PURIFICATION DE MARIE

La fête de ce jour a un double objet, célébrer la Purification de Marie et la Présentation de Jésus au Temple selon la loi de Moïse. Cette loi fixait le temps où les mères devaient se présenter avec leurs nouveau-nés devant les autels, et elle exigeait une offrande pour le rachat des enfants mâles. Ni Marie, toute pure dans sa maternité, ni Jésus, Fils de Dieu, n'étaient obligés à cette cérémonie; cependant par humilité, et pour donner aux hommes un éclatant exemple d'obéissance aux lois divines, Marie, accompagnée de Joseph et portant Jésus en Ses bras, Se rendit au Temple de Jérusalem.

La fête chrétienne qui nous conserve le souvenir de cette cérémonie porte, dans le langage populaire, le nom de la Chandeleur, à cause de la procession qui se fait ce jour-là dans nos églises avec des cierges allumés.

Les cierges symbolisent Notre-Seigneur Jésus-Christ, Lumière du monde; la procession représente le passage de la sainte Famille dans le Temple et la rencontre des deux vieillards Siméon et Anne. Saint Anselme, développant ce mystère, nous dit qu'il y a trois choses à considérer dans le cierge: la cire, la mèche et la flamme. La cire, ouvrage de l'abeille virginale, est la Chair du Christ; la mèche, qui est intérieure, est Son Âme; la flamme, qui brille en la partie supérieure est Sa Divinité.

La procession de la Chandeleur nous apparaît comme la marche du peuple chrétien à la lumière du Christ, figuré par les cierges que porte le clergé, la portion choisie de l'Église, comme Jésus même était porté entre les bras de Marie, entre ceux du saint vieillard Siméon et du pontife qui L'offrit au Seigneur.

Les cierges de la Chandeleur sont bénits avec une solennité toute particulière et avec l'emploi des prières les plus touchantes. Conservés dans la maison des chrétiens, ils sont un gage de la protection divine. Il est dans l'esprit de l'Église d'allumer les cierges de la Chandeleur pour repousser les esprits de ténèbres, dans les dangers corporels et spirituels, au lit des mourants, pour éloigner d'eux l'ennemi des hommes, qui fait alors son suprême effort afin d'arracher les âmes à Dieu. C'est bien alors surtout, en effet, que l'homme a besoin du recours du Rédempteur, vraie lumière des âmes, pour illuminer les derniers instants de sa vie.


 

 

SAINT THOMAS D'AQUIN

Thomas d'Aquin naît en 1225 à Roccasecca, près d'Aquin (non loin de Naples). Sa famille fait partie de l'aristocratie napolitaine. 
De 1230 à 1235, il est oblat à l'abbaye bénédictine du Mont-Cassin. Il étudie à l'université de Naples et, en 1244, entre dans l'ordre dominicain des frères prêcheurs, malgré les obstacles qu'y met sa famille.
Etudiant à Paris de 1245 à 1248, il suit son maître, Albert le Grand, à Cologne où il reste jusqu'en 1252.
C'est à Paris qu'il enseigne d'abord, comme "bachelier biblique" (1252-1254), puis comme "bachelier sententiaire" (1254-1256), puis comme maître en théologie (1256-1259). De 1259 à 1268, il enseigne la théologie dans diverses villes d'Italie, puis de nouveau à Paris de 1269 à 1272. A cette date, il retourne à Naples pour y enseigner et meurt en 1274, en se rendant au concile de Lyon.
Ses œuvres sont nombreuses : il a commenté une douzaine de traités d'Aristote, un grand nombre d'opuscules, des recueils de questions. La Somme théologique, écrite de 1266 à 1273, est inachevée.

A l'époque de Saint Thomas d'Aquin, l'Occident redécouvre les œuvres d'Aristote qu'on traduit de l'arabe en latin. C'est donc d'un texte latin, traduit de l'arabe, lui-même traduit du grec que Saint Thomas s'inspire. Entre le christianisme qui voit dans la foi la principale source de la connaissance et la raison aristotélicienne, Saint Thomas ne choisira pas mais préférera faire la synthèse des deux.
Ainsi, Saint Thomas, tout en les unissant, sépare les deux domaines, celui des vérités de la raison et celui des vérités de la foi. La foi est une adhésion ferme et totale à la parole de Dieu. Elle n'est ni élan aveugle de la sensibilité, ni sacrifice de l'intellect. La Raison est une lumière naturelle procédant de Dieu : elle illumine l'esprit humain et soutient l'autorité de la foi. Foi et Raison sont en accord l'une avec l'autre. La foi apporte des vérités inaccessibles à la raison, que celle-ci conforte (mais ne démontre pas), en expliquant leur contenu par son enseignement. La raison permet d'acquérir les vérités qui ne relèvent pas directement de la foi et lui sont inaccessibles.
A la philosophie d'Aristote, Saint Thomas ajoute l'idée d'un Dieu créateur, la croyance en l'immortalité de l'âme et à la liberté de l'homme. A la distinction forme / matière, Thomas ajoute l'idée d'existence, l'acte par lequel une réalité est. Si dans les diverses substances essences et existence se distinguent, elles se confondent en Dieu. 
La morale de Saint Thomas d'Aquin est très proche de celle d'Aristote notamment la distinction entre la justice distributive qui vise à répartir les biens selon les qualités de chacun et lajustice commutative qui règle les échanges économiques de façon égalitaire. A partir du XVI° siècle, le thomisme devient la doctrine officielle de l'église catholique. La scolastique, c'est à dire la philosophie et la théologie enseignés au Moyen-Age en Europe, sera fortement influencée par le thomisme dès le XIII° siècle.

Les principaux écrits de Saint Thomas d'Aquin sont les Commentaires d'Aristote, la Somme contre les Gentils et surtout la Somme théologique, ouvrage inachevé.

NOTRE DAME DU BON SUCCES

Les apparitions

Mère MARIANA DE JÉSUS TORRES (1563-1635) était une sœur espagnole conceptionnistes qui est partie d'Espagne vers le Nouveau Monde afin d'aider à fonder le Couvent Royal.

MARIANA FRANCISCA est né en Espagne de la province de Biscaye en 1563, première-née de DIEGO DE CADIX et MRIA ALVAREZ BERRIOCHOA. Le jour de sa première communion à 9 ans, Notre-Dame lui apparut et lui dit qu'elle devait être un religieuse de son Immaculée Conception dans le Nouveau Monde. En 1577, lorsque MARIANA n'avait que 13 ans, elle quitta l'Espagne en compagnie de sa tante, Mère MARIA DE JÉSUS TABOADA, et quatre autres sœurs, pour fonder une branche de l'Ordre de l'Immaculée Conception à San Francisco de Quito, en Équateur.

Notre-Dame a dit à Mère MARIANA, la religieuse Conceptioniste qui a reçu ces révélations, que les âmes qui demeureraient fidèles dans ces temps difficiles auraient besoin d'une grande force de volonté, de constance, courage et confiance en Dieu. Des moments viendront où tout semblera être perdu et paralysé, mais ce sera le moment, elle l'a promis, de l'heureux début de la restauration complète.

Entre 1588 et 1634, Mère Mariana eut sept apparitions de la Vierge Marie.

  • Des indications prophétiques

Dans ces apparitions, la Vierge Marie fit connaître à la mère Mariana une série d'événements situés aux XIXe et XXe siècles et se rapportant surtout à la crise dans l'Église à cette époque.

Voici quelques extraits des paroles qu'elle prononça :

- Extrait des paroles de la Vierge Marie lors de la troisième apparition (16 janvier 1599)

 Dans peu de temps, le pays dans lequel tu vis cessera d'être une colonie et deviendra une République libre. Alors, connu sous le nom d'Équateur, il aura besoin d'âmes héroïques pour lui permettre d'affronter de si nombreuses calamités publiques et privées. Ici (dans ce Couvent) Dieu trouvera toujours de telles âmes comme des violettes cachées. Quito serait maudite sans ce Couvent ! (...) Au XIXe siècle, il y aura un vrai président chrétien (Garcia Moreno - ndr), un homme de caractère auquel Dieu Notre-Seigneur donnera la palme du martyre sur la place adjacente à mon Couvent. Il consacrera la République au Sacré-Cœur de mon très saint Fils et cette consécration soutiendra la religion catholique dans les années qui suivront. Pendant ces années qui seront funestes pour l'Église, la secte exécrable de la Maçonnerie prendra la direction du gouvernement civil ; une cruelle persécution frappera toutes les communautés religieuses et frappera aussi violement celle-ci qui est mienne.

- Extrait des paroles de la Vierge Marie lors de la quatrième apparition (21 janvier 1610)

 Je t'apprends qu'à partir de la fin du XIXsiècle, et à partir du début de la deuxième moitié du XXe siècle, dans ce qui est aujourd'hui la Colonie et qui sera un jour la République de l'Équateur, exploseront les passions et il y aura une totale corruption des mœurs, car Satan régnera presque complètement au moyen des sectes maçonniques.

Celles-ci se concentreront principalement sur les enfants pour maintenir cette corruption générale. Malheur aux enfants de cette époque ! Il sera difficile de recevoir le sacrement du baptême et aussi celui de la confirmation. Les enfants ne recevront le sacrement de confession que s'ils restent dans les écoles catholiques, car le diable s'efforcera de le détruire au moyen de personnes en position d'autorité. La même chose arrivera pour la sainte communion. (...)

Quant au sacrement du mariage, qui symbolise l'union du Christ avec son Église, il sera attaqué et profondément profané. La franc-maçonnerie, alors au pouvoir, promulguera des lois iniques dans le but d'éliminer ce sacrement, rendant facile pour chacun de vivre dans le péché, et encourageant la procréation d'enfants illégitimes, nés sans la bénédiction de l'Église. L'esprit catholique décroîtra très rapidement ; la précieuse lumière de la foi s'éteindra progressivement, jusqu'à ce que l'on arrive à une presque totale corruption des mœurs. (...)

Dans ces temps malheureux, il y aura une luxure déchaînée qui entraînera les gens au péché et fera la conquête d'innombrables âmes frivoles qui seront perdues. On ne trouvera presque plus d'innocence chez les enfants ni de modestie chez les femmes. Dans ce suprême moment de besoin de l'Eglise, ceux qui devraient parler garderont le silence !

Tu verras tout cela du ciel, où tu ne souffriras plus, ma fille bien aimée, mais tes filles et celles qui les suivront souffriront ; ces âmes bien-aimées que tu connais déjà apaiseront la colère divine. Elles recourront à moi par l'invocation de Notre-Dame du Bon Succès, dont je te commande de faire faire la statue pour la consolation et la préservation de mon Couvent et pour les âmes fidèles de ce temps, une époque où il y aura une grande dévotion envers moi, parce que je suis la Reine du ciel sous de nombreuses invocations.

Cette dévotion sera le bouclier entre la Justice divine et le monde prévaricateur, pour empêcher la réalisation de la terrible punition de Dieu que cette terre coupable mérite. 

- Extrait des paroles de la Vierge Marie lors de la cinquième apparition (2 février 1610)

Tout ceci ne sera connu du vaste public qu'au XXe siècle. Pendant cette période, l'Église se trouvera attaquée par de terribles hordes de la secte maçonnique, et cette pauvre terre de l'Équateur sera agonisante à cause de la corruption des mœurs, de la luxure effrénée, de la presse impie et de l'éducation laïque. Les vices d'impureté, de blasphème et de sacrilège domine­ront en ces temps de désolation dépravée, et ceux qui devraient parler garderont le    silence !  

- Extrait des paroles de la Vierge Marie lors de la sixième apparition (2 février 1634)

A cette date, alors que mère Mariana priait Notre Seigneur dans la chapelle, elle vit la lampe du Saint Sacrement s'éteindre brusquement. Puis la Vierge Marie lui apparut et, ayant rallumé la lampe, elle se présenta comme Marie du Bon Succès et lui expliqua la raison de l'obscurité du sanctuaire :

La lumière du sanctuaire qui brille devant l'autel et que tu as vue s'éteindre a plusieurs significations : la première raison de l'extinction de la lumière est qu'à partir de la fin du XIXesiècle et pendant une grande partie du XXe siècle, plusieurs hérésies seront répandues dans ce pays, qui sera alors une République indépendante. Quand ces hérésies auront le dessus, la lumière précieuse de la foi s'éteindra dans les âmes à cause de la presque totale corruption des mœurs. (...)

La quatrième raison de l'extinction de la lumière du sanctuaire est que, après avoir infiltré toutes les classes sociales, la secte maçonnique sera assez habile pour pénétrer au cœur des familles pour corrompre les enfants, et le diable se fera une gloire de se nourrir de la délicieuse délicatesse du cœur des enfants.

Pendant ces temps malheureux, le mal attaquera l'innocence des enfants, et, de cette façon, des vocations à la prêtrise seront perdues, et ce sera un vrai désastre.  (...)

Priez avec insistance, sans vous lasser, et pleurez des larmes amères, dans le secret de votre cœur, en implorant notre Père céleste pour que, pour l'amour du Cœur eucharistique de mon très saint Fils, pour son précieux Sang versé avec tant de générosité, et pour l'amertume profonde et les souffrances de sa cruelle passion et de sa mort, il prenne pitié de ses ministres et mette rapidement fin à ces temps funestes, en envoyant à son Église le prélat qui restaurera l'esprit de ses prêtres.

Mon très saint Fils et moi aimerons ce fils privilégié d'un amour de prédilection, et nous lui ferons don de rares capacités : humilité de cœur, docilité aux divines inspirations, force pour défendre les droits de l'Église, et un cœur tendre et compatissant.  (...)

- Extrait du récit de la septième apparition (8 décembre 1634)

Mère Mariana vit, face à elle, la Reine du ciel, belle et fascinante comme toujours, avec son très saint Fils sur le bras gauche, et le Pastoral dans la main droite. Elle était accompagnée de trois archanges :

Saint Michel portait de nombreuses tuniques parsemées d'étoiles et ornées d'or brillant. (...)

Saint Gabriel portait un calice qui contenait le sang du Rédempteur, un ciboire rempli d'hosties et une grande quantité de lys blancs et parfumés.

Saint Raphaël portait une précieuse ampoule transparente et finement ciselée qui contenait un baume excellent dont le parfum suave se répandait dans l'air, purifiant l'atmosphère et faisant éprouver à l'âme une joie immense et une admirable tranquillité. Il portait aussi de nombreuses étoles de couleurs violettes qui brillaient d'une lumière resplendissante, et une plume d'or brillant, où était gravé le nom de Marie. (...)

La Reine prononça ces paroles : 

« (...) ma dévotion, sous la consolante invocation du Bon Succès, sera le soutien et la sauvegarde de la foi dans la quasi-totale corruption du XXe siècle. (...)

Gabriel, comme tu vois, porte aussi un ciboire rempli d'hosties : cela signifie le très auguste sacrement de l'Eucharistie qui est distribué par mes prêtres catholiques aux fidèles qui appartiennent à la sainte Église catholique apostolique et romaine, dont le chef visible est le Pape, le roi de la chrétienté. Son infaillibilité pontificale sera déclarée dogme de foi par le même Pape que celui qui fut choisi pour la proclamation du dogme du mystère de mon Immaculée Conception. Il sera persécuté et emprisonné au Vatican par l'usurpation injuste des États pontificaux causée par l'iniquité, l'envie et l'avarice d'un monarque terrestre. (...)

La plume d'un or poli et brillant, marquée à mon nom, est pour tous les prêtres réguliers et séculiers qui écrivent sur mes gloires et mes peines. Elle est aussi pour ceux qui, au moyen de leurs écrits, font connaître ma dévotion du Bon Succès de ce couvent, et aussi ta vie, qui est inséparable de cette douce et réconfortante invocation.

Au XXe siècle, cette dévotion fera des prodiges dans la sphère spirituelle comme dans la sphère temporelle, parce que c'est la volonté de Dieu de réserver cette invocation et la connaissance de ta vie pour ce siècle, quand la corruption des mœurs sera presque générale et la lumière précieu­se de la foi sera presque éteinte ! » 

  • Une preuve du caractère prophétique de ces textes.

Les paroles citées de la Vierge Marie figurent en particulier dans le livre du frère Manuel Sousa Pereira « La vie admirable de la Mère Mariana de Jésus Torres »  rédigé en 1790, soit antérieurement aux événements annoncés.

  • L'insistance sur le rôle de la franc-maçonnerie.

On aura remarqué l'importance qu'attache la Vierge Marie à l'action des sectes maçonniques, sur laquelle elle revient à plusieurs reprises (cf les passages ci-dessus extraits des 3e, 4e, 5e et 6e apparitions).

NOTRE DAME DE LOURDES

Les paroles de la Vierge Marie à Lourdes : 
- "Ce n'est pas nécessaire." (En réponse à la question de Bernadette : « Voulez-vous avoir la bonté de mettre votre nom par écrit ? ») 
- "Voulez-vous me faire la grâce de venir ici pendant 15 jours." 
- "Je ne vous promets pas de vous rendre heureuse en ce monde, mais dans l'autre." 
- "Pénitence ! pénitence ! pénitence ! Vous prierez Dieu pour les pécheurs. 
Allez baiser la terre pour la conversion des pécheurs." 
- "Allez boire à la fontaine et vous y laver. Vous mangerez de cette herbe qui est là." 
  
 

1ère apparition : Jeudi 11 février 1858

Accompagnée de sa soeur et d'une amie, Bernadette se rend à Massabielle, le long du Gave, pour ramasser des os et du bois mort. Enlevant ses bas pour traverser le ruisseau, elle entend un bruit qui ressemblait à un coup de vent, elle lève la tête vers la Grotte :

"J'aperçus une dame vêtue de blanc: 
elle portait une robe blanche, un voile blanc également, 
une ceinture bleue, et une rose jaune sur chaque pied."

Elle fait le signe de la Croix et récite le chapelet avec la Dame. 
La prière terminée, la Dame disparaît brusquement. 
 

2ème apparition : Dimanche 14 février 1858

Bernadette ressent une force intérieure qui la pousse à retourner à la Grotte malgré l'interdiction de ses parents. Sur son insistance, sa mère l'y autorise ; après la première dizaine de chapelet, elle voit apparaître la même Dame. Elle lui jette de l'eau bénite. 
La Dame sourit et incline la tête. La prière du chapelet terminée, elle disparaît. 
 

3ème apparition : Jeudi 18 février 1858

Pour la première fois, la Dame parle. Bernadette lui présente une écritoire et lui demande d'écrire son nom. Elle lui dit : 
"Ce n'est pas nécessaire." 
et elle ajoute : 
"Je ne vous promets pas de vous rendre heureuse en ce monde mais dans l'autre. Voulez-vous avoir la grâce de venir ici pendant quinze jours ? " 
 

4ème apparition : Vendredi 19 février 1858

Bernadette vient à la Grotte avec un cierge béni et allumé. 
C'est de ce geste qu'est née la coutume de porter des cierges et de les allumer devant la Grotte. 
 

5ème apparition : Samedi 20 février 1858

La Dame lui a appris une prière personnelle. 
A la fin de la vision, une grande tristesse envahit Bernadette. 
 

6ème apparition : Dimanche 21 février 1858

La Dame se présente à Bernadette le matin de bonne heure. 
Une centaine de personnes l'accompagnent. Elle est ensuite interrogée par le commissaire de police Jacomet. Il veut lui faire dire ce qu'elle a vu. 
Bernadette ne lui parle que d' "AQUERO" (cela) 
 

7ème apparition : Mardi 23 février 1858 
Entourée de cent cinquante personnes, Bernadette se rend à la Grotte. 
L'Apparition lui révèle un secret "rien que pour elle". 
 

8ème apparition  : Mercredi 24 février 1858 
Message de la Dame : 
"Pénitence! Pénitence! Pénitence! Priez Dieu pour les pécheurs ! 
Allez baiser la terre en pénitence pour les pécheurs ! " 
 

9ème apparition :  Jeudi 25 février 1858

Trois cents personnes sont présentes. 
"Allez boire à la fontaine et vous y laver. Vous mangerez de cette herbe qui est là." 
Bernadette raconte : "elle me dit d'aller boire à la source (…) je ne trouvai qu'un peu d'eau vaseuse. Au quatrième essai je pus boire elle me fit également manger une herbe qui se trouvait près de la fontaine puis la vision disparut et je m'en allai"

Devant la foule qui lui demande: "Sais-tu qu'on te croit folle de faire des choses pareilles ? " Elle répond seulement: 
"C'est pour les pécheurs."

10ème apparition : Samedi 27 février 1858

Huit cents personnes sont présentes. L'Apparition est silencieuse. Bernadette boit l'eau de la source et accomplit les gestes habituels de pénitence.

11ème apparition : Dimanche 28 février 1858

Plus de mille personnes assistent à l'extase. Bernadette prie, baise la terre et rampe sur les genoux en signe de pénitence. Elle est ensuite emmenée chez le juge Ribes qui la menace de prison. 
 

12ème apparition : Lundi 1er mars 1858

Plus de mille cinq cents personnes sont rassemblées et parmi elles, pour la première fois, un prêtre. Dans la nuit, Catherine Latapie, une amie lourdaise, se rend à la Grotte, elle trempe son bras déboîté dans l'eau de la source : son bras et sa main retrouvent leur souplesse. 
 

13ème apparition : Mardi 2 mars 1858

La foule grossit de plus en plus. La Dame lui demande : "Allez dire aux prêtres qu'on vienne ici en procession et qu'on y bâtisse une chapelle." Bernadette en parle à l'abbé Peyramale, curé de Lourdes. Celui-ci ne veut savoir qu'une chose : le nom de la Dame. 
Il exige en plus une preuve: voir fleurir le rosier (ou églantier ) de la Grotte en plein hiver. 
 

14ème apparition : Mercredi 3 mars 1858

Dès 7 heures le matin, en présence de trois mille personnes, Bernadette se rend à la Grotte, mais la vision n'apparaît pas. Après l'école, elle entend l'invitation intérieure de la Dame. Elle se rend à la Grotte et lui redemande son nom. La réponse est un sourire. Le curé Peyramale lui redit : "Si la Dame désire vraiment une chapelle, qu'elle dise son nom et qu'elle fasse fleurir le rosier de la Grotte. "

15ème apparition :  Jeudi 4 mars 1858

La foule toujours plus nombreuse (environ huit mille personnes) attend un miracle à la fin de cette quinzaine. La vision est silencieuse. Le curé Peyramale campe sur sa position. Pendant 20 jours, Bernadette ne va plus se rendre à la Grotte, elle n'en ressent plus l'irrésistible invitation.

16ème apparition : Jeudi 25 mars1858

La vision révèle son nom, mais le rosier (ou églantier) sur lequel elle pose les pieds au cours de ses Apparitions ne fleurit pas.

Bernadette raconte : "elle leva les yeux au ciel, joignant en signe de prière ses mains qui étaient tendues et ouvertes vers la terre et me dit : 
"Je suis l'Immaculée Conception" ["que soy era immaculada councepciou"]

La jeune voyante part en courant et répète sans cesse, sur le chemin, des mots qu'elle ne comprend pas. Ces mots troublent le brave curé. Bernadette ignorait cette expression théologique qui désigne un des privilèges accordé par Dieu à  la Sainte Vierge. 
Quatre ans plus tôt, en 1854, le pape Pie IX en avait fait une vérité certaine de la foi catholique : un dogme.

17ème apparition : Mercredi 7 avril 1858

Pendant cette Apparition, Bernadette tient son cierge allumé. La flamme entoura longuement sa main sans la brûler. Ce fait est immédiatement constaté par le médecin, le docteur Douzous.

18ème apparition et dernière apparition : jeudi 16 juillet 1858

Bernadette ressent le mystérieux appel de la Grotte, 
mais son accès est interdit et fermé par une palissade. 
Elle se rend donc en face, de l'autre côté du Gave. 
Elle voit le Vierge qui se présente à elle sous l'apparence de Notre Dame du Mont Carmel. 
 

"Il me semblait que j'étais devant la grotte, à la même distance que les autres fois, 
je voyais seulement la Vierge, jamais je ne l'ai vue aussi belle !"

NOTRE DAME DU BEL AMOUR

L'histoire du "bel amour" commence à l'Annonciation, avec les paroles admirables que l'Ange a adressées à Marie, appelée à devenir la Mère du Fils de Dieu.

 

Par le "oui" de Marie, Celui qui est "Dieu né de Dieu, Lumière née de la Lumière" devient Fils de l'homme ; Marie est sa Mère, sans cesser d'être la Vierge qui "ne connaît pas d'homme" (cf. Lc 1,34 ).

 

Comme Vierge-Mère, Marie devient Mère du bel amour. Cette vérité est déjà révélée par les paroles de l'Archange Gabriel, mais sa signification plénière sera confirmée et approfondie au fur et à mesure que Marie suivra son Fils dans le pèlerinage de la foi.

 

La "Mère du bel amour" fut accueillie par celui qui, d'après la tradition d'Israël, était déjà son époux sur la terre, Joseph, de la race de David. Il aurait eu le droit de voir en sa fiancée son épouse et la mère de ses enfants.

 

Mais Dieu intervient de sa propre initiative dans cette alliance sponsale :

" Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ta femme : car ce qui a été engendré en elle vient de l'Esprit-Saint " (Mt 1,20 ).

 

Joseph est conscient, il voit de ses yeux qu'en Marie a été conçue une vie nouvelle qui n'est pas issue de lui et, en homme juste, fidèle à la Loi ancienne qui, dans son cas, imposait le divorce, il veut dissoudre son mariage d'une manière charitable (cf. Mt 1,19 ).

 

L'Ange du Seigneur lui fait savoir que cela ne serait pas conforme à sa vocation, que ce serait même contraire à l'amour sponsal qui l'unit à Marie. Cet amour sponsal mutuel, pour être pleinement le "bel amour", exige que Joseph accueille Marie et son Fils sous le toit de sa maison à Nazareth.

 

Joseph obéit au message divin et agit comme il lui a été prescrit (cf. Mt 1,24 ). C'est aussi grâce à Joseph que le mystère de l'Incarnation et, avec lui, le mystère de la Sainte Famille, est profondément inscrit dans l'amour sponsal de l'homme et de la femme et, indirectement, dans la généalogie de toute famille humaine.

 

Ce que Paul appellera le " grand mystère " trouve dans la Sainte Famille son expression la plus haute. La famille se place ainsi véritablement au centre de la Nouvelle Alliance.

 

[...] Ainsi en est-il dans l'Evangile pour Marie et Joseph qui, au seuil de la Nouvelle Alliance, revivent l'expérience du " bel amour " décrite dans le Cantique des cantiques. Joseph pense et dit à Marie : "Ma petite soeur, ma fiancée" (cf. Ct 4,9 ).

 

Marie, Mère de Dieu, conçoit par l'Esprit Saint, de qui provient le "bel amour", délicatement placé par l'Evangile dans le contexte du " grand mystère ".

 

SAINT VALENTIN

L’empereur romain Claude II le Cruel était engagé dans des campagnes militaires sanglantes. Eprouvant des difficultés à recruter des soldats, il pense que beaucoup d’hommes préfèrent rester auprès de leur épouse ou de leur fiancée, et décide d’annuler tous les mariages sur son territoire. Aussi les fiancés se mettent en quête d’une personne acceptant de les unir par les liens du mariage. La légende prétend que Valentin accepte. On dit qu’une fois les jeunes hommes assurés par les paroles de Valentin, celui-ci leur donnait, en guise d’offrande une fleur de son jardin, et que ceux-ci s’empressaient de rejoindre leurs dulcinées pour la leur offrir. L’empereur est informé des consultations de Valentin : il n’aime en rien la chrétienté et ordonne que Valentin soit arrêté, ce qui est fait.

"Si tu savais le don de Dieu, tu serais heureux et ton empire aussi !" Ce jour-là à Rome, vers l’an 270, Valentin répond avec ferveur à l’empereur Claude qui l’interroge.

Après être comparu devant l’empereur, Valentin est donc conduit chez le juge. Or, celui-ci à une fille adoptive, aveugle. "Si tu peux la guérir, lui dit le juge, je croirais que Jésus est la lumière et qu’Il est Dieu". Le prisonnier, mettant la main sur les yeux de la jeune fille, pria : "Seigneur, qui êtes la Vraie Lumière, éclairez votre servante". L’enfant recouvrit la vue, demanda le Baptême avec toute sa famille (une cinquantaine de personnes), et son père délivre tous les Chrétiens qu’il tenait prisonniers.

Averti de ces conversions, l’empereur, par crainte de quelques séditions dans Rome, fait mettre à mort le juge et tous les siens. Et, après différents tourments et tortures, Valentin est décapité vers 273. On vénère la plupart de ces reliques à Rome, dans l’église Sainte Praxède.

Alors comment la Saint Valentin est-elle devenue une Fête catholique ?

Cette histoire explique pourquoi fiancés et célibataires se sont placés sous son patronage. Il est également  leSaint Patron des amoureux, et, le jour supposé de son martyr, le 14 février, correspondait déjà dans la Rome Antique, aux festivités païennes de l’amour, marquant l’arrivée du printemps. Vers 500, les Chrétiens les remplacèrent par une Fête Liturgique, en l’honneur de Saint Valentin. Que Saint Valentin bénisse tous les amoureux !

Prière

Saint-Valentin,
Faites que ma vie s’illumine dans le partage de l’amour.
Intercédez pour moi, pauvre pécheur, auprès du Tout-Puissant
que je vénère en respectant Sa Sainte Loi.
Saint-Valentin, vous qui avez donné tant d’amour et de charité,
vous qui séjournez parmi les Bienheureux, avec ferveur,
je vous adresse cette prière. Accordez-moi votre assistance
pour que les ténèbres de mon coeur puissent entrevoir
la lumière de l’amour et du bonheur. Ainsi soit-il.

SAINTE BERNADETTE

 

Je voudrais te raconter l’histoire de quelqu’un que j’aime bien : Bernadette Soubirous. Ca se passait au XIXème siècle, dans une petite bourgade de 4000 habitants au pied des Pyrénées : Lourdes. Bernadette était l’aînée d’une famille nombreuse. Son père, François, était meunier. Ils habitaient le moulin de Boly : Bernadette l’appellera plus tard le « moulin du bonheur ». Toute petite, Bernadette avait été mise chez une nourrice à Bartrès (à 5 kms de Lourdes) parce que sa maman à la suite d’un accident, ne pouvait plus la nourrir. Au bout de quelques mois, elle revint à Lourdes. Mais le travail de meunier devint rare, les affaires marchaient mal, et toute la famille Soubirous tomba dans une profonde misère. Ils durent habiter une seule pièce dans l’ancienne prison (si tu vas à Lourdes n’oublie pas de visiter le cachot). Bernadette dû repartir à Bartrès pour garder les moutons chez son ancienne nourrice. Elle aurait pourtant tant voulu aller à l’école et aller au catéchisme pour faire sa communion. Mais elle ne le pouvait pas. Elle préféra rentrer à Lourdes retrouver la misère du cachot pour pouvoir aller un peu au catéchisme et à l’école chez les sœurs.

Un jour qu’elle allait chercher du bois mort, avec sa sœur et son amie « Baloum », devant la grotte de Massabielle, elle entendit un grand vent, elle vit une lumière dans le creux du rocher et au milieu de cette lumière une petite dame vêtue de blanc avec une ceinture bleue. A dix-huit reprises elle revint à cet endroit et chaque fois la dame lui apparaissait. Elle ne savait pas encore que c’était la sainte Vierge. Un jour la dame lui donna son nom : « je suis l’immaculée Conception » qui est un nom qu'on donne à Marie. A chaque fois Bernadette transmettait aux autres les paroles qu’elle entendait : « pénitence… priez pour les pêcheurs; »

Bien sûr on se moquait d'elle et on ne voulait pas la croire, on la menaça même de la mettre en prison si elle continuait à aller à la grotte, mais Bernadette avait promis à la dame. Très rapidement des pèlerins se rassemblèrent en masse. Il y eu des guérisons miraculeuses avec l’eau de la source que Bernadette avait fait jaillir. Après une longue enquête, l’évêque de Tarbes déclara que Bernadette ne mentait pas et qu’elle avait bien vu la Vierge. Entre temps, Bernadette avait pu faire sa première communion : ce fut une grande joie pour elle. Elle avait pu apprendre à lire et à écrire. Quand elle fut un peu plus âgée, elle quitta sa chère grotte, elle entra chez les sœurs de Nevers au couvent St Gildas (on peut aussi le visiter si on va à Nevers). Elle était souvent malade car l’asthme qu’elle avait quand elle était enfant était revenu. Elle mourut à l’âge de 33 ans.

Bernadette est une fille formidable. Elle était très pauvre mais elle ne voulait pas profiter des apparitions de la Ste Vierge pour s'enrichir. Elle était honnête et ne prenait jamais le bien des autres. Elle était un peu espiègle et elle aimait bien faire des farces à ses amies quand elle était à l’école. Bien qu’elle ne soit pas allée beaucoup à l’école, Bernadette était très intelligente et elle savait trouver les bonnes réponses quand on l’interrogeait et qu’on se moquait d’elle. Et Bernadette aimait beaucoup Jésus : elle avait aussi heureuse à sa première communion que lorsque la sainte Vierge lui parlait. Elle ne voulut vivre que pour lui en rentrant au couvent… même si c’était dur pour elle. Elle aimait aussi beaucoup Marie qui l’avait choisie pour être sa messagère auprès des hommes.

Un jour Marie lui avait dit : « je ne vous promets pas que vous serez heureuse dans ce monde mais dans l’autre. » Malgré sa maladie et toutes ses épreuves, Bernadette fut quand même heureuse en ce monde parce qu’elle avait un cœur formidable. Mais nous sommes sûrs qu’elle est heureuse aujourd'hui auprès de Dieu, de Jésus et de Marie dans la vie éternelle.

Sainte Bernadette, priez pour nous.

 

SAINT JOSEPH

 

Fiancé à Marie lorsque celle-ci tombe enceinte par l'action du Saint Esprit, Joseph l'épouse et devient père nourricier de Jésus. Toute sa vie il sera un époux discret et fidèle. Joseph et Marie ont continué à vivre dans la chasteté après la naissance de Jésus. C'est pourquoi Saint Joseph est parfois représenté portant des fleurs de lys blanches, symbole de pureté.

Saint Joseph, patron des travailleurs, mais pas seulement

Durant sa vie, Saint Joseph s'est occupé de tout ce qui était nécessaire à la Vierge Marie et à Jésus et a veillé sur la Sainte Famille. Il est donc le Saint patron des familles. Artisan charpentier à Nazareth Saint Joseph est devenu le patron des travailleurs. Sa fête, qui a lieu le 19 mars, est très suivie par les artisans et les ouvriers dans le monde. Nombreux sont ceux qui confient leur recherche d'emploi à Saint Joseph par le biais de la prière.

 

SAINTE RAFQA

1- RAFQA à Himlaya (1832 - 1859)

 Sainte Rafqa vit le jour le 29 Juin (fête des Saints Pierre et Paul) 1832 à Himlaya, village du Metn-Nord près de Bikfaya.

 Elle resta fille unique à Mourad Saber al-Choboq al-Rayès et à Rafqa Gemayel.

 Elle fut baptisée le 7 Juillet 1832 et reçut le prénom de Boutrossieh (Pierrette). Ses Parents l'ont élevée sur l'amour de Dieu et l'assiduité à la prière. La mère mourut en 1839 alors que Rafqa n'avait que sept ans; ce fut pour elle une grande peine qui marqua toute sa vie.

 Son père connut la misère et la nécessité. Il décida, en 1843, de l'envoyer à Damas pour travailler comme servante chez M. Asaad al-Badawi, d'origine libanaise; elle y resta quatre ans.

 Rafqa revint à la maison en 1847, et trouva que son père s'était remarié en son absence. Elle cacha sa grande peine. Elle était belle, de bon caractère et d'une humble piété. Sa tante maternelle voulait la marier à son fils et sa marâtre à son frère; un conflit entre les deux femmes s'agrandit.

 C'est alors que Rafqa choisit la vie religieuse.

2- RAFQA dans la Congrégation des Mariamettes (1859 - 1871)

 Rafqa demanda à Dieu de l'aider à réaliser son désir. Elle décida d'aller au couvent Notre-Dame de la Délivrance à Bikfaya pour se joindre aux Mariamettes, fondées par le Père Joseph Gemayel.

 En entrant à l'Église du couvent, elle sentit une joie indescriptible. Pendant qu'elle y priait devant l'icône de Notre-Dame de la Délivrance, elle entendit une voix qui lui disait:"Tu seras religieuse". La Mère Supérieure admit Rafqa sans l'interroger. À cette nouvelle, son père vint, avec sa femme, pour la ramener à la maison; Rafqa refusa de les rencontrer.

 Après la période du postulat, Rafqa porta l'habit de novice en la fête de Saint Joseph le 19 mars 1861. L'année suivante et à la même date, elle prononça ses voeux temporaires de religieuse.

 La nouvelle professe fut envoyée au Séminaire de Ghazir, où elle fut chargée de la cuisine. Parmi les séminaristes se trouvaient le Patriarche Élias Houayek et l'Évêque Boutros al-Zoghbi.

 Durant son séjour à Ghazir, elle profita de ses moments libres pour approfondir ses connaissances de langue arabe, de calligraphie et d’arithmétique.

 En 1860, Rafqa fut transférée à Deir al-Qamar, pour y enseigner le catéchisme aux jeunes filles. Elle y assista, durant cette même année, aux événements sanglants survenus au Liban. Elle sauva la vie d'un petit enfant qu'elle cacha sous sa robe.

 Rafqa passa environ un an à Deir al-Qamar puis revint à Ghazir.En 1863, Rafqa rejoignit une école de sa Congrégation à Jbeil pour y instruire des jeunes filles et les former aux principes de la foi chrétienne. Un an après, elle fut transférée à Maad, sous la demande de M. Antoun Issa; elle y passa sept ans, durant lesquels elle fonda une école pour instruire les filles.

3- RAFQA dans l'Ordre Libanais Maronite:


2. Au Monastère Mar Sémaan (Saint Simon) El Qarn, Aïto (1871 - 1897)

 Au cours de son séjour à Maad, une crise secoua et ébranla la Congrégation des Mariamettes vers 1871. Ce fait troubla Rafqa, qui entra à l'Église Saint Georges, pour prier le Seigneur Lui demandant de lui montrer sa bonne voie. Elle entendit une voix disant: "Tu resteras religieuse". Le soir même, Rafqa vit en songe Trois Saints: Saint Georges, Saint Simon le Stylite et Saint Antoine le Grand, Père des moines, qui lui dit à deux reprises: "Entre dans l'Ordre Libanais Maronite".

 M. Antoun Issa lui facilita le transfert de Maad au monastère de Mar Sémaan El Qarn à Aïto, où elle fut immédiatement acceptée. Elle y porta l'habit de novice et prit le prénom de sa mère RAFQA le 12 Juillet 1871. Elle fit sa profession solennelle le 25 août 1872.

 Elle passa 26 ans au monastère Mar Sémaan El Qarn, Aïto. Elle mena une vie exemplaire avec ses sœurs les moniales.

 Le premier dimanche d'octobre, en la fête de Notre Dame du Rosaire en 1885, Rafqa entra à l'Église du monastère et se mit à prier demandant au Seigneur de lui accorder de participer à sa Passion Rédemptrice. Sa prière fut immédiatement exaucée. Le soir même avant de dormir, elle sentit un mal de tête insupportable qui, ensuite, atteignit ses beaux yeux.

 Tous les soins utilisés furent vains. Un médecin américain à Jbeil, consulta Rafqa et décida de l'opérer instantanément. Rafqa refusa l'anesthésie durant l'opération, au cours de laquelle le médecin lui arracha accidentellement l’oeil droit. Rafqa au lieu de se plaindre lui dit: "Pour la Passion du Christ. Que Dieu garde tes mains et te donne récompense". Le mal ne tarda pas à passer à son oeil gauche.

. Rafqa dans le Monastère Saint Joseph Al Dahr, Jrabta (1897 - 1914)

 L'Ordre Libanais Maronite décida de fonder le monastère de Saint Joseph al Dahr à Jrabta - Batroun en 1897. Six moniales furent transférées du monastère Saint Simon El Qarn au nouveau monastère Saint Joseph à Jrabta. Parmi elles, figurait Rafqa, car les soeurs étaient très attachées à elle et espéraient la prospérité du nouveau monastère grâce à ses prières. Mère Ursula Doumit, originaire de Maad, fut nommée Supérieure.

 En 1899, Rafqa devint complètement aveugle puis paralysée. Ses articulations se disloquèrent; son corps devint aride et sec: un squelette à peu près décharné. Elle passa les sept dernières années de sa vie étendue sur le côté droit de son corps. Sur son visage paisible, rayonnait toujours un sourire céleste.

 Selon le jugement des médecins, Rafqa fut atteinte d'une tuberculose ostéo-articulaire. Rafqa vécut 82 ans, dont 29 furent passés dans les souffrances, qu'elle supportait avec joie, patience et prière pour l'amour du Christ.

 Le 23 mars 1914, Rafqa  demanda la Sainte Communion puis remit son esprit en appelant Jésus, la Vierge Marie et Saint Joseph. Enterrée au cimetière du monastère Saint Joseph - Jrabta, une lumière splendide apparut sur son tombeau en deux nuits consécutives. Notre Seigneur accorda par son intercession beaucoup de miracles et de grâces.

 La cause de sa Béatification fut présentée au Vatican le 23 décembre 1925. L'investigation sur sa vie pour la canonization fut commencée le 16 mai 1926. Le 10 juillet 1927, la dépouille de Rafqa fut transférée à un nouveau tombeau dans l'Église du monastère.

NOTRE DAME DE LA MISERICORDE

Estelle Faguette, 1876  

Estelle Faguette est née à St Memmie près de Châlon-sur-Marne le 12 septembre 1843 et y fut baptisée le 17 du même mois. Nous sommes au début de l’année 1876 dans le village de Pellevoisin du département de l’Indre. Estelle Faguette, 33 ans est mourante. Elle souffre de tuberculose pulmonaire, de péritonite aiguë et d’une tumeur abdominale. Le 10 février 1876, le Dr Bernard de Buzençais ne lui donne que quelques heures à vivre. Pendant la nuit des 14 au 15 février, la Vierge Marie lui apparaît. D’autres apparitions suivront.

Pellevoisin, première apparition – Nuit des 14/15 février 1876 

La première partie de cette apparition à Pellevoisin eut lieu dans la nuit du 14 février 1876. Le démon lui apparut d’abord au pied de son lit. A peine l’eut-elle aperçu qu’Estelle vit aussi apparaître la Vierge Marie au côté de son lit. La Vierge chassa immédiatement le démon et s’adressa à Estelle : «  Tu n’as rien à craindre, Estelle, tu es ma fille ! ». Marie lui demanda de rassembler tout son courage, car il lui fallait encore souffrir cinq jours en l’honneur des cinq plaies du Christ. Le samedi suivant elle devait soit être morte ou tout à fait guérie.

Pellevoisin, deuxième apparition – Nuit du 15/16 février 1876 

Cette fois le démon apparut au même moment que la Vierge Marie. Cette dernière précisa de suite : « Ne crains rien, je suis là ! Aujourd’hui, mon Fils va montrer sa miséricorde. Il te sauvera la vie. Samedi tu seras guérie. » Estelle répondit : «  Ma Mère, si je pouvais choisir, je préférerais mourir maintenant puisque je m’y sens prête. » La Vierge répondit avec un sourire : « Tu es quelque peu ingrate, car si Mon fils te rend à la vie, c’est parce que c’est nécessaire (parce que tu en as besoin). »Quel cadeau plus précieux peut-Il donner aux hommes que la vie ? Mais ne pense pas que tu vas échapper à la souffrance. Non, tu souffriras, comme c’est le cas dans la vie. Ta patience et ton renoncement ont touché le Cœur de Mon Fils. Ne perd pas les fruits de ces vertus en faisant de mauvais choix. Ne t’ai-je pas dit que s’Il t’accorde la vie, ce sera pour assurer ma glorification ? » La Vierge Marie sourit et dit : «  Maintenant nous allons un peu jeter un coup d’œil à ton passé. » Son visage s’assombrit quelque peu, mais il continuait cependant à manifester la douceur. Estelle fut ébranlée par les fautes qu’elle avait commises, alors qu’elle pensait qu’il s’agissait de peccadilles. Elle resta un moment silencieuse en se rendant compte qu’elle méritait cette observation. Elle voulut crier pour demander pardon, mais en fut incapable tant elle était bouleversée de tristesse. La Vierge la regarda alors avec grande bonté puis disparut sans dire un mot.

Pellevoisin, troisième apparition – Nuit du 16/17 février 1876

Au cours de la nuit, Estelle vit encore le démon mais de beaucoup plus loin. La Vierge Marie lui dit : «  Courage, mon enfant ! » Le souvenir de son passé  revint à l’esprit d’Estelle et elle commença à trembler de peur. La Vierge lui dit alors : «  Tout cela est passé ; par ton attitude de renoncement tu as transformé le mal en bien. » La Vierge montra alors à Estelle le bien qu’elle avait fait, mais il n’égalait cependant pas ce qu’elle avait fait de mal. Voyant sa tristesse, la Vierge lui dit : « Comme Mon fils, Je suis miséricordieuse. Les quelques bonnes œuvres et les prières intenses que tu m’as offertes ont touché mon cœur de Mère et tout spécialement la lettre que tu m’as écrite en septembre. Ce qui m’a le plus touché est cette phrase : «  Vierge Marie, voyez la misère de mes parents, si je disparais, ils devront aller mendier leur pain. Souvenez-vous s’il vous plaît de ce que vous avez souffert quand votre Fils, Jésus a été cloué sur la croix. » La Vierge répondit : «  J’ai montré cette lettre à Mon fils. Tes parents ont besoin de toi. Essaye dans le futur de te rendre digne de cette tâche. Ne dilapide pas les grâces qui t’ont été accordées et fais connaître Ma gloire.

Pellevoisin, quatrième apparition – Nuit du 17/18 février 1876

Cette nuit-là, Estelle eut l’impression que la Vierge ne resta pas longtemps. Elle voulut lui demander des grâces, mais ne put exprimer sa demande. Son esprit vagabondait et elle repensait aux paroles que la Vierge lui avait adressées : « Ne crains rien, tu es ma fille ; mon Fils a été touché par ton acceptation. » Elle se souvenait également du reproche qui lui avait été fait de ses fautes, ainsi que du pardon qu’elle avait obtenu grâce à la miséricorde. Elle se souvenait de ces paroles : « Sois courageuse, patiente et abandonne-toi à la Providence ; tu souffriras, mais efforce-toi de rester fidèle et fais connaître ma gloire. 

Pellevoisin , cinquième apparition – Nuit du 18/19 février 1876

Cette nuit-là, la Sainte Vierge s’approcha davantage d’Estelle et lui remémora sa promesse. Elle vit  un grand tableau avec une rose en or dans chaque coin et au milieu un cœur d’or percé d’un glaive ainsi qu’une couronne de roses avec l’inscription, suivante : « Dans mon désespoir, j’ai fait appel à Marie. Elle a plaidé ma cause auprès de son fils et j’ai obtenu une guérison totale. »

Alors la Sainte Vierge lui dit : « Si tu acceptes de me servir, sois simple et que tes actes confirment tes paroles. » Estelle lui demanda si elle devait changer quelque chose ou déménager. La Sainte Vierge répondit : «  Où que tu sois, et quoi que tu fasses, tu peux toujours obtenir ma bénédiction et proclamer ma gloire. » Alors elle reprit d’un air très triste : «  Cela m’attriste beaucoup de voir que les gens n’ont pas de respect pour mon Fils dans l’Eucharistie et qu’ils prient en ayant l’esprit ailleurs. Je dis ceci précisément à l’adresse de ceux qui se croient pieux. » Estelle lui demanda alors si elle devait immédiatement commencer à proclamer Sa gloire. «  Oui, oui ! Mais demande d’abord à ton confesseur ce qu’il pense. Tu rencontreras des obstacles sur ta route, on t’ennuiera et des gens diront que tu es folle. Ne leur prête pas attention, sois fidèle et je t’aiderai. » C’est alors qu’Elle disparut en douceur.

Dans les temps qui suivirent Estelle eut beaucoup à souffrir. Elle avait l’impression que son cœur allait sortir de sa poitrine. Elle avait de terribles douleurs à l’abdomen et à l’estomac. En offrant ses souffrances à Dieu, elle ne se doutait pas que sa maladie allait prendre fin. Après quelques minutes de repos elle se sentit tout à fait bien. Elle remarqua qu’il était 12h.30. « Je me sentais guérie. Je ne savais cependant toujours pas utiliser mon bras droit. » Vers 6.30, le prêtre de la paroisse rendit visite à Estelle et s’assit sur le bord de son lit. (Estelle lui avait parlé des apparitions).  « Ne te tracasse pas, dit le prêtre, je vais dire la Sainte Messe et t’apporterai la Sainte Communion ; tu pourras alors sûrement recouvrer l’usage de ton bras pour faire le signe de croix. » Ce fut effectivement ce qui arriva. Dans son ouvrage sur Pellevoisin, Vernet écrivit qu’Estelle avait vécu l’expérience de la mort et de la résurrection.

Pellevoisin – sixième apparition – 1er juillet 1876 

La seconde partie des apparitions de Pellevoisin débuta le samedi premier juillet. Il était dix heures quart, j’étais à genoux récitant mes prières du soir quand soudain je vis la Sainte Vierge complètement entourée de lumière. Elle était habillée de blanc. Elle regarda quelque chose, croisa les mains sur sa poitrine et dit en souriant : «  Garde ton calme mon enfant, sois patiente, ça va être difficile pour toi, mais Je suis avec toi. » J’étais tellement heureuse que je ne pus rien dire. La Sainte Vierge resta encore un certain temps et dit : « Courage, je reviendrai. » C’est alors qu’elle disparut comme elle le fit en février.

Pellevoisin, septième apparition – 2 juillet 1876 

Je me suis couchée à 10h30. Ce fut quelque peu difficile parce que je pensais à la Sainte Vierge que j’avais vue le soir précédent. Néanmoins j’allai me coucher. Je me réveillai à 11.h.30. J’espérais revoir la Sainte Vierge avant minuit. Je m’agenouillai à côté de mon lit et à peine avais-je dit un demi « Je vous salue Marie » que la Sainte Vierge apparut devant moi. Une lumière brillante sortait de ses deux mains. Elle finit par croiser les mains. En me regardant elle dit : «  Tu as déjà proclamé ma gloire. » (Ensuite elle me confia un secret). « Continue, mon Fils a gagné de nouvelles âmes qui se sont consacrées plus profondément à Lui. Son Cœur est tellement rempli d’Amour pour mon Cœur qu’il ne peut rien me refuser. Pour moi, il touchera et attendrira les cœurs les plus durs. » En disant cela, Elle était devenue extraordinairement belle. J’ai alors voulu lui demander un signe qui manifesterait sa puissance, mais je ne savais comment m’y prendre et comment le demander. Je finis par dire : «  Ma bonne Mère, s’il vous plaît, pour votre gloire. » Elle comprit mes paroles et dit : «  Ta guérison n’est-elle pas une grande preuve de Mon pouvoir ? Je suis spécialement venue pour sauver les pécheurs. » Tandis qu’elle parlait, je pensais aux multiples façons dont elle pouvait montrer son pouvoir et dont elle rayonnait la lumière. Elle répondit : « Permet aux gens de voir tout cela. » Puis, elle disparut en douceur.

Pellevoisin, huitième apparition – 3 juillet 1876 

J’ai de nouveau vu la Vierge le 3 juillet. Elle n’est restée que quelques minutes et m’a gentiment réprimandé : «  Je souhaite que tu sois plus calme, plus paisible. Tu as besoin de repos. Je ne puis te dire exactement quand je reviendrai. » J’ai voulu Lui faire part de tous mes souhaits ; elle s’est contentée de sourire. «  Je suis venue mettre fin aux réjouissances. » Elle est ensuite partie comme d’habitude, peu avant minuit.

Pellevoisin, neuvième apparition – 9 septembre 1876 

La troisième partie des apparitions de Pellevoisin commença le 9 septembre. Depuis plusieurs jours, je me sentais attirée vers cette chambre à coucher où j’avais été guérie. Le 9 septembre, alors que je finissais de réciter le rosaire dans cette chambre, la Vierge apparut à nouveau. Elle présentait le même aspect que le 1er juillet. En silence elle regarda d’abord tout autour d’elle, puis me dit : « Le 15 août, tu t’es privée de ma visite parce que tu n’étais pas assez calme. Ton caractère est typiquement français : ils veulent tout savoir avant d’apprendre, et comprendre tout avant de connaître. J’aurais aussi pu venir hier, mais tu t’es privée de ma visite, car j’ai vraiment attendu un acte de soumission et d’obéissance de ta part. » 

Pellevoisin, dixième apparition – 10 septembre 1876 

La Vierge est apparue à peu près à la même heure. Elle n’est pas restée longtemps et m’a dit : « Ils devraient prier ; je vais leur donner un exemple. » Après avoir prononcé ces mots et joint les mains, elle disparut. On entendait justement sonner les vêpres.

Pellevoisin, onzième apparition – 15 septembre 1876 

Cette nuit-là, la Vierge apparut à Estelle pour lui dire qu’elle vivrait, mais elle la réprimanda pour ses fautes passées. Bien qu’Estelle n’ait pas vécu la vie mondaine, elle fut prise de remords pour tous ses manques. D’une voix triste, Marie dit : « JE NE PUIS PLUS RETENIR LE BRAS DE MON FILS. »

Elle paraissait bouleversée et ajouta : «  La France devra souffrir. » Elle souligna ces mots puis poursuivit : « Prend courage et aie confiance. » A ce moment une pensée effleura mon esprit : «  Si je révèle ces choses, personne ne me croira. » La Vierge avait tout compris. Elle me dit : «  J’ai payé d’avance ; tant pis pour ceux qui ne croiront pas ; ils finiront cependant par comprendre mes paroles. » Ensuite elle me quitta en douceur.

Pellevoisin, douzième apparition – 1er novembre 1876 

Depuis quinze jours maintenant, je ne pouvais m’empêcher d’espérer revoir la Vierge. Chaque fois que je pensais à elle, mon cœur s’emballait à l’idée de pouvoir La revoir. Finalement en ce jour de la Toussaint, je pus revoir ma Mère céleste. Elle apparut comme d’habitude, les bras entrouverts. Elle portait le scapulaire qu’elle m’avait montré le 9 septembre. La Vierge regardait  une chose que je ne pouvais pas percevoir ; elle regardait autour d’elle sans rien dire. Finalement elle me regarda avec une grande bonté, puis disparut.

Pellevoisin, treizième apparition – 5 novembre 1876 

C’est à la fin du rosaire que je pus voir la Vierge Marie. J’ai de suite pensé à mon indignité. Je pensais que d’autres personnes étaient sûrement beaucoup plus dignes que moi de recevoir Ses bénédictions. Je pensais que d’autres pourraient sûrement mieux que moi proclamer Sa gloire. 
Elle me regarda en souriant et me dit : « C’est toi que j’ai choisie » Ces paroles me rendirent très heureuse. Elle ajouta : « Je choisis les humbles et les doux pour proclamer Ma Gloire. Sois courageuse…. Elle croisa les mains sur sa poitrine et disparut.

Pellevoisin, quinzième apparition – 8 décembre 1876 

Je suis rentrée à la maison depuis quelques heures et je ne suis toujours pas remise de mes profondes émotions. Je ne reverrai sûrement plus jamais la Sainte Vierge sur cette terre. Personne ne peut comprendre la souffrance que je traverse ! Mais… après la grande messe, Elle m’apparut plus belle que jamais. Après le silence habituel, Elle dit : « Ma fille, te rappelles-tu mes paroles ? » Tout ce que la Vierge m’avait dit réapparut clairement à mon esprit et tout spécialement ces paroles : «  Je suis toute miséricordieuse et toute maîtresse de mon Fils. Son cœur a tant d’amour pour moi qu’il ne peut refuser mes demandes. Pour moi, il touchera les cœurs les plus endurcis. Je suis venue particulièrement pour la conversion des pécheurs. Les trésors de mon Fils sont disponibles pour tous ; si seulement ils voulaient prier (montrant le scapulaire). J’aime beaucoup cette dévotion. Je leur demande à tous de venir trouver le repos et la paix ; ceci est aussi vrai pour l’Eglise de France.

Au-delà de ces mots je pus aussi comprendre d’autres secrets. Elle me regarda et dit : «  Répète-toi souvent ces choses ; elles t’aideront pendant les temps difficiles. Tu ne me verras plus ». Je m’écriai : « Que vais-je devenir, Sainte Vierge ? » Elle répondit : «  Je resterai avec toi, mais d’une manière invisible. »  - Je vis quantité de personnes qui m’étaient hostiles, me menaçant ; cela m’effraya. La Sainte Vierge sourit et dit : «  Tu ne dois pas avoir peur de ces gens ; je t’ai choisie pour proclamer ma gloire, ainsi que pour répandre cette dévotion. » En prononçant ces mots, elle tenait le scapulaire entre ses mains. Elle essayait tellement de m’encourager que je dis : « Mère bien-aimée, accepteriez-vous de me donner ce scapulaire ? » Elle fit comme si Elle ne m’avait pas entendu. Elle dit : «  Viens embrasse-le » Je me levai très rapidement. La Sainte Vierge se pencha vers moi pour me permettre d’embrasser le scapulaire. Ce moment fut extraordinaire pour moi.

S’en référant au scapulaire, la Sainte Vierge dit : « Va trouver le prélat et présente-lui le modèle que tu as fait et dis-lui que je préfère t’aider plutôt que de voir comment certains de mes enfants le portent…Vois les grâces que Je déverserai sur tous ceux qui le porteront avec confiance et qui répandront ma dévotion. » Pendant qu’Elle prononçait ces mots, Elle étendit les mains et une pluie commença à tomber abondamment ; sur chaque goutte était inscrite une grâce : santé, confiance, respect, amour, sainteté, toutes les grâces que l’on peut imaginer. Puis elle ajouta : ce sont des grâces de mon Fils. Je les puise dans Son Cœur. Il ne peut rien me refuser. J’ai alors demandé : «  Mère, que dois-je mettre au revers du scapulaire ? » La Sainte Vierge répondit : «  Je me suis réservée ce côté. Je te demande d’y penser. Fais ensuite part à la Sainte Eglise de ce qui te sera venu à l’esprit et Elle-même décidera. » Je sentais que la Sainte Vierge allait partir et j’étais profondément triste. Elle s’éleva doucement en continuant à me regarder ; puis elle me dit : «  Courage, si le prélat ne fait pas ce que tu souhaites, va trouver un autre prélat plus élevé dans la hiérarchie. Ne crains rien, je t’aiderai. » Elle parcourut la pièce dans laquelle nous nous trouvions et finit pas disparaître à partir de l’endroit où se trouvait mon lit.

Estelle Faguette est décédée à Pellevoisin, le 23 août 1929, à l’âge de 86 ans