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MARIE MERE DE DIEU

Certains mouvements chrétiens reprochent aux catholiques et aux orthodoxes l’attribution du titre de « Mère de Dieu » à Marie, soupçonnant ce titre d’une origine douteuse .
Il est juste de dire que, pour les chrétiens de tradition, ce titre définit en partie la place qu’occupe Marie dans l’histoire du salut, mais que savons-nous exactement du sens que lui donne la Tradition chrétienne ? Nous nous proposons de situer Marie dans l’économie  à partir d’un regard sur ce titre .

Origine du titre

Éléments historiques

Pour l’origine de l’emploi de théotokos dans le christianisme il faut remonter à Alexandre d’Alexandrie en 325. C’est la source la plus rigoureuse que nous ayons car les textes d’Hyppolyte de Rome et d’Origène mentionnant cette formulation ne sont pas fiables sur ce point : les copies de ces manuscrits suggérant une interpolation du terme après coup. Toutefois le Sub Tuum, qui selon les dernières recherches remonterait aux alentour de 280, est lui aussi un témoin important de ce titre :

Ὑπὸ τὴν σὴν εὐσπλαγχνίαν,
καταφεύγομεν, Θεοτόκε.
Τὰς ἡμῶν ἱκεσίας,
μὴ παρίδῃς ἐν περιστάσει,
ἀλλ᾽ ἐκ κινδύνων λύτρωσαι ἡμᾶς,
μόνη Ἁγνή, μόνη εὐλογημένη.

Sous ta miséricorde,
nous nous réfugions, Mère de Dieu.
Ne repousse pas
nos prières dans la nécessité,
mais du danger, libère-nous :
toi seule chaste, toi seule bénie.

À partir du IVème siècle le titre se répand dans toute la chrétienté pour se porter d’un usage courant à la fin de ce siècle, il est particulièrement prisé par les alexandrins (Athanase, Sérapion de Thmuis, Didyme l’Aveugle), mais aussi en Arabie (Tite de Bostra), en Palestine (Eusèbe de CésaréeCyrille de Jérusalem), en Cappadoce (Basile de Césarée, Grégoire de Tarse, Sévérien de Gabala) et même par les ariens (Asterius le Sophiste). Il faudra attendre la crise nestorienne pour voir ce titre remis en question.

Définition du terme Θεοτόκος antérieur au concile d’Éphèse

La tradition chrétienne antérieur au concile d’Éphèse a toujours compris le titre deThéotokos du côté de la génération humaine, Marie n’étant pas mère selon la divinité mais selon l’humanité de Jésus, Marie est « accoucheuse de Dieu ». Pour les Pères de l’Église il était clair que Marie était une personne historique, il ne pouvait donc se faire aucune analogie avec une déesse (Clément d’AlexandrieProtreptique, IV, 50, 3 ;OrigèneContre Celse, VI, 74 ; I, 37).

Remarques sur les influences extérieures au christianisme

La conception du concile d’Éphèse ne se réfère donc pas à un culte des déesses du moment ou encore avec celles qui ont précédés : « la grande mère », Artémis, Astarté, Isis, etc. Épiphane de Salamine – le premier père de l’Église par lequel nous a été transmis un témoignage sur la virginité perpétuelle de Marie – aura l’occasion d’exprimer très clairement sa position en condamnant les mouvements Philomarianistes et Collyridiens d’hérésie : ces deux mouvements avaient comme point commun de considérer Marie comme une déesse et lui offrait des pains en sacrifice.

Bien sûr, ces anciens cultes païens sont des terrains favorables pour un développement marial : de même que les triades romaines ou celtiques ont pus être des concepts culturels préparant des peuples païens à la conception d’un Dieu trinitaire, de même certains éléments païens ont pu être des points d’appui pour expliciter la place de Marie dans le dessin de Dieu. Les Écritures elles-mêmes utilisent des mythes déjà présent dans le moyen orient, comme le mythe de Gilgamesh, racontant comment un héros se fait voler son éternité par un serpent rusé, ce même mythe, antérieur au livre de la Génèse, décrit encore un déluge. Il en va de même pour les anges qui ne sont pas un concept purement biblique : ceux-ci sont omniprésents dans tous les cultes du moyen-orient. Mais tout cela n’enlève pas la spécificité du message chrétien, qui donne un sens renouvelé à ces matériaux. À la suite des Écritures, le christianisme dans son expansion entre en dialogue avec des cultures déjà établies, se servant opportunément de symboles qui leur sont propres, rectifiant au passage ces concepts pour en dégager une signification renouvelée située dans la ligne du donné révélé.

Le concile d’Éphèse : un enjeux christologique

Rappelons que le concile d’Éphèse n’est pas centré sur une approche mariale mais christologique : l’enjeu du concile d’Éphèse étant de tenir la réalité de l’union des natures – divines et humaines – dans le Christ face à une pensée nestorienne cherchant à distinguer le Verbe de Dieu de l’homme Jésus. En effet pour Nestorius Marie ne pouvait pas être Θεοτόκος (théotokos) mais seulement Chritotokos (« mère du Christ ») , c’est à dire mère de l’homme en qui a résidé le logos :

Plusieurs d’entre vous souhaitent apprendre de moi-même s’il faut donner à la Vierge Marie le titre de Mère de Dieu ou celui de Mère de l’homme. Qu’ils écoutent ma réponse : Dire que le Verbe divin, seconde personne de la sainte Trinité, a une mère, n’est-ce pas justifier la folie des païens qui donnent des mères à leurs dieux ? Dieu, pur esprit, ne peut avoir été engendré par une femme ; la créature n’a pu engendrer le Créateur. Non, Marie n’a point engendré le Dieu par qui est venue la rédemption des hommes ; elle a enfanté l’homme dans lequel le Verbe s’est incarné, car le Verbe a pris chair dans un homme mortel ; lui-même n’est pas mort, il a ressuscité celui dans lequel le Verbe s’est incarné. Jésus est cependant un Dieu pour moi, car il renferme Dieu. J’adore le vase en raison de son contenu, le vêtement en raison de ce qu’il recouvre ; j’adore ce qui m’apparaît extérieurement, à cause du Dieu caché que je n’en sépare pas (Nestorius, Homélie de Noël 428).

L’enjeu était de taille car si la réalité de cette union dans le Verbe incarné n’était pas effective alors le Christ n’était pas médiateur entre Dieu et les hommes. Nous le voyons la problématique du concile d’Éphèse est avant tout christologique et ce concile tranchera la problématique en faveur d’une unité substantielle du Christ ce qui aura comme conséquence de confirmer le titre de Marie Θεοτόκος dans les limites de la définition évoquée plus haut :

Car ce n’est pas un homme ordinaire qui a d’abord été engendré de la sainte Vierge et sur lequel ensuite le Verbe serait descendu, mais c’est pour avoir été uni à son humanité dès le sein même qu’il est dit avoir subi la génération charnelle, en tant qu’il s’est approprié la génération de sa propre chair. […] C’est ainsi qu’ils [les saints pères] se sont enhardis à nommer la sainte Vierge Mère de Dieu, non que la nature du Verbe ou sa divinité ait reçu le début de son existence à partir de la sainte Vierge, mais parce qu’a été engendré d’elle son saint corps animé d’une âme raisonnable, corps auquel le Verbe s’est uni selon l’hypostase et pour cette raison est dit avoir été engendré selon la chair » (Concile d’Éphèse, Den. 251).

Si donc Jésus est vraiment Dieu alors Marie est vraiment « Mère de Dieu », mais non pas mère dans le sens où elle serait à l’origine de la divinité du Christ mais mère dans le sens où elle est totalement à l’origine de son humanité.

Au fond le concile ne fait que confirmer un donné scripturaire mais qui dans un contexte donné a du être précisé :

Comment m’est-il accordé que la mère de mon Seigneur (ἡ μήτηρ τοῦ κυρίου μου) vienne auprès de moi ? (Lc 1, 43).

Quand on connaît l’importance que revêtait le mot « Seigneur » dans la bible – terme auparavant réservé par les juifs à Dieu seul et désignant donc le Christ comme égal à Dieu – on comprend mieux la préoccupation du concile d’Éphèse de vouloir préserver la foi chrétienne sur ce point crucial de l’union des natures humaine et divine du Christ, condition indispensable faisant de lui non pas un simple intermédiaire mais notre unique médiateur auprès de Dieu :

Mais quand vint la plénitude du temps, Dieu envoya son Fils, né d’une femme, né sujet de la loi, afin de racheter les sujets de la Loi, afin de nous conférer l’adoption filiale (Ga 4, 4-5).

Conclusion

Disons-le : cette simple relecture du concile d’Éphèse – en nous permettant de lire la spécificité du titre de Marie « Mère de Dieu » – suffit amplement pour écarter une confusion avec les récits mythologiques de l’époque. On pourra toujours trouver une religion ayant des éléments semblables avec la foi chrétienne ou exploitant un symbole ou un titre identique. Mais les critiques adressées sur ce plan au culte marial valent dans une large mesure pour les titres et récits de l’Ancien testament : Titre de « Dieu très haut », Seigneur des armées, la Génèse et son rapport avec le mythe de Gilgamesh, les anges et les croyances babylonienne en des puissances, etc. Il faut plutôt se poser la question de la spécificité de ces titres pour la révélation chrétienne.

 

SAINTE GENEVIEVE

Née à Nanterre en 422, morte à Paris en 512, Geneviève est issue d’une famille noble et instruite. Retirée à la mort de son père chez une parente parisienne, elle mène très tôt une vie ascétique et consacrée à Dieu tout en gardant son activité politique. Elle fait en effet partie du conseil municipal de la ville de Nanterre, puis de Paris, charge qu’elle a héritée de son père. En 451, Attila s’apprête à mettre le siège devant Paris. La renommée qui le précède fait craindre le pire : il vient de prendre la ville de Metz qu’il a livrée au pillage et totalement incendiée.

 Au milieu du désarroi général, Geneviève garde son sang-froid et exhorte les Parisiens, mais surtout les Parisiennes, à tenir bon : "Que les hommes fuient s’ils le veulent et s’ils ne sont plus capables de se battre. Pour nous les femmes, nous prierons Dieu tant et tant qu’il entendra nos supplications". La confiance et la persévérance de la prière féminine sont récompensées : Attila lève le siège !

Femme de foi et de paix

Pendant toutes ces années, Geneviève institue le culte de saint Denis et construit une église sur son tombeau, au nord de la ville. En 465, elle évite le ralliement de Paris aux Ariens tout en préservant, face à Childéric, l’indépendance de la ville. En 486, elle négocie la paix avec Clovis mais, une fois encore, lui interdit l’entrée dans Paris malgré un nouveau siège. Ce n’est qu’après sa conversion que Geneviève ouvre toutes grandes les portes de la ville à Clovis et à Clotilde. Elle le convaincra de faire construire une église sur le point culminant du quartier latin de Paris.

C’est là, sur le mont Sainte-Geneviève, qu’elle sera enterrée aux côtés de Clovis. Le culte de Geneviève, gardienne et patronne de Paris, se répand. C’est grâce à elle – dit-on – qu’en 885 les Normands lèvent le siège devant Paris exsangue. Grâce à elle encore qu’en 1130, les Parisiens qui touchent sa châsse guérissent d’une terrible intoxication à l’ergot de seigle que l’on appelle alors "le mal des ardents".

Les miracles attribués de son vivant

On attribue à Sainte Geneviève de nombreux miracles tant de son vivant qu'après sa mort. Cinquante-deux miracles ont été recensés de son vivant et trois au moment de son décès. Beaucoup d'entre eux sont de "nature" bibliques dans la mesure où leurs sujets et leurs circonstances ressemblent beaucoup à ceux du nouveau testament tels que décrits dans les évangiles. 

Premier miracle: Sainte Geneviève rend la vue à sa mère, pleine de foi et de repentir. Le premier miracle de Geneviève : Elle guérit sa mère pleine de foi et de repentir. La mère de Geneviève voulant empêcher sa fille de se rendre à l’église pour un office important, se heurta à la résistance de la petite, soucieuse, avec la grande rigueur de son âge, d’accomplir scrupuleusement son vœu de don total à Dieu, et sa promesse à l’évêque, frappa sa fille dans un moment de colère. Geste malheureux qui fut puni, aussitôt par la perte de la vue. Or ce fut le premier miracle de Geneviève que de rendre la vue à sa mère quelques mois après cet événement riche de symbole : mue, elle aussi probablement par une inspiration divine, celle-ci pria sa fille d’aller lui chercher de l’eau au puits puiser pour elle de l’eau à la fontaine, et quelle ne fut pas son émerveillement, et son humble gratitude lorsque, sa fille ayant tracé d’un signe de croix sur la cruche, recouvra la vue aussitôt après que Geneviève lui eut eu appliqué l’eau sur les yeux. ! Ce prodige n’était que le gage, il est vrai très prometteur, d’une longue série de miracles ou de faits surnaturels qui allaient jalonner toute la vie de Geneviève.

La sauvegarde de Paris:
Au printemps 451, les Huns franchissent le Rhin. Auparavant, ils ont détruit Cologne en faisant un véritable carnage. Ils incendient Metz le 13 avril, Verdun, Laon, St-Quentin, Reims et franchissent la Marne. Puis apprenant que Paris était défendu, ils optent pour attaquer Orléans directement, passer la Loire et prendre les terres Wisigothes d'Aquitaine. C'est à Orléans, le 24 juin 451 qu'ils seront vaincus par Aetius, arrivé d'Italie. Avertie du passage des Huns, Geneviève est intervenue pour empêcher, après le départ des armées romaines, la fuites des hommes en âge de défendre la ville.
La clairvoyance de Geneviève lui attira la bienveillance du peuple de Paris. Elle a jouit, depuis, d'un grand prestige et d'une grande autorité.

Les miracles de Saint-Denis:
Sur la route de Senlis, au nord de Paris, se trouvait la tombe du martyr Denis dans un cimetière public. Elle demanda que l'on bâtisse en ce lieu une basilique en son honneur.
Saint-Denis fût l'un des sept évangélisateurs de la Gaule au IIIe siècle et le premier évêque de Paris. Martyr, il aurait été décapité avec ses compagnons Éleuthère et Rustique, sur le mont des Martyrs (Mons Martyrum: Montmartre), et aurait porté sa tête à l'endroit où fut édifiée, par Dagobert, la première basilique de Saint-Denis. Son identification ultérieure avec Denys l'Aréopagite joua un rôle dans les controverses théologiques du Moyen Âge. Fête le 9 octobre. Aux réticences de tous devant les difficultés d'approvisionnement en matériaux de construction, elle répliqua qu'on l'informe de la disponibilité des pierres à chaux indispensables.
D'anciens fours à chaux et des carrières voisines furent retrouvés à cette occasion permettant le commencement de la construction.
Enfin, un jour que les charpentiers manquaient de boisson, Geneviève multiplia les coupes d'eau, permettant aux ouvriers de se désaltérer.

Le miracle des cierges:
Le miracle des douze possédés:
On amena un jour à Geneviève douze personnes, hommes et femmes, possédés par les démons. En pleine prière pour les délivrer, Sainte Geneviève vit les douze personnages entrer en lévitation et ordonna qu'on les conduise à Saint-Denis. Là, elle les signa un par un et furent délivrés sans délais.

Le miracle de Laon:
Les prisonniers de Childéric:
Childeric, roi des Francs et résidant à Paris fit arrêter des prisonniers et ordonna qu'on les tue en dehors des murs. Pour s'assurer de la neutralité de la population il fit fermer les portes de la ville. Geneviève avertie, tenta de sortir et arrivant devant les fortifications, vit la porte s'ouvrir toute seule. Elle partit rejoindre Childeric à qui elle arracha la libération des prisonniers.

La consécration de Céline à Meaux:
Geneviève rendait visite à Céline qui résidait à Meaux pour recevoir sa consécration de Vierge. Le fiancé de Céline apprenant cela, se répandit en protestations puis en menaces. Elles se sauvèrent vers la baptistère de la Cathédrale, ouvert par hasard. Dès lors, Celine persévera dans la chasteté et l'abstinence. Des domestiques de Céline furent par la suite guéris miraculeusement.

La résurrection du catéchumène:
Un jeune catéchumène de quatre ans était tombé dans un puits. Au grand désespoir de sa mère, on l'en avait ressorti mort. Alors qu'on avait rapporté son corps à Geneviève, il fût ramené à la vie après que Geneviève fût entrée en prière.

L'épisode de l'approvisionnement en blé de Paris:
La relation de cet épisode de la vie de Sainte Geneviève rapporte plusieurs miracles. Les Francs, par leur présence permanente dans l'est et en Ile de France entre 470 et 480, avaient fini par couper les relations commerciales traditionnelles de Paris. Les approvisionnements alimentaires venant à manquer, Geneviève se rendit à Arcis-sur-Aube pour négocier un ravitaillement. Elle réquisitionna des bateaux et remonta la Seine. Arrivée là-bas, elle fût reçue par le tribun Passivus. Sa femme étant malade, Geneviève se mit en prière et sur un signe de croix, lui ordonna de se lever, se trouvant guérie. Elle négocia sur place le blé nécessaire, réalisant ici ou là de multiples miracles. Repartant d'Arcis, les barques trop chargées, l'équipage se mit à prendre l'eau, menaçant de couler. Tendant les mains vers le ciel, Geneviève implora le secours du Christ et la flotille repris sur le champ une navigation normale.

Les miracles posthumes qui lui sont attribués
De nombreuses guérisons furent obtenues sur sa tombe et à l'occasion de la translation de sa châsse.

Le miracle des inondations de 822
Aux temps de l'évêque INCHADE, de 814 à 829, eurent lieu en 822 d'exceptionnelles inondations. Alors que ses clercs parcouraient la ville à la recherche d'une église pour célébrer la messe, l'un d'eux, Richard, qui prévint son évèque, visitant l'ancienne maison de Geneviève occupée par un couvent vers la pointe est de l'Ile de la Citéinondée, fut stupéfait de constater que l'eau formait une voûte au-dessus de son lit. Tandis qu'on rendait grâce à Dieu pour ce prodige, l'eau se mis à refluer et les inondations cessèrent. 

886: Le miracle des Normands.
Les Danois commandés par Sigefroy remontant par la Seine ravageaient la Neustrie et avaient obtenu du sire Aledrand la reddition de Pontoise, décida de faire le siège de Paris. La ville insérée dans les iles de la Seine était traversées par deux ponts chacun protégés par deux 'chatelets'. Les troupes de Pontoise qui s'étaient rendues avaient eu la vie sauve et s'y étaient réfugiées avec une grande partie de la noblesse d'ILe de France. Les Normands abordèrent l'Ile de la Cité en 885 à l'aide de quelques 700 barques qui occupaient sept lieues vinrent s'ajouter au siège de Sigefroy alors que celui-ci avait décidé de se retirer à la suite de lourdes pertes. Paris se défendait sous l'autorité du compte Eude, frère de Robert le Fort, de l'Evêque GOSSELIN et de l'Abbé de Saint-Germain-des-Prés.
Après un an de siège, les Normands tentèrent un assaut général à l'été 886. Les châsses de Sainte Geneviève furent amenées en hâte à la pointe est et celle de Saint Germain à l'ouest. Un chevalier nommé Gerbold repousse les assaillants avec cinq hommes seulement à l'est, pendant que ceux qui avaient pris pied à l'ouest sont refoulés avec de lourdes pertes. Ces faits d'armes, qui sauvèrent Paris, sont attribués aux deux saints. 

1130: Le miracle des Ardents.
En 1130, le fléau de la maladie dite 'des Ardents', provoquée par l'ergot de seigle, fit 14000 morts à Paris sous le règne de Louis le Gros. L'évêque de l'époque, Pierre de Senlis, ordonna sans succès jeûnes et processions. Il finit par obtenir la descente de la châsse de Sainte Geneviève que l'on emmena à Notre-Dame. Sur le parvis, sur 103 malades ayant effleuré la châsse, cent furent guéris SUR LE CHAMP sauf trois incrédules devant une foule nombreuse venue participer à la procession. Le Pape Innocent II décida d'instituer chaque 26 novembre une fête annuelle en commémoration du miracle. 

1491: La guérison d'Erasme
Innombrables sont les miracles qui se produisirent devant les reliques de sainte Geneviève. Parmi les miraculés, Erasme, grand humaniste et érudit des XVe-XVIe siècles.
Alors étudiant au collège Montaigu (futur Louis le Grand), Erasme, ayant été atteint d'une fièvre "quarte", décida d'assister à une procession de la châsse de Sainte Geneviève entreprise pour parer aux inondations de Paris. Il fût guéri sur le champ et pour remercier la sainte de sa guérison, écrivit en vers latins une Ode en son honneur qu'il ne publia que logtemps après. Dans sa lettre à un certain Nicolas Werner, il parle de sa guérison miraculeuse et décrit la procession du 12 janvier 1491 au cours de laquelle cette dernière se produisit. 

1496: La guérison de Pierre DUPONT
Pierre DUPONT, l'aveugle de Bruges, atteint de la peste fût guéri par l'intercession de Sainte Genevève.
Il écrivit , en reconnaissance, un poëme en neuf chants publié en 1512. 

1730: La guérison de Denis Paitou
Savant et jésuite, Denis Paitou, en reconaissance de sa guérison obtenue auprès des reliques de sainte Geneviève, recueillit des hymnes et les publia en 1638 sous le titre "Genovefa, patronne de Paris glorifiée par les offices latins et grecs" 

1730: La guérison de Louis XV
Novembre 1744: Louis XV a contracté une grave maladie à Metz et guérit miraculeusement après avoir invoqué Sainte Geneviève. 

1914: Le miracle du Triduum de septembre 1914
Devant les risques de l'offensive allemande, l'évêque de Paris, organise un triduum (trois jours de prières) à Saint-Etienne-du-Mont. La même semaine, On vit les deux ailes des troupes allemandes être bloquées dans leur avance:
Le général Joffre a créé une nouvelle armée dans Paris, la VIe, commandée par le général Maunoury. Gallieni va employer celle-ci pour mener une attaque sur le flanc de l'armée allemande de Von Kluck, à partir de la Marne, entre Nanteuil-le-Haudouin et Meaux, l'après-midi du 5 septembre. Attaquée à son tour en force à partir du 7 septembre, la VIe Armée française résiste jusqu'au 9, grâce, entre autres, à l'envoi de 10 000 hommes de la garnison de Paris transportées par les sept cents taxis de la capitale réquisitionnés. Finalement, le 9 septembre, la VIe armée, battue, se replie derrière la Marne. Les deux armées allemandes, de Von Bülow et Von Kluck, suite à une erreur de stratégie, vont être à leur tour contraintes au repli au 13 septembre 1914. C'est curieusement près du Collège de Juilly, où s'installera un hôpital de campagne américain, que l'avance allemande devait être stoppée. A l'est, l'aile gauche buta sur Nancy et en particulier la colline Sainte-Geneviève.
Trois grandes batailles eurent lieu sur le site du village de Sainte-Geneviève en Meurthe-et-Moselle. La première en 361 vit la victoire du général romain Jovin sur les Alamans. Puis, après le passage d'Attila au 4ème siècle, le lieu-dit pris le nom de Sainte-Geneviève. A la suite de quoi, les 6 et 7 septembre 1914, les troupes allemandes subirent un échec cuisant que les habitants de Sainte-Geneviève, détruite, qualifièrent de miraculeux. Le 19 août 1914, la 59 ème division de réserve se retranche sur la colline Sainte-Geneviève qui constitue un excellent point d'observation et de défense au Nord du Grand-Couronné. La colline est bombardée à partir du 22 août. Le 24 au soir les troupes allemandes donnent l'assaut, mais elles sont repoussées. Le 5 et le 6 septembre 1914, la crête de Sainte Geneviève subit de violentes attaques et des bombardements. L'attaque est repoussée, mais le 6 la crête est prise à revers par les tirs d'artillerie depuis la rive gauche (le bois de la Cuite entre Blénod les Pont à Mousson et Dieulouard) occupée par les soldats allemands. Le commandant Maurice de Montlebert qui commande le 314 R.I. refuse d'abandonner la position sans un ordre écrit. Blessé, il est contraint, sur ordre impératif, de quitter Sainte Geneviève et Loisy le 7 au matin. Cependant les troupes allemandes n'en profitent pas pour prendre cette position, qui est à nouveau occupée par les soldats français dès le soir même. 

 

VIERGE DES PAUVRES DE BANNEUX

Mariette BECO est née le 25 mars 1921. Elle est l'aînée d'une famille de sept enfants. La famille connaît des conditions de vie difficiles et habite une modeste maison ouvrière isolée, située en retrait de la route, à l'écart du village de Banneux, en face d'un grand bois de sapins. Le soir du dimanche 15 janvier 1933, Notre-Dame apparaît pour la première fois dans le jardin de la petite maison. Elle appelle Mariette par un signe de la main, mais la maman de Mariette lui défend de sortir. Le mercredi 18 janvier à 19h, Mariette est dans le jardin et prie à genoux. Tout à coup, Mariette quitte le jardin et s'engage sur la route où l'appelle la Dame. A deux reprises sur le chemin, elle tombe à genoux. Une troisième fois, elle se met à genoux près du fossé, devant une " flaque " d'eau provenant d'une source. La Dame lui parle : " Poussez vos mains dans l'eau ". Mariette le fait et répète ce que la Dame lui dit : " Cette source est réservée pour moi. Bonsoir, au revoir". Jeudi 19 janvier, le temps est très mauvais. Mariette est à genoux dans le sentier. La Dame apparaît. Mariette lui demande : " Qui êtes-vous, belle Dame ? " " Je suis la Vierge des Pauvres. " La Vierge conduit l'enfant par le chemin jusqu'à la source. Mariette interroge encore : " Belle Dame, vous m'avez dit hier : cette source est réservée pour moi. Pourquoi pour moi ? " Mariette se désigne, croyant que la source est pour elle. Avec un sourire, la Vierge répond : " Cette source est réservée pour toutes les Nations ... pour soulager les malades. " " Merci, merci " dit Mariette. La Vierge ajoute : " Je prierai pour toi. Au revoir". Le vendredi 20 janvier, Mariette reste au lit toute la journée : elle a mal dormi. A 18H45, elle se réveille, s'habille et sort. Quand la Vierge apparaît, Mariette s'écrie : " Oh, la voici." Puis elle demande : " Que désirez-vous ma belle Dame ? " Souriante, la Vierge répond : " Je désirerais une petite chapelle." La Vierge étend ses mains et de la main droite bénit l'enfant. Suivent trois semaines de grand calme. La Vierge interrompt ses visites. Mariette, cependant, reste fidèle : chaque jour à 19H, elle prie dans le jardin. Samedi 11 février, de nouveau, Mariette est entraînée sur la route. L'enfant s'agenouille deux fois, trempe ses mains dans l'eau à la source et fait un signe de croix. Elle se lève brusquement, court vers la maison et pleure. Elle ne comprend pas ce que la Vierge lui a dit : " Je viens soulager la souffrance." Elle ne comprend pas le mot " soulager ".  Mais elle sait que c'est quelque chose de bon, puisque la Vierge a souri. Trois jours se passent. Le soir du mercredi 15 février, la Vierge apparaît pour la sixième fois. Mariette transmet la demande de l'abbé Jamin : " Sainte Vierge, Monsieur le Chapelain m'a dit de vous demander un signe." La Vierge répond : " Croyez en moi, je croirai en vous." Elle ajoute pour Mariette : " Priez beaucoup. Au revoir." La Vierge confie un secret à l'enfant. Le 20 février, Mariette est à nouveau à genoux dans la neige, bravant le froid. Soudain, elle prie plus haut et plus vite. Elle quitte le jardin, s'agenouille deux fois sur la route puis à la source où elle prie et pleure " parce que Marie s'en va trop vite." La Vierge souriante comme à l'ordinaire, lui dit : "Ma chère enfant, priez beaucoup." Après quoi, elle cesse de sourire et ajoute, avant de partir et d'une voix plus grave : "au revoir." Mariette attend dix jours avant de revoir la Vierge une dernière fois. Elle apparaît le jeudi 2 mars. Il pleut à torrent depuis 15h. Elle sort à 19h. Elle en est au troisième chapelet quand il cesse subitement de pleuvoir. Elle se tait, étend les bras, se lève, fait un pas, s'agenouille. Dans la maison, après bien des pleurs, Mariette livre le message confié par Marie : " Je suis la Mère du Sauveur Mère de Dieu. Priez beaucoup". Avant de la quitter, la Vierge lui a imposé les mains en disant : " Adieu."

 

 

NOTRE DAME DES VICTOIRES

Décembre 1629 :
Louis XIII, fondateur de l’église

Louis XIII fonde Notre-Dame des Victoires en 1629. Le roi répond à l’appel des Augustins déchaussés, dits  » petits pères « , qui lui demandent l’argent nécessaire à la construction d’un nouveau couvent, sur les trois hectares qu’ils ont acquis entre la Porte de Montmartre et la Porte de Saint-Honoré, tout près d’un terrain consacré au jeu de paume, le Mail.

Louis XIII accueille leur requête à condition que l’église porte le nom de Notre-Dame des

Victoires, en action de grâces pour la victoire des troupes royales à La Rochelle. Le souverain attribue la reddition des huguenots à la prière et à la protection de la Vierge.

Le samedi 8 décembre 1629, le premier archevêque de Paris, Jean-François de Gondi, bénit les fondations de l’Eglise. Le dimanche 9 décembre, le roi en pose solennellement la première pierre, en présence des seigneurs de la Cour et des magistrats de la ville.

Dans le chêne

Dès la fondation de l’Eglise, une statue portant sceptre et couronne, sculptée dans le chêne de Notre-Dame de Montaigu (Brabant) où la Vierge s’était manifestée en 1505, est installée dans la chapelle du couvent, à l’initiative du jeune frère Fiacre. Elle suscite aussitôt une grande dévotion des fidèles.

Née un 8 décembre

Pour la pose de la première pierre par Louis XIII, une chapelle en charpente fut édifiée, et majestueusement ornée. Plusieurs tentes et de riches tapisseries vinrent décorer le lieu de la cérémonie.
Le 8 décembre 1629, veille de l’évènement, et fête de l’Immaculée » ou de la « Sacrée Conception » de la Vierge Marie (qui devint l’Immaculée Conception, après la proclamation du dogme, en 1854), l’archevêque de Paris, Mgr de Gondi, planta la croix à l’endroit destiné à la construction de l’église, en présence des trente religieux du couvent.

Novembre 1637 :
La révélation de Frère Fiacre

Frère Fiacre, l’un des religieux augustins, voit la Vierge Marie lui apparaître. Elle lui présente  » l’enfant que Dieu veut donner à la France « , le futur Louis XIV, l’héritier tant espéré du royaume.

A quatre reprises, entre 1h et 4h du matin, le religieux aura devant les yeux la Mère du Christ accompagnée de l’enfant royal, puis de Jésus-Christ. C’est le cri d’un tout-petit qui a attiré l’attention du moine :

« Il tourna la tête du côté de la voix, rapporte le manuscrit des archives du couvent (conservé à la Bibliothèque Nationale, contresigné du vicaire général et du prieur de l’époque), et aperçut la Sacrée Vierge environnée d’une belle et agréable lumière, ayant un enfant dans les bras, vêtue d’une robe bleue semée d’étoiles, ses cheveux pendants sur ses épaules, trois couronnes sur sa tête, assise sur une chaise et qui lui dit :  » Mon enfant, n’ayez pas peur, je suis la Mère de Dieu « . Sur cela, il se jeta en terre pour adorer l’enfant qu’elle tenait entre ses bras, pensant que ce fut Jésus-Christ, mais la Vierge sacrée lui dit :  «  Mon enfant, ce n’est pas mon Fils, c’est l’enfant que Dieu veut donner à la France.  » Cette première vision lui dura bien un gros quart d’heure… ».

Dans cette révélation, qui est portée, non sans mal, à la connaissance de la reine et du roi, la Vierge demande trois neuvaines, à Notre-Dame des Grâces (à Cotignac, en Provence), Notre-Dame de Paris et Notre-Dame des Victoires. Frère Fiacre s’en acquitte du 8 novembre au 5 décembre 1637.

Le 5 septembre 1638, Anne d’Autriche donne naissance à un fils – Louis, Dieudonné – au château de Saint-Germain en Laye. La Gazette de France peut alors écrire, le fait n’ayant pu échapper à la Cour :  « il y a un an, un religieux avertit la reine qu’elle devait accoucher d’un fils.  
Toute sa vie, Frère Fiacre mettra les grâces de sa prière au service de la famille royale mais aussi des pauvres réclamant son intercession et de la paix, qui fut sa constante préoccupation.

Aux Armes de France

Après la révélation de Frère Fiacre, et alors que la grossesse de la reine était déclarée depuis quelques semaines, Louis XIII formula le vœu de consacrer la France à la Vierge Marie. Le 6 janvier 1638, le texte du Voeu royal fut adopté, puis signé le 10 février par le souverain, avec les lettres patentes fixant la consécration publique au 15 août de la même année, à Notre-Dame de Paris.

Trois siècles plus tard (15 août 1938), l’un des chefs de la maison de Bourbon, le prince Xavier, renouvela le geste de son illustre ancêtre en consacrant notre pays à Notre-Dame des Victoires, dans un texte solennellement déposé au pied de la Mère de Dieu. Le rouleau aux armes de France refléta, à l’époque, une évidente contestation politique. Il n’en reste pas moins l’un de ces actes de foi qui illustrent la dévotion mariale des princes de Bourbon.

Avril 1674 :
la vénération de Notre-Dame de Savone

De retour d’une mission royale en Italie, où il a découvert Notre-Dame de Savone, Frère Fiacre lui érige une chapelle à Notre-Dame des Victoires. Louis XIV en finance la construction. Elle est solennellement bénite le 2 avril 1674. Prosterné devant l’image vénérée, sculptée à Gênes, le religieux demande à la Vierge qu’elle soit dans cette église le refuge des pécheurs, et accorde à la France la même protection qu’aux habitants de l’Italie (la dévotion à Notre-Dame de Savone est née de l’apparition de la mère de Dieu à Antoine Botta, dans la vallée de Saint-Bernard, proche de Savone, le 18 mars 1536 ; apparue trois fois à Botta, la Vierge avait exhorté les populations à la pénitence et au jeûne).

La statue (vêtue d’un manteau blanc, la Vierge porte une couronne d’or) disparaît pendant la révolution avec les trésors du couvent, après que les religieux ont été chassés et l’église fermée. C’est seulement le 9 novembre 1809 que celle-ci retrouve son nom de Notre-Dame des Victoires après sept années de tractations avec la Bourse des valeurs, installée depuis 1796 dans l’église, par décision du Directoire.

 Décembre 1836 :
le Cœur Immaculé de Marie

Après quatre années d’apostolat, et alors qu’il désespère de sa paroisse, prêt à renoncer à son ministère, le curé, Charles-Eléonore Dufriche Desgenettes, montant à l’autel, entend l’ordre suivant, à deux reprises : « Consacre ta paroisse au Très Saint et Immaculé Cœur de Marie.  » Dans un acte de foi, l’abbé remet à la vierge la réussite pastorale de sa paroisse et crée en quelques jours une association de prières en l’honneur du Cœur Immaculé de la Très Sainte Vierge pour obtenir par la protection de Marie la conversion des pécheurs. Le 10 décembre 1836, l’archevêque de Paris, Mgr de Quélen en approuve les statuts.

Le lendemain, dimanche 11 décembre, choisi pour la première réunion de l’association, le curé de Notre-Dame des Victoires assiste à la multiplication des fidèles : près de 500 personnes l’attendent à l’heure des Vêpres, d’une profonde ferveur, quand la grand-messe du matin n’a réuni qu’une dizaine de paroissiens.

Ancien ministre

Voulant être sûr de la puissante intercession de la Mère de Dieu, le père Desgenettes demande un autre signe : la conversion d’un ancien ministre de Louis XVI, voltairien convaincu, M. Joly de Fleury. Il est exaucé en quelques jours. Par cette conversion, Marie signifie ce qu’Elle veut être à Notre-Dame des Victoires, le Refuge des pécheurs, comme cela a été le cas depuis la fondation de l’église.

Au coeur du dogme

L’extraordinaire extension, à travers le monde, de l’association de prière mariale fondée par l’abbé Desgenettes a-t-elle contribué à la définition du dogme de l’Immaculée Conception par Pie IX, le 8 décembre 1854 ?
Le pape savait avec quelle ardeur les fidèles avaient prié pour lui dans l’église du Très Saint et Immaculé Cœur de Marie, à l’instigation d’Hermann Cohen (fondateur de l’Adoration nocturne). Il n’ignorait pas que la première pierre du sanctuaire parisien fut posée un 8 décembre.

Un an avant la proclamation du dogme, le 9 juillet 1853, le pape avait fait l’offrande d’une nouvelle couronne à la Vierge de Notre-Dame des Victoires.

 

NOTRE DAME DE PONTMAIN

Les apparitions de la Vierge Marie à Pontmain le 17 janvier 1871 - Un temps de guerre et de misère

C’est en plein hiver et en pleine guerre que la Vierge Marie a visité son peuple plongé dans l’angoisse. Paris est assiégé, les Prussiens sont aux portes de Laval. Parmi les soldats français, c’est le désordre et la panique. Sur une population de cinq cents habitants, la paroisse de Pontmain a vu partir trente-huit jeunes appelés sous les drapeaux. Aux misères de la guerre s’ajoute une épidémie de fièvre typhoïde et de variole. Tout va mal. Au milieu de ce péril national, la France se met en prière. Les habitants de Pontmain n’ont aucune nouvelle de leurs jeunes soldats. Découragés, les paroissiens de Pontmain ne manquent pas de dire : «  On a beau prier, le Bon Dieu ne nous écoute pas ». Le 15 janvier 1871, à l’église, le curé avait entonné le cantique : « Mère de l’Espérance dont le nom est si doux, protégez notre France, priez, priez pour nous. » S’étant trouvé seul à chanter, le curé se retourna et exhorta ses paroissiens. Ces derniers finirent par chanter, mais en pleurant.

L’Apparition - 17 janvier 1871 Eugène Barbedette qui aidait son père, sort un moment de la grange pour voir le temps qu’il fait. Il contemple le ciel et voit un nombre incalculable d’étoiles alors qu’il n’est que 5 heures. Soudain, à sept ou huit mètres au-dessus de la maison d’un voisin, il aperçoit une Dame d’une beauté ravissante. Elle était vêtue d’une robe constellée d’étoiles d’or. Elle le regarde en souriant. « Qu’c’est beau ! », dira-t-il. Un ovale bleu avec quatre bougies entoure la belle Dame. Un voile de deuil encadre son visage fin et jeune. Elle porte une couronne d’or marquée d’un liseré rouge. Elle sourit. Eugène est captivé et émerveillé par le tendre regard de cette Dame qui le regarde en silence. 

Les villageois accourent. Le curé averti sort aussitôt du presbytère. Tout ému, il voit la Vierge. (Il la décrivit de la même manière que l’avaient fait les autres voyants). Une veillée de prières s’organise vite. Tout à coup une banderole se déroule dans le ciel. Lettre après lettre, un message s’inscrit pendant que la foule chante les litanies de la Vierge : 


« Mais, priez mes enfants, Dieu vous exaucera en peu de temps. Mon Fils se laisse toucher. »


Les villageois manifestent leur joie et la ferveur grandit. Mais bientôt le visage de Marie semble empreint d’une profonde tristesse. Elle montre Jésus ; une croix rouge apparaît avec Jésus tout sanglant. De ses deux mains, la Vierge Marie présente le crucifix aux enfants ; elle ne regardait plus l’assistance, mais elle abaissait ses yeux pour les fixer pleins de douleur, sur le Christ ensanglanté, tandis qu’une petite étoile allume les quatre bougies de l’ovale. Les gens continuent de prier ; on chante Ave Maris Stella. La croix finit par disparaître et Marie reprend l’attitude du début avec un geste de l’accueil. Tout le monde s’agenouille dans la neige pour poursuivre la prière. Bientôt un grand voile blanc apparaît et recouvre la Vierge entièrement. « Tout est fini » disent les enfants. Les gens du village retournent chez eux apaisés. Le saint curé rentre au presbytère tout ému et tout à fait convaincu de l’authenticité de l’Apparition de la Vierge Marie.

La nouvelle se répandit très vite dans toute la contrée comme dans toute la France. L’armistice sera signé onze jours plus tard  et les allemands ne sont pas entrés à Laval !  Les trente-huit soldats mobilisés dans la paroisse de Pontmain reviennent tous indemnes.

SAINT ANTOINE LE GRAND

Antoine le Grand ou Antoine d'Égypte est considéré comme le fondateur de l'érémitisme chrétien. Sa vie nous est connue par le récit qu'en a fait saint Athanase vers 360. Il serait né en 251 et mort en 356, ce qui le fait vivre en tout cent cinq ans. Fête le 17 janvier.

Né en Égypte à Qeman (Fayyoum) et fervent chrétien, dès l'âge de vingt ans il prend l'Évangile à la lettre et distribue tous ses biens aux pauvres, puis part vivre dans le désert en ermite dans un fortin à Pispir, près de Qeman. Là, à la manière du Christ, il subit les tentations du Diable; mais si pour le Christ cela ne dure que quarante jours, pour Antoine c'est beaucoup plus long et plus difficile, les démons n'hésitant pas à s'attaquer à sa vie. Mais Antoine résiste à tout et ne se laisse pas abuser par les visions tentatrices qui se multiplient.

En 312 il change de désert et va en Thébaïde, sur le mont Qolzum (où se trouve aujourd'hui le monastère Saint-Antoine). Le Diable lui apparaît encore de temps en temps, mais ne le tourmente plus comme autrefois. Vénéré par de nombreux visiteurs, Antoine leur donne à chaque fois des conseils de sagesse, les invitant à la prière plutôt qu'à la violence.

Les religieux ayant adopté le mode de vie solitaire de saint Antoine sont appelés anachorètes, s'opposant aux cénobites qui choisissent la vie en communautés monastiques.

La vie de saint Antoine et ses tentations ont inspiré de nombreux artistes, notamment Jérôme Bosch, Pieter Bruegel, Dali,max ernst, Matthias Grünewald, Diego Vélasquez. Gustave Flaubert lui a également consacré un récit (La Tentation de saint Antoine). Les artistes ont aussi souvent représenté sa rencontre avec saint Paul de Thèbes, peu de temps avant la mort des deux ermites (cathédrale de Chartres).

De nombreuses représentations du saint nous le montrent accompagné d'un cochon portant une clochette. Selon Émile Mâle (*), qui signale que cette tradition date de la fin du XIVe siècle, le cochon n'a rien à voir avec la vie du saint mais avec un ordre religieux fondé en Dauphiné en 1095 (les Antonins) : les porcs n'avaient pas le droit d'errer librement dans les rues, à l'exception de ceux des Antonins, reconnaissables à leur clochette.

En janvier 2006, pour la première fois, les reliques d'Antoine le Grand se deplaceront de la France (Arles) vers l'étranger, en Italie sur l'île d'Ischia.

 

SAINT SEBASTIEN

Saint Sébastien, né à Narbonne, a reçu le glorieux titre de Défenseur de l’Église romaine. On pense que, renonçant à une brillante carrière dans sa patrie, il entra dans l’armée afin de pouvoir plus facilement servir ses frères dans sa foi.

Ses grandes qualités le firent bientôt connaître à la cour ; il s’y distingua et devint en peu de temps un des favoris de Dioclétien qui le nomma capitaine de la première compagnie de ses gardes. Cette position favorisa ses desseins. Bon nombre de chrétiens lui durent de ne pas faiblir devant les supplices : il fut pour les païens l’occasion d’une foule de conversions : la grâce de Dieu était en lui, et le Ciel confirmait son zèle par les miracles.

Un apostat le trahit enfin, et il fut traduit comme chrétien devant l’empereur. Sébastien parut sans frayeur en face du tyran, et se proclama disciple de Jésus-Christ : "Quoi ! lui dit Dioclétien, je t’ai comblé de mes faveurs, tu habites mon palais, et tu es l’ennemi de l’empereur et des dieux ? — J’ai toujours invoqué Jésus-Christ pour votre salut et la conservation de l’empire, reprit Sébastien, et j’ai toujours adoré le Dieu du Ciel."

L’empereur, écumant de rage, le livra à une troupe d’archers pour être percé de flèches. Tout couvert de blessures, on le laissa pour mort, baigné dans son sang. Mais, recueilli par une dame chrétienne, il fut bientôt providentiellement guéri. Il alla lui-même se présenter devant Dioclétien, qui, stupéfait de le voir, lui dit : "Quoi ! Tu es Sébastien, que j’avais ordonné de faire mourir à coups de flèches ? — Le Seigneur, dit Sébastien, m’a guéri, afin de protester, en présence de tout le peuple, contre l’injuste persécution dont vous accablez les chrétiens, qui sont les meilleurs et les plus fidèles citoyens de l’empire."

L’empereur le fit traîner dans le cirque, pour y être assommé à coups de bâton. Ce fut le 20 janvier 288 qu’il acheva son sacrifice. — On l’invoque avec succès contre la peste et les maladies contagieuses.

 

SAINTE MARTINE

Sainte Martine naquit à Rome de parents illustres. Son père avait été trois fois consul et s’était distingué par une foi vive et une charité ardente. Après sa mort, Martine vendit ses biens et consacra l’argent à des oeuvres de miséricorde. L’empereur Alexandre régnait et persécutait les chrétiens. Des gens occupés à rechercher les serviteurs de Jésus-Christ trouvèrent sainte Martine en prières dans une église et l’arrêtèrent. Comme elle ne fit aucune difficulté de les suivre, ils crurent avoir fait une conquête ; mais, conduite à l’empereur, elle refusa de sacrifier aux idoles ; celui-ci ne l’en fit pas moins conduire au temple d’Apollon. En y entrant, Martine, s’armant du signe de la Croix, pria Jésus-Christ, et à l’instant il se fit un effroyable tremblement de terre qui renversa une partie du temple et brisa l’idole. L’empereur, irrité, commanda qu’on frappât la vierge à coups de poings et qu’on l’écorchât avec des ongles de fer ; Martine souffrit avec une telle patience, que les bourreaux, lassés, furent remplacés par d’autres qu’une lumière divine renversa et convertit.

Conduite de nouveau devant l’empereur, Martine refusa pour la seconde fois de sacrifier aux idoles ; Alexandre la fit attacher à quatre pieux et fouetter si cruellement et si longtemps que les bourreaux s’arrêtèrent de fatigue. Martine fut reconduite en prison, et on versa dans ses plaies de l’huile bouillante ; mais des Anges vinrent la fortifier et la consoler. Le lendemain, la vierge fut conduite au temple de Diane que le démon quitta aussitôt avec des hurlements horribles, en même temps la foudre renversait et brûlait une partie du temple avec ses prêtres. L’empereur, effrayé, laissa Martine aux mains du président Justin qui la fit si cruellement déchirer avec des peignes de fer, qu’il la crut morte ; mais s’apercevant qu’il se trompait : "Martine, lui dit-il, ne veux-tu pas sacrifier aux dieux et te préserver des supplices qui te sont préparés ? - J’ai mon Seigneur Jésus-Christ qui me fortifie, et je ne sacrifierai pas à vos démons." Le président, furieux, commanda de la reconduire en prison.

L’empereur, informé de ce qui s’était passé, ordonna que Martine fût menée dans l’amphithéâtre afin d’y être exposée aux bêtes ; mais un lion, qu’on lâcha pour la dévorer, vint se coucher à ses pieds et lécha ses plaies ; mais comme on le ramenait à son antre, il se jeta sur un conseiller d’Alexandre et le dévora. Ramenée en sa prison, Martine fut encore une fois conduite au temple de Diane, et comme elle refusait toujours de sacrifier, on déchira de nouveau son pauvre corps dont on voyait tous les os. "Martine, lui dit un des bourreaux, reconnais Diane pour déesse, et tu seras délivrée. - Je suis chrétienne et je confesse Jésus-Christ." Sur ces paroles, on la jeta dans un grand feu préparé à l’avance, mais le vent et la pluie, qui survinrent à l’instant, dispersèrent le bûcher et brûlèrent les spectateurs. On retint la Sainte trois jours durant dans le temple, après toutefois qu’on lui eût fait couper les cheveux. L’empereur la croyait magicienne et s’imaginait que sa force résidait dans sa chevelure. Elle fut tout ce temps sans rien prendre, chantant continuellement les louanges de Dieu. Ne sachant plus que faire, Alexandre lui fit couper la tête. Le corps de Martine demeura plusieurs jours exposé sur la place publique, défendu par deux aigles qui restèrent jusqu’au moment où un nommé Ritorius put lui donner une honorable sépulture.

PURIFICATION DE MARIE

La fête de ce jour a un double objet, célébrer la Purification de Marie et la Présentation de Jésus au Temple selon la loi de Moïse. Cette loi fixait le temps où les mères devaient se présenter avec leurs nouveau-nés devant les autels, et elle exigeait une offrande pour le rachat des enfants mâles. Ni Marie, toute pure dans sa maternité, ni Jésus, Fils de Dieu, n'étaient obligés à cette cérémonie; cependant par humilité, et pour donner aux hommes un éclatant exemple d'obéissance aux lois divines, Marie, accompagnée de Joseph et portant Jésus en Ses bras, Se rendit au Temple de Jérusalem.

La fête chrétienne qui nous conserve le souvenir de cette cérémonie porte, dans le langage populaire, le nom de la Chandeleur, à cause de la procession qui se fait ce jour-là dans nos églises avec des cierges allumés.

Les cierges symbolisent Notre-Seigneur Jésus-Christ, Lumière du monde; la procession représente le passage de la sainte Famille dans le Temple et la rencontre des deux vieillards Siméon et Anne. Saint Anselme, développant ce mystère, nous dit qu'il y a trois choses à considérer dans le cierge: la cire, la mèche et la flamme. La cire, ouvrage de l'abeille virginale, est la Chair du Christ; la mèche, qui est intérieure, est Son Âme; la flamme, qui brille en la partie supérieure est Sa Divinité.

La procession de la Chandeleur nous apparaît comme la marche du peuple chrétien à la lumière du Christ, figuré par les cierges que porte le clergé, la portion choisie de l'Église, comme Jésus même était porté entre les bras de Marie, entre ceux du saint vieillard Siméon et du pontife qui L'offrit au Seigneur.

Les cierges de la Chandeleur sont bénits avec une solennité toute particulière et avec l'emploi des prières les plus touchantes. Conservés dans la maison des chrétiens, ils sont un gage de la protection divine. Il est dans l'esprit de l'Église d'allumer les cierges de la Chandeleur pour repousser les esprits de ténèbres, dans les dangers corporels et spirituels, au lit des mourants, pour éloigner d'eux l'ennemi des hommes, qui fait alors son suprême effort afin d'arracher les âmes à Dieu. C'est bien alors surtout, en effet, que l'homme a besoin du recours du Rédempteur, vraie lumière des âmes, pour illuminer les derniers instants de sa vie.


 

 

SAINT THOMAS D'AQUIN

Thomas d'Aquin naît en 1225 à Roccasecca, près d'Aquin (non loin de Naples). Sa famille fait partie de l'aristocratie napolitaine. 
De 1230 à 1235, il est oblat à l'abbaye bénédictine du Mont-Cassin. Il étudie à l'université de Naples et, en 1244, entre dans l'ordre dominicain des frères prêcheurs, malgré les obstacles qu'y met sa famille.
Etudiant à Paris de 1245 à 1248, il suit son maître, Albert le Grand, à Cologne où il reste jusqu'en 1252.
C'est à Paris qu'il enseigne d'abord, comme "bachelier biblique" (1252-1254), puis comme "bachelier sententiaire" (1254-1256), puis comme maître en théologie (1256-1259). De 1259 à 1268, il enseigne la théologie dans diverses villes d'Italie, puis de nouveau à Paris de 1269 à 1272. A cette date, il retourne à Naples pour y enseigner et meurt en 1274, en se rendant au concile de Lyon.
Ses œuvres sont nombreuses : il a commenté une douzaine de traités d'Aristote, un grand nombre d'opuscules, des recueils de questions. La Somme théologique, écrite de 1266 à 1273, est inachevée.

A l'époque de Saint Thomas d'Aquin, l'Occident redécouvre les œuvres d'Aristote qu'on traduit de l'arabe en latin. C'est donc d'un texte latin, traduit de l'arabe, lui-même traduit du grec que Saint Thomas s'inspire. Entre le christianisme qui voit dans la foi la principale source de la connaissance et la raison aristotélicienne, Saint Thomas ne choisira pas mais préférera faire la synthèse des deux.
Ainsi, Saint Thomas, tout en les unissant, sépare les deux domaines, celui des vérités de la raison et celui des vérités de la foi. La foi est une adhésion ferme et totale à la parole de Dieu. Elle n'est ni élan aveugle de la sensibilité, ni sacrifice de l'intellect. La Raison est une lumière naturelle procédant de Dieu : elle illumine l'esprit humain et soutient l'autorité de la foi. Foi et Raison sont en accord l'une avec l'autre. La foi apporte des vérités inaccessibles à la raison, que celle-ci conforte (mais ne démontre pas), en expliquant leur contenu par son enseignement. La raison permet d'acquérir les vérités qui ne relèvent pas directement de la foi et lui sont inaccessibles.
A la philosophie d'Aristote, Saint Thomas ajoute l'idée d'un Dieu créateur, la croyance en l'immortalité de l'âme et à la liberté de l'homme. A la distinction forme / matière, Thomas ajoute l'idée d'existence, l'acte par lequel une réalité est. Si dans les diverses substances essences et existence se distinguent, elles se confondent en Dieu. 
La morale de Saint Thomas d'Aquin est très proche de celle d'Aristote notamment la distinction entre la justice distributive qui vise à répartir les biens selon les qualités de chacun et lajustice commutative qui règle les échanges économiques de façon égalitaire. A partir du XVI° siècle, le thomisme devient la doctrine officielle de l'église catholique. La scolastique, c'est à dire la philosophie et la théologie enseignés au Moyen-Age en Europe, sera fortement influencée par le thomisme dès le XIII° siècle.

Les principaux écrits de Saint Thomas d'Aquin sont les Commentaires d'Aristote, la Somme contre les Gentils et surtout la Somme théologique, ouvrage inachevé.

NOTRE DAME DU BON SUCCES

Les apparitions

Mère MARIANA DE JÉSUS TORRES (1563-1635) était une sœur espagnole conceptionnistes qui est partie d'Espagne vers le Nouveau Monde afin d'aider à fonder le Couvent Royal.

MARIANA FRANCISCA est né en Espagne de la province de Biscaye en 1563, première-née de DIEGO DE CADIX et MRIA ALVAREZ BERRIOCHOA. Le jour de sa première communion à 9 ans, Notre-Dame lui apparut et lui dit qu'elle devait être un religieuse de son Immaculée Conception dans le Nouveau Monde. En 1577, lorsque MARIANA n'avait que 13 ans, elle quitta l'Espagne en compagnie de sa tante, Mère MARIA DE JÉSUS TABOADA, et quatre autres sœurs, pour fonder une branche de l'Ordre de l'Immaculée Conception à San Francisco de Quito, en Équateur.

Notre-Dame a dit à Mère MARIANA, la religieuse Conceptioniste qui a reçu ces révélations, que les âmes qui demeureraient fidèles dans ces temps difficiles auraient besoin d'une grande force de volonté, de constance, courage et confiance en Dieu. Des moments viendront où tout semblera être perdu et paralysé, mais ce sera le moment, elle l'a promis, de l'heureux début de la restauration complète.

Entre 1588 et 1634, Mère Mariana eut sept apparitions de la Vierge Marie.

  • Des indications prophétiques

Dans ces apparitions, la Vierge Marie fit connaître à la mère Mariana une série d'événements situés aux XIXe et XXe siècles et se rapportant surtout à la crise dans l'Église à cette époque.

Voici quelques extraits des paroles qu'elle prononça :

- Extrait des paroles de la Vierge Marie lors de la troisième apparition (16 janvier 1599)

 Dans peu de temps, le pays dans lequel tu vis cessera d'être une colonie et deviendra une République libre. Alors, connu sous le nom d'Équateur, il aura besoin d'âmes héroïques pour lui permettre d'affronter de si nombreuses calamités publiques et privées. Ici (dans ce Couvent) Dieu trouvera toujours de telles âmes comme des violettes cachées. Quito serait maudite sans ce Couvent ! (...) Au XIXe siècle, il y aura un vrai président chrétien (Garcia Moreno - ndr), un homme de caractère auquel Dieu Notre-Seigneur donnera la palme du martyre sur la place adjacente à mon Couvent. Il consacrera la République au Sacré-Cœur de mon très saint Fils et cette consécration soutiendra la religion catholique dans les années qui suivront. Pendant ces années qui seront funestes pour l'Église, la secte exécrable de la Maçonnerie prendra la direction du gouvernement civil ; une cruelle persécution frappera toutes les communautés religieuses et frappera aussi violement celle-ci qui est mienne.

- Extrait des paroles de la Vierge Marie lors de la quatrième apparition (21 janvier 1610)

 Je t'apprends qu'à partir de la fin du XIXsiècle, et à partir du début de la deuxième moitié du XXe siècle, dans ce qui est aujourd'hui la Colonie et qui sera un jour la République de l'Équateur, exploseront les passions et il y aura une totale corruption des mœurs, car Satan régnera presque complètement au moyen des sectes maçonniques.

Celles-ci se concentreront principalement sur les enfants pour maintenir cette corruption générale. Malheur aux enfants de cette époque ! Il sera difficile de recevoir le sacrement du baptême et aussi celui de la confirmation. Les enfants ne recevront le sacrement de confession que s'ils restent dans les écoles catholiques, car le diable s'efforcera de le détruire au moyen de personnes en position d'autorité. La même chose arrivera pour la sainte communion. (...)

Quant au sacrement du mariage, qui symbolise l'union du Christ avec son Église, il sera attaqué et profondément profané. La franc-maçonnerie, alors au pouvoir, promulguera des lois iniques dans le but d'éliminer ce sacrement, rendant facile pour chacun de vivre dans le péché, et encourageant la procréation d'enfants illégitimes, nés sans la bénédiction de l'Église. L'esprit catholique décroîtra très rapidement ; la précieuse lumière de la foi s'éteindra progressivement, jusqu'à ce que l'on arrive à une presque totale corruption des mœurs. (...)

Dans ces temps malheureux, il y aura une luxure déchaînée qui entraînera les gens au péché et fera la conquête d'innombrables âmes frivoles qui seront perdues. On ne trouvera presque plus d'innocence chez les enfants ni de modestie chez les femmes. Dans ce suprême moment de besoin de l'Eglise, ceux qui devraient parler garderont le silence !

Tu verras tout cela du ciel, où tu ne souffriras plus, ma fille bien aimée, mais tes filles et celles qui les suivront souffriront ; ces âmes bien-aimées que tu connais déjà apaiseront la colère divine. Elles recourront à moi par l'invocation de Notre-Dame du Bon Succès, dont je te commande de faire faire la statue pour la consolation et la préservation de mon Couvent et pour les âmes fidèles de ce temps, une époque où il y aura une grande dévotion envers moi, parce que je suis la Reine du ciel sous de nombreuses invocations.

Cette dévotion sera le bouclier entre la Justice divine et le monde prévaricateur, pour empêcher la réalisation de la terrible punition de Dieu que cette terre coupable mérite. 

- Extrait des paroles de la Vierge Marie lors de la cinquième apparition (2 février 1610)

Tout ceci ne sera connu du vaste public qu'au XXe siècle. Pendant cette période, l'Église se trouvera attaquée par de terribles hordes de la secte maçonnique, et cette pauvre terre de l'Équateur sera agonisante à cause de la corruption des mœurs, de la luxure effrénée, de la presse impie et de l'éducation laïque. Les vices d'impureté, de blasphème et de sacrilège domine­ront en ces temps de désolation dépravée, et ceux qui devraient parler garderont le    silence !  

- Extrait des paroles de la Vierge Marie lors de la sixième apparition (2 février 1634)

A cette date, alors que mère Mariana priait Notre Seigneur dans la chapelle, elle vit la lampe du Saint Sacrement s'éteindre brusquement. Puis la Vierge Marie lui apparut et, ayant rallumé la lampe, elle se présenta comme Marie du Bon Succès et lui expliqua la raison de l'obscurité du sanctuaire :

La lumière du sanctuaire qui brille devant l'autel et que tu as vue s'éteindre a plusieurs significations : la première raison de l'extinction de la lumière est qu'à partir de la fin du XIXesiècle et pendant une grande partie du XXe siècle, plusieurs hérésies seront répandues dans ce pays, qui sera alors une République indépendante. Quand ces hérésies auront le dessus, la lumière précieuse de la foi s'éteindra dans les âmes à cause de la presque totale corruption des mœurs. (...)

La quatrième raison de l'extinction de la lumière du sanctuaire est que, après avoir infiltré toutes les classes sociales, la secte maçonnique sera assez habile pour pénétrer au cœur des familles pour corrompre les enfants, et le diable se fera une gloire de se nourrir de la délicieuse délicatesse du cœur des enfants.

Pendant ces temps malheureux, le mal attaquera l'innocence des enfants, et, de cette façon, des vocations à la prêtrise seront perdues, et ce sera un vrai désastre.  (...)

Priez avec insistance, sans vous lasser, et pleurez des larmes amères, dans le secret de votre cœur, en implorant notre Père céleste pour que, pour l'amour du Cœur eucharistique de mon très saint Fils, pour son précieux Sang versé avec tant de générosité, et pour l'amertume profonde et les souffrances de sa cruelle passion et de sa mort, il prenne pitié de ses ministres et mette rapidement fin à ces temps funestes, en envoyant à son Église le prélat qui restaurera l'esprit de ses prêtres.

Mon très saint Fils et moi aimerons ce fils privilégié d'un amour de prédilection, et nous lui ferons don de rares capacités : humilité de cœur, docilité aux divines inspirations, force pour défendre les droits de l'Église, et un cœur tendre et compatissant.  (...)

- Extrait du récit de la septième apparition (8 décembre 1634)

Mère Mariana vit, face à elle, la Reine du ciel, belle et fascinante comme toujours, avec son très saint Fils sur le bras gauche, et le Pastoral dans la main droite. Elle était accompagnée de trois archanges :

Saint Michel portait de nombreuses tuniques parsemées d'étoiles et ornées d'or brillant. (...)

Saint Gabriel portait un calice qui contenait le sang du Rédempteur, un ciboire rempli d'hosties et une grande quantité de lys blancs et parfumés.

Saint Raphaël portait une précieuse ampoule transparente et finement ciselée qui contenait un baume excellent dont le parfum suave se répandait dans l'air, purifiant l'atmosphère et faisant éprouver à l'âme une joie immense et une admirable tranquillité. Il portait aussi de nombreuses étoles de couleurs violettes qui brillaient d'une lumière resplendissante, et une plume d'or brillant, où était gravé le nom de Marie. (...)

La Reine prononça ces paroles : 

« (...) ma dévotion, sous la consolante invocation du Bon Succès, sera le soutien et la sauvegarde de la foi dans la quasi-totale corruption du XXe siècle. (...)

Gabriel, comme tu vois, porte aussi un ciboire rempli d'hosties : cela signifie le très auguste sacrement de l'Eucharistie qui est distribué par mes prêtres catholiques aux fidèles qui appartiennent à la sainte Église catholique apostolique et romaine, dont le chef visible est le Pape, le roi de la chrétienté. Son infaillibilité pontificale sera déclarée dogme de foi par le même Pape que celui qui fut choisi pour la proclamation du dogme du mystère de mon Immaculée Conception. Il sera persécuté et emprisonné au Vatican par l'usurpation injuste des États pontificaux causée par l'iniquité, l'envie et l'avarice d'un monarque terrestre. (...)

La plume d'un or poli et brillant, marquée à mon nom, est pour tous les prêtres réguliers et séculiers qui écrivent sur mes gloires et mes peines. Elle est aussi pour ceux qui, au moyen de leurs écrits, font connaître ma dévotion du Bon Succès de ce couvent, et aussi ta vie, qui est inséparable de cette douce et réconfortante invocation.

Au XXe siècle, cette dévotion fera des prodiges dans la sphère spirituelle comme dans la sphère temporelle, parce que c'est la volonté de Dieu de réserver cette invocation et la connaissance de ta vie pour ce siècle, quand la corruption des mœurs sera presque générale et la lumière précieu­se de la foi sera presque éteinte ! » 

  • Une preuve du caractère prophétique de ces textes.

Les paroles citées de la Vierge Marie figurent en particulier dans le livre du frère Manuel Sousa Pereira « La vie admirable de la Mère Mariana de Jésus Torres »  rédigé en 1790, soit antérieurement aux événements annoncés.

  • L'insistance sur le rôle de la franc-maçonnerie.

On aura remarqué l'importance qu'attache la Vierge Marie à l'action des sectes maçonniques, sur laquelle elle revient à plusieurs reprises (cf les passages ci-dessus extraits des 3e, 4e, 5e et 6e apparitions).

NOTRE DAME DE LOURDES

Les paroles de la Vierge Marie à Lourdes : 
- "Ce n'est pas nécessaire." (En réponse à la question de Bernadette : « Voulez-vous avoir la bonté de mettre votre nom par écrit ? ») 
- "Voulez-vous me faire la grâce de venir ici pendant 15 jours." 
- "Je ne vous promets pas de vous rendre heureuse en ce monde, mais dans l'autre." 
- "Pénitence ! pénitence ! pénitence ! Vous prierez Dieu pour les pécheurs. 
Allez baiser la terre pour la conversion des pécheurs." 
- "Allez boire à la fontaine et vous y laver. Vous mangerez de cette herbe qui est là." 
  
 

1ère apparition : Jeudi 11 février 1858

Accompagnée de sa soeur et d'une amie, Bernadette se rend à Massabielle, le long du Gave, pour ramasser des os et du bois mort. Enlevant ses bas pour traverser le ruisseau, elle entend un bruit qui ressemblait à un coup de vent, elle lève la tête vers la Grotte :

"J'aperçus une dame vêtue de blanc: 
elle portait une robe blanche, un voile blanc également, 
une ceinture bleue, et une rose jaune sur chaque pied."

Elle fait le signe de la Croix et récite le chapelet avec la Dame. 
La prière terminée, la Dame disparaît brusquement. 
 

2ème apparition : Dimanche 14 février 1858

Bernadette ressent une force intérieure qui la pousse à retourner à la Grotte malgré l'interdiction de ses parents. Sur son insistance, sa mère l'y autorise ; après la première dizaine de chapelet, elle voit apparaître la même Dame. Elle lui jette de l'eau bénite. 
La Dame sourit et incline la tête. La prière du chapelet terminée, elle disparaît. 
 

3ème apparition : Jeudi 18 février 1858

Pour la première fois, la Dame parle. Bernadette lui présente une écritoire et lui demande d'écrire son nom. Elle lui dit : 
"Ce n'est pas nécessaire." 
et elle ajoute : 
"Je ne vous promets pas de vous rendre heureuse en ce monde mais dans l'autre. Voulez-vous avoir la grâce de venir ici pendant quinze jours ? " 
 

4ème apparition : Vendredi 19 février 1858

Bernadette vient à la Grotte avec un cierge béni et allumé. 
C'est de ce geste qu'est née la coutume de porter des cierges et de les allumer devant la Grotte. 
 

5ème apparition : Samedi 20 février 1858

La Dame lui a appris une prière personnelle. 
A la fin de la vision, une grande tristesse envahit Bernadette. 
 

6ème apparition : Dimanche 21 février 1858

La Dame se présente à Bernadette le matin de bonne heure. 
Une centaine de personnes l'accompagnent. Elle est ensuite interrogée par le commissaire de police Jacomet. Il veut lui faire dire ce qu'elle a vu. 
Bernadette ne lui parle que d' "AQUERO" (cela) 
 

7ème apparition : Mardi 23 février 1858 
Entourée de cent cinquante personnes, Bernadette se rend à la Grotte. 
L'Apparition lui révèle un secret "rien que pour elle". 
 

8ème apparition  : Mercredi 24 février 1858 
Message de la Dame : 
"Pénitence! Pénitence! Pénitence! Priez Dieu pour les pécheurs ! 
Allez baiser la terre en pénitence pour les pécheurs ! " 
 

9ème apparition :  Jeudi 25 février 1858

Trois cents personnes sont présentes. 
"Allez boire à la fontaine et vous y laver. Vous mangerez de cette herbe qui est là." 
Bernadette raconte : "elle me dit d'aller boire à la source (…) je ne trouvai qu'un peu d'eau vaseuse. Au quatrième essai je pus boire elle me fit également manger une herbe qui se trouvait près de la fontaine puis la vision disparut et je m'en allai"

Devant la foule qui lui demande: "Sais-tu qu'on te croit folle de faire des choses pareilles ? " Elle répond seulement: 
"C'est pour les pécheurs."

10ème apparition : Samedi 27 février 1858

Huit cents personnes sont présentes. L'Apparition est silencieuse. Bernadette boit l'eau de la source et accomplit les gestes habituels de pénitence.

11ème apparition : Dimanche 28 février 1858

Plus de mille personnes assistent à l'extase. Bernadette prie, baise la terre et rampe sur les genoux en signe de pénitence. Elle est ensuite emmenée chez le juge Ribes qui la menace de prison. 
 

12ème apparition : Lundi 1er mars 1858

Plus de mille cinq cents personnes sont rassemblées et parmi elles, pour la première fois, un prêtre. Dans la nuit, Catherine Latapie, une amie lourdaise, se rend à la Grotte, elle trempe son bras déboîté dans l'eau de la source : son bras et sa main retrouvent leur souplesse. 
 

13ème apparition : Mardi 2 mars 1858

La foule grossit de plus en plus. La Dame lui demande : "Allez dire aux prêtres qu'on vienne ici en procession et qu'on y bâtisse une chapelle." Bernadette en parle à l'abbé Peyramale, curé de Lourdes. Celui-ci ne veut savoir qu'une chose : le nom de la Dame. 
Il exige en plus une preuve: voir fleurir le rosier (ou églantier ) de la Grotte en plein hiver. 
 

14ème apparition : Mercredi 3 mars 1858

Dès 7 heures le matin, en présence de trois mille personnes, Bernadette se rend à la Grotte, mais la vision n'apparaît pas. Après l'école, elle entend l'invitation intérieure de la Dame. Elle se rend à la Grotte et lui redemande son nom. La réponse est un sourire. Le curé Peyramale lui redit : "Si la Dame désire vraiment une chapelle, qu'elle dise son nom et qu'elle fasse fleurir le rosier de la Grotte. "

15ème apparition :  Jeudi 4 mars 1858

La foule toujours plus nombreuse (environ huit mille personnes) attend un miracle à la fin de cette quinzaine. La vision est silencieuse. Le curé Peyramale campe sur sa position. Pendant 20 jours, Bernadette ne va plus se rendre à la Grotte, elle n'en ressent plus l'irrésistible invitation.

16ème apparition : Jeudi 25 mars1858

La vision révèle son nom, mais le rosier (ou églantier) sur lequel elle pose les pieds au cours de ses Apparitions ne fleurit pas.

Bernadette raconte : "elle leva les yeux au ciel, joignant en signe de prière ses mains qui étaient tendues et ouvertes vers la terre et me dit : 
"Je suis l'Immaculée Conception" ["que soy era immaculada councepciou"]

La jeune voyante part en courant et répète sans cesse, sur le chemin, des mots qu'elle ne comprend pas. Ces mots troublent le brave curé. Bernadette ignorait cette expression théologique qui désigne un des privilèges accordé par Dieu à  la Sainte Vierge. 
Quatre ans plus tôt, en 1854, le pape Pie IX en avait fait une vérité certaine de la foi catholique : un dogme.

17ème apparition : Mercredi 7 avril 1858

Pendant cette Apparition, Bernadette tient son cierge allumé. La flamme entoura longuement sa main sans la brûler. Ce fait est immédiatement constaté par le médecin, le docteur Douzous.

18ème apparition et dernière apparition : jeudi 16 juillet 1858

Bernadette ressent le mystérieux appel de la Grotte, 
mais son accès est interdit et fermé par une palissade. 
Elle se rend donc en face, de l'autre côté du Gave. 
Elle voit le Vierge qui se présente à elle sous l'apparence de Notre Dame du Mont Carmel. 
 

"Il me semblait que j'étais devant la grotte, à la même distance que les autres fois, 
je voyais seulement la Vierge, jamais je ne l'ai vue aussi belle !"

NOTRE DAME DU BEL AMOUR

L'histoire du "bel amour" commence à l'Annonciation, avec les paroles admirables que l'Ange a adressées à Marie, appelée à devenir la Mère du Fils de Dieu.

 

Par le "oui" de Marie, Celui qui est "Dieu né de Dieu, Lumière née de la Lumière" devient Fils de l'homme ; Marie est sa Mère, sans cesser d'être la Vierge qui "ne connaît pas d'homme" (cf. Lc 1,34 ).

 

Comme Vierge-Mère, Marie devient Mère du bel amour. Cette vérité est déjà révélée par les paroles de l'Archange Gabriel, mais sa signification plénière sera confirmée et approfondie au fur et à mesure que Marie suivra son Fils dans le pèlerinage de la foi.

 

La "Mère du bel amour" fut accueillie par celui qui, d'après la tradition d'Israël, était déjà son époux sur la terre, Joseph, de la race de David. Il aurait eu le droit de voir en sa fiancée son épouse et la mère de ses enfants.

 

Mais Dieu intervient de sa propre initiative dans cette alliance sponsale :

" Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ta femme : car ce qui a été engendré en elle vient de l'Esprit-Saint " (Mt 1,20 ).

 

Joseph est conscient, il voit de ses yeux qu'en Marie a été conçue une vie nouvelle qui n'est pas issue de lui et, en homme juste, fidèle à la Loi ancienne qui, dans son cas, imposait le divorce, il veut dissoudre son mariage d'une manière charitable (cf. Mt 1,19 ).

 

L'Ange du Seigneur lui fait savoir que cela ne serait pas conforme à sa vocation, que ce serait même contraire à l'amour sponsal qui l'unit à Marie. Cet amour sponsal mutuel, pour être pleinement le "bel amour", exige que Joseph accueille Marie et son Fils sous le toit de sa maison à Nazareth.

 

Joseph obéit au message divin et agit comme il lui a été prescrit (cf. Mt 1,24 ). C'est aussi grâce à Joseph que le mystère de l'Incarnation et, avec lui, le mystère de la Sainte Famille, est profondément inscrit dans l'amour sponsal de l'homme et de la femme et, indirectement, dans la généalogie de toute famille humaine.

 

Ce que Paul appellera le " grand mystère " trouve dans la Sainte Famille son expression la plus haute. La famille se place ainsi véritablement au centre de la Nouvelle Alliance.

 

[...] Ainsi en est-il dans l'Evangile pour Marie et Joseph qui, au seuil de la Nouvelle Alliance, revivent l'expérience du " bel amour " décrite dans le Cantique des cantiques. Joseph pense et dit à Marie : "Ma petite soeur, ma fiancée" (cf. Ct 4,9 ).

 

Marie, Mère de Dieu, conçoit par l'Esprit Saint, de qui provient le "bel amour", délicatement placé par l'Evangile dans le contexte du " grand mystère ".

 

SAINT VALENTIN

L’empereur romain Claude II le Cruel était engagé dans des campagnes militaires sanglantes. Eprouvant des difficultés à recruter des soldats, il pense que beaucoup d’hommes préfèrent rester auprès de leur épouse ou de leur fiancée, et décide d’annuler tous les mariages sur son territoire. Aussi les fiancés se mettent en quête d’une personne acceptant de les unir par les liens du mariage. La légende prétend que Valentin accepte. On dit qu’une fois les jeunes hommes assurés par les paroles de Valentin, celui-ci leur donnait, en guise d’offrande une fleur de son jardin, et que ceux-ci s’empressaient de rejoindre leurs dulcinées pour la leur offrir. L’empereur est informé des consultations de Valentin : il n’aime en rien la chrétienté et ordonne que Valentin soit arrêté, ce qui est fait.

"Si tu savais le don de Dieu, tu serais heureux et ton empire aussi !" Ce jour-là à Rome, vers l’an 270, Valentin répond avec ferveur à l’empereur Claude qui l’interroge.

Après être comparu devant l’empereur, Valentin est donc conduit chez le juge. Or, celui-ci à une fille adoptive, aveugle. "Si tu peux la guérir, lui dit le juge, je croirais que Jésus est la lumière et qu’Il est Dieu". Le prisonnier, mettant la main sur les yeux de la jeune fille, pria : "Seigneur, qui êtes la Vraie Lumière, éclairez votre servante". L’enfant recouvrit la vue, demanda le Baptême avec toute sa famille (une cinquantaine de personnes), et son père délivre tous les Chrétiens qu’il tenait prisonniers.

Averti de ces conversions, l’empereur, par crainte de quelques séditions dans Rome, fait mettre à mort le juge et tous les siens. Et, après différents tourments et tortures, Valentin est décapité vers 273. On vénère la plupart de ces reliques à Rome, dans l’église Sainte Praxède.

Alors comment la Saint Valentin est-elle devenue une Fête catholique ?

Cette histoire explique pourquoi fiancés et célibataires se sont placés sous son patronage. Il est également  leSaint Patron des amoureux, et, le jour supposé de son martyr, le 14 février, correspondait déjà dans la Rome Antique, aux festivités païennes de l’amour, marquant l’arrivée du printemps. Vers 500, les Chrétiens les remplacèrent par une Fête Liturgique, en l’honneur de Saint Valentin. Que Saint Valentin bénisse tous les amoureux !

Prière

Saint-Valentin,
Faites que ma vie s’illumine dans le partage de l’amour.
Intercédez pour moi, pauvre pécheur, auprès du Tout-Puissant
que je vénère en respectant Sa Sainte Loi.
Saint-Valentin, vous qui avez donné tant d’amour et de charité,
vous qui séjournez parmi les Bienheureux, avec ferveur,
je vous adresse cette prière. Accordez-moi votre assistance
pour que les ténèbres de mon coeur puissent entrevoir
la lumière de l’amour et du bonheur. Ainsi soit-il.

SAINTE BERNADETTE

 

Je voudrais te raconter l’histoire de quelqu’un que j’aime bien : Bernadette Soubirous. Ca se passait au XIXème siècle, dans une petite bourgade de 4000 habitants au pied des Pyrénées : Lourdes. Bernadette était l’aînée d’une famille nombreuse. Son père, François, était meunier. Ils habitaient le moulin de Boly : Bernadette l’appellera plus tard le « moulin du bonheur ». Toute petite, Bernadette avait été mise chez une nourrice à Bartrès (à 5 kms de Lourdes) parce que sa maman à la suite d’un accident, ne pouvait plus la nourrir. Au bout de quelques mois, elle revint à Lourdes. Mais le travail de meunier devint rare, les affaires marchaient mal, et toute la famille Soubirous tomba dans une profonde misère. Ils durent habiter une seule pièce dans l’ancienne prison (si tu vas à Lourdes n’oublie pas de visiter le cachot). Bernadette dû repartir à Bartrès pour garder les moutons chez son ancienne nourrice. Elle aurait pourtant tant voulu aller à l’école et aller au catéchisme pour faire sa communion. Mais elle ne le pouvait pas. Elle préféra rentrer à Lourdes retrouver la misère du cachot pour pouvoir aller un peu au catéchisme et à l’école chez les sœurs.

Un jour qu’elle allait chercher du bois mort, avec sa sœur et son amie « Baloum », devant la grotte de Massabielle, elle entendit un grand vent, elle vit une lumière dans le creux du rocher et au milieu de cette lumière une petite dame vêtue de blanc avec une ceinture bleue. A dix-huit reprises elle revint à cet endroit et chaque fois la dame lui apparaissait. Elle ne savait pas encore que c’était la sainte Vierge. Un jour la dame lui donna son nom : « je suis l’immaculée Conception » qui est un nom qu'on donne à Marie. A chaque fois Bernadette transmettait aux autres les paroles qu’elle entendait : « pénitence… priez pour les pêcheurs; »

Bien sûr on se moquait d'elle et on ne voulait pas la croire, on la menaça même de la mettre en prison si elle continuait à aller à la grotte, mais Bernadette avait promis à la dame. Très rapidement des pèlerins se rassemblèrent en masse. Il y eu des guérisons miraculeuses avec l’eau de la source que Bernadette avait fait jaillir. Après une longue enquête, l’évêque de Tarbes déclara que Bernadette ne mentait pas et qu’elle avait bien vu la Vierge. Entre temps, Bernadette avait pu faire sa première communion : ce fut une grande joie pour elle. Elle avait pu apprendre à lire et à écrire. Quand elle fut un peu plus âgée, elle quitta sa chère grotte, elle entra chez les sœurs de Nevers au couvent St Gildas (on peut aussi le visiter si on va à Nevers). Elle était souvent malade car l’asthme qu’elle avait quand elle était enfant était revenu. Elle mourut à l’âge de 33 ans.

Bernadette est une fille formidable. Elle était très pauvre mais elle ne voulait pas profiter des apparitions de la Ste Vierge pour s'enrichir. Elle était honnête et ne prenait jamais le bien des autres. Elle était un peu espiègle et elle aimait bien faire des farces à ses amies quand elle était à l’école. Bien qu’elle ne soit pas allée beaucoup à l’école, Bernadette était très intelligente et elle savait trouver les bonnes réponses quand on l’interrogeait et qu’on se moquait d’elle. Et Bernadette aimait beaucoup Jésus : elle avait aussi heureuse à sa première communion que lorsque la sainte Vierge lui parlait. Elle ne voulut vivre que pour lui en rentrant au couvent… même si c’était dur pour elle. Elle aimait aussi beaucoup Marie qui l’avait choisie pour être sa messagère auprès des hommes.

Un jour Marie lui avait dit : « je ne vous promets pas que vous serez heureuse dans ce monde mais dans l’autre. » Malgré sa maladie et toutes ses épreuves, Bernadette fut quand même heureuse en ce monde parce qu’elle avait un cœur formidable. Mais nous sommes sûrs qu’elle est heureuse aujourd'hui auprès de Dieu, de Jésus et de Marie dans la vie éternelle.

Sainte Bernadette, priez pour nous.