leur apostolat au Cœur Immaculé de Marie. Ce Cœur est en effet le symbole de la proximité divine, de l’amour de Dieu pour notre pauvre humanité et de l’amour qu’elle peut lui rendre par la fidélité à sa grâce. La dévotion de ces missionnaires à la Vierge, leur confiance en elle, était donc étroitement liées à l’accomplissement de leur mission apostolique: faire connaître et aimer le Christ, “né de la Vierge Marie”.
C’est pourquoi, frères vénérés, chers fils et chères filles, j’éprouve une joie spirituelle profonde à renouveler en quelque sorte, parmi vous et en votre nom, le geste de ceux qui étaient venus, le cœur plein d’amour pour Dieu et pour leurs frères d’Afrique, apporter l’Évangile du salut. En confiant l’Afrique à la Vierge Immaculée, nous la mettons sous la protection de la Mère du Sauveur. Comment notre espérance pourrait-elle être déçue? Comment, lorsque vous l’invoquerez avec ferveur dans cette église et dans toutes celles de vos pays, ne vous conduirait-elle pas vers son divin Fils, vers la plénitude de son amour?

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