MARIE MERE DE DIEU

Certains mouvements chrétiens reprochent aux catholiques et aux orthodoxes l’attribution du titre de « Mère de Dieu » à Marie, soupçonnant ce titre d’une origine douteuse.
Il est juste de dire que, pour les chrétiens de tradition, ce titre définit en partie la place qu’occupe Marie dans l’histoire du salut, mais que savons-nous exactement du sens que lui donne la Tradition chrétienne ? Nous nous proposons de situer Marie dans l’économie à partir d’un regard sur ce titre.

Origine du titre

Éléments historiques

Pour l’origine de l’emploi de théotokos dans le christianisme il faut remonter à Alexandre d’Alexandrie en 325. C’est la source la plus rigoureuse que nous ayons car les textes d’Hyppolyte de Rome et d’Origène mentionnant cette formulation ne sont pas fiables sur ce point : les copies de ces manuscrits suggérant une interpolation du terme après coup. Toutefois le Sub Tuum, qui selon les dernières recherches remonterait aux alentour de 280, est lui aussi un témoin important de ce titre :

Ὑπὸ τὴν σὴν εὐσπλαγχνίαν,
καταφεύγομεν, Θεοτόκε.
Τὰς ἡμῶν ἱκεσίας,
μὴ παρίδῃς ἐν περιστάσει,
ἀλλ᾽ ἐκ κινδύνων λύτρωσαι ἡμᾶς,
μόνη Ἁγνή, μόνη εὐλογημένη.

Sous ta miséricorde,
nous nous réfugions, Mère de Dieu.
Ne repousse pas
nos prières dans la nécessité,
mais du danger, libère-nous :
toi seule chaste, toi seule bénie.

À partir du IVème siècle le titre se répand dans toute la chrétienté pour se porter d’un usage courant à la fin de ce siècle, il est particulièrement prisé par les alexandrins (Athanase, Sérapion de Thmuis, Didyme l’Aveugle), mais aussi en Arabie (Tite de Bostra), en Palestine (Eusèbe de CésaréeCyrille de Jérusalem), en Cappadoce (Basile de Césarée, Grégoire de Tarse, Sévérien de Gabala) et même par les ariens (Asterius le Sophiste). Il faudra attendre la crise nestorienne pour voir ce titre remis en question.

Définition du terme Θεοτόκος antérieur au concile d’Éphèse

La tradition chrétienne antérieur au concile d’Éphèse a toujours compris le titre deThéotokos du côté de la génération humaine, Marie n’étant pas mère selon la divinité mais selon l’humanité de Jésus, Marie est « accoucheuse de Dieu ». Pour les Pères de l’Église il était clair que Marie était une personne historique, il ne pouvait donc se faire aucune analogie avec une déesse.

Remarques sur les influences extérieures au christianisme

La conception du concile d’Éphèse ne se réfère donc pas à un culte des déesses du moment ou encore avec celles qui ont précédés : « la grande mère », Artémis, Astarté, Isis, etc. Épiphane de Salamine – le premier père de l’Église par lequel nous a été transmis un témoignage sur la virginité perpétuelle de Marie – aura l’occasion d’exprimer très clairement sa position en condamnant les mouvements Philomarianistes et Collyridiens d’hérésie : ces deux mouvements avaient comme point commun de considérer Marie comme une déesse et lui offrait des pains en sacrifice.

Bien sûr, ces anciens cultes païens sont des terrains favorables pour un développement marial : de même que les triades romaines ou celtiques ont pus être des concepts culturels préparant des peuples païens à la conception d’un Dieu trinitaire, de même certains éléments païens ont pu être des points d’appui pour expliciter la place de Marie dans le dessin de Dieu. Les Écritures elles-mêmes utilisent des mythes déjà présent dans le moyen orient, comme le mythe de Gilgamesh, racontant comment un héros se fait voler son éternité par un serpent rusé, ce même mythe, antérieur au livre de la Génèse, décrit encore un déluge. Il en va de même pour les anges qui ne sont pas un concept purement biblique : ceux-ci sont omniprésents dans tous les cultes du moyen-orient. Mais tout cela n’enlève pas la spécificité du message chrétien, qui donne un sens renouvelé à ces matériaux. À la suite des Écritures, le christianisme dans son expansion entre en dialogue avec des cultures déjà établies, se servant opportunément de symboles qui leur sont propres, rectifiant au passage ces concepts pour en dégager une signification renouvelée située dans la ligne du donné révélé.

Le concile d’Éphèse : un enjeux christologique

Rappelons que le concile d’Éphèse n’est pas centré sur une approche mariale mais christologique : l’enjeu du concile d’Éphèse étant de tenir la réalité de l’union des natures – divines et humaines – dans le Christ face à une pensée nestorienne cherchant à distinguer le Verbe de Dieu de l’homme Jésus. En effet pour Nestorius Marie ne pouvait pas être Θεοτόκος (théotokos) mais seulement Chritotokos (« mère du Christ ») , c’est à dire mère de l’homme en qui a résidé le logos :

Plusieurs d’entre vous souhaitent apprendre de moi-même s’il faut donner à la Vierge Marie le titre de Mère de Dieu ou celui de Mère de l’homme. Qu’ils écoutent ma réponse : Dire que le Verbe divin, seconde personne de la sainte Trinité, a une mère, n’est-ce pas justifier la folie des païens qui donnent des mères à leurs dieux ? Dieu, pur esprit, ne peut avoir été engendré par une femme ; la créature n’a pu engendrer le Créateur. Non, Marie n’a point engendré le Dieu par qui est venue la rédemption des hommes ; elle a enfanté l’homme dans lequel le Verbe s’est incarné, car le Verbe a pris chair dans un homme mortel ; lui-même n’est pas mort, il a ressuscité celui dans lequel le Verbe s’est incarné. Jésus est cependant un Dieu pour moi, car il renferme Dieu. J’adore le vase en raison de son contenu, le vêtement en raison de ce qu’il recouvre ; j’adore ce qui m’apparaît extérieurement, à cause du Dieu caché que je n’en sépare pas.

L’enjeu était de taille car si la réalité de cette union dans le Verbe incarné n’était pas effective alors le Christ n’était pas médiateur entre Dieu et les hommes. Nous le voyons la problématique du concile d’Éphèse est avant tout christologique et ce concile tranchera la problématique en faveur d’une unité substantielle du Christ ce qui aura comme conséquence de confirmer le titre de Marie Θεοτόκος dans les limites de la définition évoquée plus haut :

Car ce n’est pas un homme ordinaire qui a d’abord été engendré de la sainte Vierge et sur lequel ensuite le Verbe serait descendu, mais c’est pour avoir été uni à son humanité dès le sein même qu’il est dit avoir subi la génération charnelle, en tant qu’il s’est approprié la génération de sa propre chair.  C’est ainsi qu’ils [les saints pères] se sont enhardis à nommer la sainte Vierge Mère de Dieu, non que la nature du Verbe ou sa divinité ait reçu le début de son existence à partir de la sainte Vierge, mais parce qu’a été engendré d’elle son saint corps animé d’une âme raisonnable, corps auquel le Verbe s’est uni selon l’hypostase et pour cette raison est dit avoir été engendré selon la chair ».

Si donc Jésus est vraiment Dieu alors Marie est vraiment « Mère de Dieu », mais non pas mère dans le sens où elle serait à l’origine de la divinité du Christ mais mère dans le sens où elle est totalement à l’origine de son humanité.

Au fond le concile ne fait que confirmer un donné scripturaire mais qui dans un contexte donné a du être précisé :

Comment m’est-il accordé que la mère de mon Seigneur (ἡ μήτηρ τοῦ κυρίου μου) vienne auprès de moi ? (Lc 1, 43).

Quand on connaît l’importance que revêtait le mot « Seigneur » dans la bible – terme auparavant réservé par les juifs à Dieu seul et désignant donc le Christ comme égal à Dieu – on comprend mieux la préoccupation du concile d’Éphèse de vouloir préserver la foi chrétienne sur ce point crucial de l’union des natures humaine et divine du Christ, condition indispensable faisant de lui non pas un simple intermédiaire mais notre unique médiateur auprès de Dieu :

Mais quand vint la plénitude du temps, Dieu envoya son Fils, né d’une femme, né sujet de la loi, afin de racheter les sujets de la Loi, afin de nous conférer l’adoption filiale (Ga 4, 4-5).

Conclusion

Disons-le : cette simple relecture du concile d’Éphèse – en nous permettant de lire la spécificité du titre de Marie « Mère de Dieu » – suffit amplement pour écarter une confusion avec les récits mythologiques de l’époque. On pourra toujours trouver une religion ayant des éléments semblables avec la foi chrétienne ou exploitant un symbole ou un titre identique. Mais les critiques adressées sur ce plan au culte marial valent dans une large mesure pour les titres et récits de l’Ancien testament : Titre de « Dieu très haut », Seigneur des armées, la Génèse et son rapport avec le mythe de Gilgamesh, les anges et les croyances babylonienne en des puissances, etc. Il faut plutôt se poser la question de la spécificité de ces titres pour la révélation chrétienne.

SAINTE GENEVIEVE

Née à Nanterre en 422, morte à Paris en 512, Geneviève est issue d’une famille noble et instruite. Retirée à la mort de son père chez une parente parisienne, elle mène très tôt une vie ascétique et consacrée à Dieu tout en gardant son activité politique. Elle fait en effet partie du conseil municipal de la ville de Nanterre, puis de Paris, charge qu’elle a héritée de son père. En 451, Attila s’apprête à mettre le siège devant Paris. La renommée qui le précède fait craindre le pire : il vient de prendre la ville de Metz qu’il a livrée au pillage et totalement incendiée.

 Au milieu du désarroi général, Geneviève garde son sang-froid et exhorte les Parisiens, mais surtout les Parisiennes, à tenir bon : "Que les hommes fuient s’ils le veulent et s’ils ne sont plus capables de se battre. Pour nous les femmes, nous prierons Dieu tant et tant qu’il entendra nos supplications". La confiance et la persévérance de la prière féminine sont récompensées : Attila lève le siège !

Femme de foi et de paix

Pendant toutes ces années, Geneviève institue le culte de saint Denis et construit une église sur son tombeau, au nord de la ville. En 465, elle évite le ralliement de Paris aux Ariens tout en préservant, face à Childéric, l’indépendance de la ville. En 486, elle négocie la paix avec Clovis mais, une fois encore, lui interdit l’entrée dans Paris malgré un nouveau siège. Ce n’est qu’après sa conversion que Geneviève ouvre toutes grandes les portes de la ville à Clovis et à Clotilde. Elle le convaincra de faire construire une église sur le point culminant du quartier latin de Paris.

C’est là, sur le mont Sainte-Geneviève, qu’elle sera enterrée aux côtés de Clovis. Le culte de Geneviève, gardienne et patronne de Paris, se répand. C’est grâce à elle – dit-on – qu’en 885 les Normands lèvent le siège devant Paris exsangue. Grâce à elle encore qu’en 1130, les Parisiens qui touchent sa châsse guérissent d’une terrible intoxication à l’ergot de seigle que l’on appelle alors "le mal des ardents".

Les miracles attribués de son vivant

On attribue à Sainte Geneviève de nombreux miracles tant de son vivant qu'après sa mort. Cinquante-deux miracles ont été recensés de son vivant et trois au moment de son décès. Beaucoup d'entre eux sont de "nature" bibliques dans la mesure où leurs sujets et leurs circonstances ressemblent beaucoup à ceux du nouveau testament tels que décrits dans les évangiles. 

Premier miracle: Sainte Geneviève rend la vue à sa mère, pleine de foi et de repentir. Le premier miracle de Geneviève : Elle guérit sa mère pleine de foi et de repentir. La mère de Geneviève voulant empêcher sa fille de se rendre à l’église pour un office important, se heurta à la résistance de la petite, soucieuse, avec la grande rigueur de son âge, d’accomplir scrupuleusement son vœu de don total à Dieu, et sa promesse à l’évêque, frappa sa fille dans un moment de colère. Geste malheureux qui fut puni, aussitôt par la perte de la vue. Or ce fut le premier miracle de Geneviève que de rendre la vue à sa mère quelques mois après cet événement riche de symbole : mue, elle aussi probablement par une inspiration divine, celle-ci pria sa fille d’aller lui chercher de l’eau au puits puiser pour elle de l’eau à la fontaine, et quelle ne fut pas son émerveillement, et son humble gratitude lorsque, sa fille ayant tracé d’un signe de croix sur la cruche, recouvra la vue aussitôt après que Geneviève lui eut eu appliqué l’eau sur les yeux. ! Ce prodige n’était que le gage, il est vrai très prometteur, d’une longue série de miracles ou de faits surnaturels qui allaient jalonner toute la vie de Geneviève.

La sauvegarde de Paris:
Au printemps 451, les Huns franchissent le Rhin. Auparavant, ils ont détruit Cologne en faisant un véritable carnage. Ils incendient Metz le 13 avril, Verdun, Laon, St-Quentin, Reims et franchissent la Marne. Puis apprenant que Paris était défendu, ils optent pour attaquer Orléans directement, passer la Loire et prendre les terres Wisigothes d'Aquitaine. C'est à Orléans, le 24 juin 451 qu'ils seront vaincus par Aetius, arrivé d'Italie. Avertie du passage des Huns, Geneviève est intervenue pour empêcher, après le départ des armées romaines, la fuites des hommes en âge de défendre la ville.
La clairvoyance de Geneviève lui attira la bienveillance du peuple de Paris. Elle a jouit, depuis, d'un grand prestige et d'une grande autorité.

Les miracles de Saint-Denis:
Sur la route de Senlis, au nord de Paris, se trouvait la tombe du martyr Denis dans un cimetière public. Elle demanda que l'on bâtisse en ce lieu une basilique en son honneur.
Saint-Denis fût l'un des sept évangélisateurs de la Gaule au IIIe siècle et le premier évêque de Paris. Martyr, il aurait été décapité avec ses compagnons Éleuthère et Rustique, sur le mont des Martyrs (Mons Martyrum: Montmartre), et aurait porté sa tête à l'endroit où fut édifiée, par Dagobert, la première basilique de Saint-Denis. Son identification ultérieure avec Denys l'Aréopagite joua un rôle dans les controverses théologiques du Moyen Âge. Fête le 9 octobre. Aux réticences de tous devant les difficultés d'approvisionnement en matériaux de construction, elle répliqua qu'on l'informe de la disponibilité des pierres à chaux indispensables.
D'anciens fours à chaux et des carrières voisines furent retrouvés à cette occasion permettant le commencement de la construction.
Enfin, un jour que les charpentiers manquaient de boisson, Geneviève multiplia les coupes d'eau, permettant aux ouvriers de se désaltérer.

Le miracle des cierges:
Le miracle des douze possédés:
On amena un jour à Geneviève douze personnes, hommes et femmes, possédés par les démons. En pleine prière pour les délivrer, Sainte Geneviève vit les douze personnages entrer en lévitation et ordonna qu'on les conduise à Saint-Denis. Là, elle les signa un par un et furent délivrés sans délais.

Le miracle de Laon:
Les prisonniers de Childéric:
Childeric, roi des Francs et résidant à Paris fit arrêter des prisonniers et ordonna qu'on les tue en dehors des murs. Pour s'assurer de la neutralité de la population il fit fermer les portes de la ville. Geneviève avertie, tenta de sortir et arrivant devant les fortifications, vit la porte s'ouvrir toute seule. Elle partit rejoindre Childeric à qui elle arracha la libération des prisonniers.

La consécration de Céline à Meaux:
Geneviève rendait visite à Céline qui résidait à Meaux pour recevoir sa consécration de Vierge. Le fiancé de Céline apprenant cela, se répandit en protestations puis en menaces. Elles se sauvèrent vers la baptistère de la Cathédrale, ouvert par hasard. Dès lors, Celine persévera dans la chasteté et l'abstinence. Des domestiques de Céline furent par la suite guéris miraculeusement.

La résurrection du catéchumène:
Un jeune catéchumène de quatre ans était tombé dans un puits. Au grand désespoir de sa mère, on l'en avait ressorti mort. Alors qu'on avait rapporté son corps à Geneviève, il fût ramené à la vie après que Geneviève fût entrée en prière.

L'épisode de l'approvisionnement en blé de Paris:
La relation de cet épisode de la vie de Sainte Geneviève rapporte plusieurs miracles. Les Francs, par leur présence permanente dans l'est et en Ile de France entre 470 et 480, avaient fini par couper les relations commerciales traditionnelles de Paris. Les approvisionnements alimentaires venant à manquer, Geneviève se rendit à Arcis-sur-Aube pour négocier un ravitaillement. Elle réquisitionna des bateaux et remonta la Seine. Arrivée là-bas, elle fût reçue par le tribun Passivus. Sa femme étant malade, Geneviève se mit en prière et sur un signe de croix, lui ordonna de se lever, se trouvant guérie. Elle négocia sur place le blé nécessaire, réalisant ici ou là de multiples miracles. Repartant d'Arcis, les barques trop chargées, l'équipage se mit à prendre l'eau, menaçant de couler. Tendant les mains vers le ciel, Geneviève implora le secours du Christ et la flotille repris sur le champ une navigation normale.

Les miracles posthumes qui lui sont attribués
De nombreuses guérisons furent obtenues sur sa tombe et à l'occasion de la translation de sa châsse.

Le miracle des inondations de 822
Aux temps de l'évêque INCHADE, de 814 à 829, eurent lieu en 822 d'exceptionnelles inondations. Alors que ses clercs parcouraient la ville à la recherche d'une église pour célébrer la messe, l'un d'eux, Richard, qui prévint son évèque, visitant l'ancienne maison de Geneviève occupée par un couvent vers la pointe est de l'Ile de la Citéinondée, fut stupéfait de constater que l'eau formait une voûte au-dessus de son lit. Tandis qu'on rendait grâce à Dieu pour ce prodige, l'eau se mis à refluer et les inondations cessèrent. 

886: Le miracle des Normands.
Les Danois commandés par Sigefroy remontant par la Seine ravageaient la Neustrie et avaient obtenu du sire Aledrand la reddition de Pontoise, décida de faire le siège de Paris. La ville insérée dans les iles de la Seine était traversées par deux ponts chacun protégés par deux 'chatelets'. Les troupes de Pontoise qui s'étaient rendues avaient eu la vie sauve et s'y étaient réfugiées avec une grande partie de la noblesse d'ILe de France. Les Normands abordèrent l'Ile de la Cité en 885 à l'aide de quelques 700 barques qui occupaient sept lieues vinrent s'ajouter au siège de Sigefroy alors que celui-ci avait décidé de se retirer à la suite de lourdes pertes. Paris se défendait sous l'autorité du compte Eude, frère de Robert le Fort, de l'Evêque GOSSELIN et de l'Abbé de Saint-Germain-des-Prés.
Après un an de siège, les Normands tentèrent un assaut général à l'été 886. Les châsses de Sainte Geneviève furent amenées en hâte à la pointe est et celle de Saint Germain à l'ouest. Un chevalier nommé Gerbold repousse les assaillants avec cinq hommes seulement à l'est, pendant que ceux qui avaient pris pied à l'ouest sont refoulés avec de lourdes pertes. Ces faits d'armes, qui sauvèrent Paris, sont attribués aux deux saints. 

1130: Le miracle des Ardents.
En 1130, le fléau de la maladie dite 'des Ardents', provoquée par l'ergot de seigle, fit 14000 morts à Paris sous le règne de Louis le Gros. L'évêque de l'époque, Pierre de Senlis, ordonna sans succès jeûnes et processions. Il finit par obtenir la descente de la châsse de Sainte Geneviève que l'on emmena à Notre-Dame. Sur le parvis, sur 103 malades ayant effleuré la châsse, cent furent guéris SUR LE CHAMP sauf trois incrédules devant une foule nombreuse venue participer à la procession. Le Pape Innocent II décida d'instituer chaque 26 novembre une fête annuelle en commémoration du miracle. 

1491: La guérison d'Erasme
Innombrables sont les miracles qui se produisirent devant les reliques de sainte Geneviève. Parmi les miraculés, Erasme, grand humaniste et érudit des XVe-XVIe siècles.
Alors étudiant au collège Montaigu (futur Louis le Grand), Erasme, ayant été atteint d'une fièvre "quarte", décida d'assister à une procession de la châsse de Sainte Geneviève entreprise pour parer aux inondations de Paris. Il fût guéri sur le champ et pour remercier la sainte de sa guérison, écrivit en vers latins une Ode en son honneur qu'il ne publia que logtemps après. Dans sa lettre à un certain Nicolas Werner, il parle de sa guérison miraculeuse et décrit la procession du 12 janvier 1491 au cours de laquelle cette dernière se produisit. 

1496: La guérison de Pierre DUPONT
Pierre DUPONT, l'aveugle de Bruges, atteint de la peste fût guéri par l'intercession de Sainte Genevève.
Il écrivit , en reconnaissance, un poëme en neuf chants publié en 1512. 

1730: La guérison de Denis Paitou
Savant et jésuite, Denis Paitou, en reconaissance de sa guérison obtenue auprès des reliques de sainte Geneviève, recueillit des hymnes et les publia en 1638 sous le titre "Genovefa, patronne de Paris glorifiée par les offices latins et grecs" 

1730: La guérison de Louis XV
Novembre 1744: Louis XV a contracté une grave maladie à Metz et guérit miraculeusement après avoir invoqué Sainte Geneviève. 

1914: Le miracle du Triduum de septembre 1914
Devant les risques de l'offensive allemande, l'évêque de Paris, organise un triduum (trois jours de prières) à Saint-Etienne-du-Mont. La même semaine, On vit les deux ailes des troupes allemandes être bloquées dans leur avance:
Le général Joffre a créé une nouvelle armée dans Paris, la VIe, commandée par le général Maunoury. Gallieni va employer celle-ci pour mener une attaque sur le flanc de l'armée allemande de Von Kluck, à partir de la Marne, entre Nanteuil-le-Haudouin et Meaux, l'après-midi du 5 septembre. Attaquée à son tour en force à partir du 7 septembre, la VIe Armée française résiste jusqu'au 9, grâce, entre autres, à l'envoi de 10 000 hommes de la garnison de Paris transportées par les sept cents taxis de la capitale réquisitionnés. Finalement, le 9 septembre, la VIe armée, battue, se replie derrière la Marne. Les deux armées allemandes, de Von Bülow et Von Kluck, suite à une erreur de stratégie, vont être à leur tour contraintes au repli au 13 septembre 1914. C'est curieusement près du Collège de Juilly, où s'installera un hôpital de campagne américain, que l'avance allemande devait être stoppée. A l'est, l'aile gauche buta sur Nancy et en particulier la colline Sainte-Geneviève.
Trois grandes batailles eurent lieu sur le site du village de Sainte-Geneviève en Meurthe-et-Moselle. La première en 361 vit la victoire du général romain Jovin sur les Alamans. Puis, après le passage d'Attila au 4ème siècle, le lieu-dit pris le nom de Sainte-Geneviève. A la suite de quoi, les 6 et 7 septembre 1914, les troupes allemandes subirent un échec cuisant que les habitants de Sainte-Geneviève, détruite, qualifièrent de miraculeux. Le 19 août 1914, la 59 ème division de réserve se retranche sur la colline Sainte-Geneviève qui constitue un excellent point d'observation et de défense au Nord du Grand-Couronné. La colline est bombardée à partir du 22 août. Le 24 au soir les troupes allemandes donnent l'assaut, mais elles sont repoussées. Le 5 et le 6 septembre 1914, la crête de Sainte Geneviève subit de violentes attaques et des bombardements. L'attaque est repoussée, mais le 6 la crête est prise à revers par les tirs d'artillerie depuis la rive gauche (le bois de la Cuite entre Blénod les Pont à Mousson et Dieulouard) occupée par les soldats allemands. Le commandant Maurice de Montlebert qui commande le 314 R.I. refuse d'abandonner la position sans un ordre écrit. Blessé, il est contraint, sur ordre impératif, de quitter Sainte Geneviève et Loisy le 7 au matin. Cependant les troupes allemandes n'en profitent pas pour prendre cette position, qui est à nouveau occupée par les soldats français dès le soir même. 

LA VIERGE DES PAUVRES DE BANNEUX

Mariette BECO est née le 25 mars 1921. Elle est l'aînée d'une famille de sept enfants. La famille connaît des conditions de vie difficiles et habite une modeste maison ouvrière isolée, située en retrait de la route, à l'écart du village de Banneux, en face d'un grand bois de sapins. Le soir du dimanche 15 janvier 1933, Notre-Dame apparaît pour la première fois dans le jardin de la petite maison. Elle appelle Mariette par un signe de la main, mais la maman de Mariette lui défend de sortir. Le mercredi 18 janvier à 19h, Mariette est dans le jardin et prie à genoux. Tout à coup, Mariette quitte le jardin et s'engage sur la route où l'appelle la Dame. A deux reprises sur le chemin, elle tombe à genoux. Une troisième fois, elle se met à genoux près du fossé, devant une " flaque " d'eau provenant d'une source. La Dame lui parle : " Poussez vos mains dans l'eau ". Mariette le fait et répète ce que la Dame lui dit : " Cette source est réservée pour moi. Bonsoir, au revoir". Jeudi 19 janvier, le temps est très mauvais. Mariette est à genoux dans le sentier. La Dame apparaît. Mariette lui demande : " Qui êtes-vous, belle Dame ? " " Je suis la Vierge des Pauvres. " La Vierge conduit l'enfant par le chemin jusqu'à la source. Mariette interroge encore : " Belle Dame, vous m'avez dit hier : cette source est réservée pour moi. Pourquoi pour moi ? " Mariette se désigne, croyant que la source est pour elle. Avec un sourire, la Vierge répond : " Cette source est réservée pour toutes les Nations ... pour soulager les malades. " " Merci, merci " dit Mariette. La Vierge ajoute : " Je prierai pour toi. Au revoir". Le vendredi 20 janvier, Mariette reste au lit toute la journée : elle a mal dormi. A 18H45, elle se réveille, s'habille et sort. Quand la Vierge apparaît, Mariette s'écrie : " Oh, la voici." Puis elle demande : " Que désirez-vous ma belle Dame ? " Souriante, la Vierge répond : " Je désirerais une petite chapelle." La Vierge étend ses mains et de la main droite bénit l'enfant. Suivent trois semaines de grand calme. La Vierge interrompt ses visites. Mariette, cependant, reste fidèle : chaque jour à 19H, elle prie dans le jardin. Samedi 11 février, de nouveau, Mariette est entraînée sur la route. L'enfant s'agenouille deux fois, trempe ses mains dans l'eau à la source et fait un signe de croix. Elle se lève brusquement, court vers la maison et pleure. Elle ne comprend pas ce que la Vierge lui a dit : " Je viens soulager la souffrance." Elle ne comprend pas le mot " soulager ".  Mais elle sait que c'est quelque chose de bon, puisque la Vierge a souri. Trois jours se passent. Le soir du mercredi 15 février, la Vierge apparaît pour la sixième fois. Mariette transmet la demande de l'abbé Jamin : " Sainte Vierge, Monsieur le Chapelain m'a dit de vous demander un signe." La Vierge répond : " Croyez en moi, je croirai en vous." Elle ajoute pour Mariette : " Priez beaucoup. Au revoir." La Vierge confie un secret à l'enfant. Le 20 février, Mariette est à nouveau à genoux dans la neige, bravant le froid. Soudain, elle prie plus haut et plus vite. Elle quitte le jardin, s'agenouille deux fois sur la route puis à la source où elle prie et pleure " parce que Marie s'en va trop vite." La Vierge souriante comme à l'ordinaire, lui dit : "Ma chère enfant, priez beaucoup." Après quoi, elle cesse de sourire et ajoute, avant de partir et d'une voix plus grave : "au revoir." Mariette attend dix jours avant de revoir la Vierge une dernière fois. Elle apparaît le jeudi 2 mars. Il pleut à torrent depuis 15h. Elle sort à 19h. Elle en est au troisième chapelet quand il cesse subitement de pleuvoir. Elle se tait, étend les bras, se lève, fait un pas, s'agenouille. Dans la maison, après bien des pleurs, Mariette livre le message confié par Marie : " Je suis la Mère du Sauveur Mère de Dieu. Priez beaucoup". Avant de la quitter, la Vierge lui a imposé les mains en disant : " Adieu."

 

NOTRE DAME DES VICTOIRES

Décembre 1629 :
Louis XIII, fondateur de l’église

Louis XIII fonde Notre-Dame des Victoires en 1629. Le roi répond à l’appel des Augustins déchaussés, dits  » petits pères « , qui lui demandent l’argent nécessaire à la construction d’un nouveau couvent, sur les trois hectares qu’ils ont acquis entre la Porte de Montmartre et la Porte de Saint-Honoré, tout près d’un terrain consacré au jeu de paume, le Mail.

Louis XIII accueille leur requête à condition que l’église porte le nom de Notre-Dame des

Victoires, en action de grâces pour la victoire des troupes royales à La Rochelle. Le souverain attribue la reddition des huguenots à la prière et à la protection de la Vierge.

Le samedi 8 décembre 1629, le premier archevêque de Paris, Jean-François de Gondi, bénit les fondations de l’Eglise. Le dimanche 9 décembre, le roi en pose solennellement la première pierre, en présence des seigneurs de la Cour et des magistrats de la ville.

Dans le chêne

Dès la fondation de l’Eglise, une statue portant sceptre et couronne, sculptée dans le chêne de Notre-Dame de Montaigu (Brabant) où la Vierge s’était manifestée en 1505, est installée dans la chapelle du couvent, à l’initiative du jeune frère Fiacre. Elle suscite aussitôt une grande dévotion des fidèles.

Née un 8 décembre

Pour la pose de la première pierre par Louis XIII, une chapelle en charpente fut édifiée, et majestueusement ornée. Plusieurs tentes et de riches tapisseries vinrent décorer le lieu de la cérémonie.
Le 8 décembre 1629, veille de l’évènement, et fête de l’Immaculée » ou de la « Sacrée Conception » de la Vierge Marie (qui devint l’Immaculée Conception, après la proclamation du dogme, en 1854), l’archevêque de Paris, Mgr de Gondi, planta la croix à l’endroit destiné à la construction de l’église, en présence des trente religieux du couvent.:

Novembre 1637 :
La révélation de Frère Fiacre

Frère Fiacre, l’un des religieux augustins, voit la Vierge Marie lui apparaître. Elle lui présente  » l’enfant que Dieu veut donner à la France « , le futur Louis XIV, l’héritier tant espéré du royaume.

A quatre reprises, entre 1h et 4h du matin, le religieux aura devant les yeux la Mère du Christ accompagnée de l’enfant royal, puis de Jésus-Christ. C’est le cri d’un tout-petit qui a attiré l’attention du moine :

« Il tourna la tête du côté de la voix, rapporte le manuscrit des archives du couvent (conservé à la Bibliothèque Nationale, contresigné du vicaire général et du prieur de l’époque), et aperçut la Sacrée Vierge environnée d’une belle et agréable lumière, ayant un enfant dans les bras, vêtue d’une robe bleue semée d’étoiles, ses cheveux pendants sur ses épaules, trois couronnes sur sa tête, assise sur une chaise et qui lui dit :  » Mon enfant, n’ayez pas peur, je suis la Mère de Dieu « . Sur cela, il se jeta en terre pour adorer l’enfant qu’elle tenait entre ses bras, pensant que ce fut Jésus-Christ, mais la Vierge sacrée lui dit :  «  Mon enfant, ce n’est pas mon Fils, c’est l’enfant que Dieu veut donner à la France.  » Cette première vision lui dura bien un gros quart d’heure… ».

Dans cette révélation, qui est portée, non sans mal, à la connaissance de la reine et du roi, la Vierge demande trois neuvaines, à Notre-Dame des Grâces (à Cotignac, en Provence), Notre-Dame de Paris et Notre-Dame des Victoires. Frère Fiacre s’en acquitte du 8 novembre au 5 décembre 1637.

Le 5 septembre 1638, Anne d’Autriche donne naissance à un fils – Louis, Dieudonné – au château de Saint-Germain en Laye. La Gazette de France peut alors écrire, le fait n’ayant pu échapper à la Cour :  « il y a un an, un religieux avertit la reine qu’elle devait accoucher d’un fils.  
Toute sa vie, Frère Fiacre mettra les grâces de sa prière au service de la famille royale mais aussi des pauvres réclamant son intercession et de la paix, qui fut sa constante préoccupation.

Aux Armes de France

Après la révélation de Frère Fiacre, et alors que la grossesse de la reine était déclarée depuis quelques semaines, Louis XIII formula le vœu de consacrer la France à la Vierge Marie. Le 6 janvier 1638, le texte du Voeu royal fut adopté, puis signé le 10 février par le souverain, avec les lettres patentes fixant la consécration publique au 15 août de la même année, à Notre-Dame de Paris.

Trois siècles plus tard (15 août 1938), l’un des chefs de la maison de Bourbon, le prince Xavier, renouvela le geste de son illustre ancêtre en consacrant notre pays à Notre-Dame des Victoires, dans un texte solennellement déposé au pied de la Mère de Dieu. Le rouleau aux armes de France refléta, à l’époque, une évidente contestation politique. Il n’en reste pas moins l’un de ces actes de foi qui illustrent la dévotion mariale des princes de Bourbon.

Avril 1674 :
la vénération de Notre-Dame de Savone

De retour d’une mission royale en Italie, où il a découvert Notre-Dame de Savone, Frère Fiacre lui érige une chapelle à Notre-Dame des Victoires. Louis XIV en finance la construction. Elle est solennellement bénite le 2 avril 1674. Prosterné devant l’image vénérée, sculptée à Gênes, le religieux demande à la Vierge qu’elle soit dans cette église le refuge des pécheurs, et accorde à la France la même protection qu’aux habitants de l’Italie (la dévotion à Notre-Dame de Savone est née de l’apparition de la mère de Dieu à Antoine Botta, dans la vallée de Saint-Bernard, proche de Savone, le 18 mars 1536 ; apparue trois fois à Botta, la Vierge avait exhorté les populations à la pénitence et au jeûne).

La statue (vêtue d’un manteau blanc, la Vierge porte une couronne d’or) disparaît pendant la révolution avec les trésors du couvent, après que les religieux ont été chassés et l’église fermée. C’est seulement le 9 novembre 1809 que celle-ci retrouve son nom de Notre-Dame des Victoires après sept années de tractations avec la Bourse des valeurs, installée depuis 1796 dans l’église, par décision du Directoire.

 Décembre 1836 :
le Cœur Immaculé de Marie

Après quatre années d’apostolat, et alors qu’il désespère de sa paroisse, prêt à renoncer à son ministère, le curé, Charles-Eléonore Dufriche Desgenettes, montant à l’autel, entend l’ordre suivant, à deux reprises : « Consacre ta paroisse au Très Saint et Immaculé Cœur de Marie.  » Dans un acte de foi, l’abbé remet à la vierge la réussite pastorale de sa paroisse et crée en quelques jours une association de prières en l’honneur du Cœur Immaculé de la Très Sainte Vierge pour obtenir par la protection de Marie la conversion des pécheurs. Le 10 décembre 1836, l’archevêque de Paris, Mgr de Quélen en approuve les statuts.

Le lendemain, dimanche 11 décembre, choisi pour la première réunion de l’association, le curé de Notre-Dame des Victoires assiste à la multiplication des fidèles : près de 500 personnes l’attendent à l’heure des Vêpres, d’une profonde ferveur, quand la grand-messe du matin n’a réuni qu’une dizaine de paroissiens.

Ancien ministre

Voulant être sûr de la puissante intercession de la Mère de Dieu, le père Desgenettes demande un autre signe : la conversion d’un ancien ministre de Louis XVI, voltairien convaincu, M. Joly de Fleury. Il est exaucé en quelques jours. Par cette conversion, Marie signifie ce qu’Elle veut être à Notre-Dame des Victoires, le Refuge des pécheurs, comme cela a été le cas depuis la fondation de l’église.

Au coeur du dogme

L’extraordinaire extension, à travers le monde, de l’association de prière mariale fondée par l’abbé Desgenettes a-t-elle contribué à la définition du dogme de l’Immaculée Conception par Pie IX, le 8 décembre 1854 ?
Le pape savait avec quelle ardeur les fidèles avaient prié pour lui dans l’église du Très Saint et Immaculé Cœur de Marie, à l’instigation d’Hermann Cohen (fondateur de l’Adoration nocturne). Il n’ignorait pas que la première pierre du sanctuaire parisien fut posée un 8 décembre.

Un an avant la proclamation du dogme, le 9 juillet 1853, le pape avait fait l’offrande d’une nouvelle couronne à la Vierge de Notre-Dame des Victoires.

NOTRE DAME DE PONTMAIN

Les apparitions de la Vierge Marie à Pontmain le 17 janvier 1871 - Un temps de guerre et de misère

C’est en plein hiver et en pleine guerre que la Vierge Marie a visité son peuple plongé dans l’angoisse. Paris est assiégé, les Prussiens sont aux portes de Laval. Parmi les soldats français, c’est le désordre et la panique. Sur une population de cinq cents habitants, la paroisse de Pontmain a vu partir trente-huit jeunes appelés sous les drapeaux. Aux misères de la guerre s’ajoute une épidémie de fièvre typhoïde et de variole. Tout va mal. Au milieu de ce péril national, la France se met en prière. Les habitants de Pontmain n’ont aucune nouvelle de leurs jeunes soldats. Découragés, les paroissiens de Pontmain ne manquent pas de dire : «  On a beau prier, le Bon Dieu ne nous écoute pas ». Le 15 janvier 1871, à l’église, le curé avait entonné le cantique : « Mère de l’Espérance dont le nom est si doux, protégez notre France, priez, priez pour nous. » S’étant trouvé seul à chanter, le curé se retourna et exhorta ses paroissiens. Ces derniers finirent par chanter, mais en pleurant.

L’Apparition - 17 janvier 1871 Eugène Barbedette qui aidait son père, sort un moment de la grange pour voir le temps qu’il fait. Il contemple le ciel et voit un nombre incalculable d’étoiles alors qu’il n’est que 5 heures. Soudain, à sept ou huit mètres au-dessus de la maison d’un voisin, il aperçoit une Dame d’une beauté ravissante. Elle était vêtue d’une robe constellée d’étoiles d’or. Elle le regarde en souriant. « Qu’c’est beau ! », dira-t-il. Un ovale bleu avec quatre bougies entoure la belle Dame. Un voile de deuil encadre son visage fin et jeune. Elle porte une couronne d’or marquée d’un liseré rouge. Elle sourit. Eugène est captivé et émerveillé par le tendre regard de cette Dame qui le regarde en silence. 

Les villageois accourent. Le curé averti sort aussitôt du presbytère. Tout ému, il voit la Vierge. (Il la décrivit de la même manière que l’avaient fait les autres voyants). Une veillée de prières s’organise vite. Tout à coup une banderole se déroule dans le ciel. Lettre après lettre, un message s’inscrit pendant que la foule chante les litanies de la Vierge : 

« Mais, priez mes enfants, Dieu vous exaucera en peu de temps. Mon Fils se laisse toucher. »

Les villageois manifestent leur joie et la ferveur grandit. Mais bientôt le visage de Marie semble empreint d’une profonde tristesse. Elle montre Jésus ; une croix rouge apparaît avec Jésus tout sanglant. De ses deux mains, la Vierge Marie présente le crucifix aux enfants ; elle ne regardait plus l’assistance, mais elle abaissait ses yeux pour les fixer pleins de douleur, sur le Christ ensanglanté, tandis qu’une petite étoile allume les quatre bougies de l’ovale. Les gens continuent de prier ; on chante Ave Maris Stella. La croix finit par disparaître et Marie reprend l’attitude du début avec un geste de l’accueil. Tout le monde s’agenouille dans la neige pour poursuivre la prière. Bientôt un grand voile blanc apparaît et recouvre la Vierge entièrement. « Tout est fini » disent les enfants. Les gens du village retournent chez eux apaisés. Le saint curé rentre au presbytère tout ému et tout à fait convaincu de l’authenticité de l’Apparition de la Vierge Marie.

La nouvelle se répandit très vite dans toute la contrée comme dans toute la France. L’armistice sera signé onze jours plus tard  et les allemands ne sont pas entrés à Laval !  Les trente-huit soldats mobilisés dans la paroisse de Pontmain reviennent tous indemnes.

SAINT ANTOINE LE GRAND

Antoine le Grand ou Antoine d'Égypte est considéré comme le fondateur de l'érémitisme chrétien. Sa vie nous est connue par le récit qu'en a fait saint Athanase vers 360. Il serait né en 251 et mort en 356, ce qui le fait vivre en tout cent cinq ans. Fête le 17 janvier.

Né en Égypte à Qeman (Fayyoum) et fervent chrétien, dès l'âge de vingt ans il prend l'Évangile à la lettre et distribue tous ses biens aux pauvres, puis part vivre dans le désert en ermite dans un fortin à Pispir, près de Qeman. Là, à la manière du Christ, il subit les tentations du Diable; mais si pour le Christ cela ne dure que quarante jours, pour Antoine c'est beaucoup plus long et plus difficile, les démons n'hésitant pas à s'attaquer à sa vie. Mais Antoine résiste à tout et ne se laisse pas abuser par les visions tentatrices qui se multiplient.

En 312 il change de désert et va en Thébaïde, sur le mont Qolzum (où se trouve aujourd'hui le monastère Saint-Antoine). Le Diable lui apparaît encore de temps en temps, mais ne le tourmente plus comme autrefois. Vénéré par de nombreux visiteurs, Antoine leur donne à chaque fois des conseils de sagesse, les invitant à la prière plutôt qu'à la violence.

Les religieux ayant adopté le mode de vie solitaire de saint Antoine sont appelés anachorètes, s'opposant aux cénobites qui choisissent la vie en communautés monastiques.

La vie de saint Antoine et ses tentations ont inspiré de nombreux artistes, notamment Jérôme Bosch, Pieter Bruegel, Dali,max ernst, Matthias Grünewald, Diego Vélasquez. Gustave Flaubert lui a également consacré un récit (La Tentation de saint Antoine). Les artistes ont aussi souvent représenté sa rencontre avec saint Paul de Thèbes, peu de temps avant la mort des deux ermites (cathédrale de Chartres).

De nombreuses représentations du saint nous le montrent accompagné d'un cochon portant une clochette. Selon Émile Mâle (*), qui signale que cette tradition date de la fin du XIVe siècle, le cochon n'a rien à voir avec la vie du saint mais avec un ordre religieux fondé en Dauphiné en 1095 (les Antonins) : les porcs n'avaient pas le droit d'errer librement dans les rues, à l'exception de ceux des Antonins, reconnaissables à leur clochette.

En janvier 2006, pour la première fois, les reliques d'Antoine le Grand se deplaceront de la France (Arles) vers l'étranger, en Italie sur l'île d'Ischia.

SAINT SEBASTIEN

Saint Sébastien, né à Narbonne, a reçu le glorieux titre de Défenseur de l’Église romaine. On pense que, renonçant à une brillante carrière dans sa patrie, il entra dans l’armée afin de pouvoir plus facilement servir ses frères dans sa foi.

Ses grandes qualités le firent bientôt connaître à la cour ; il s’y distingua et devint en peu de temps un des favoris de Dioclétien qui le nomma capitaine de la première compagnie de ses gardes. Cette position favorisa ses desseins. Bon nombre de chrétiens lui durent de ne pas faiblir devant les supplices : il fut pour les païens l’occasion d’une foule de conversions : la grâce de Dieu était en lui, et le Ciel confirmait son zèle par les miracles.

Un apostat le trahit enfin, et il fut traduit comme chrétien devant l’empereur. Sébastien parut sans frayeur en face du tyran, et se proclama disciple de Jésus-Christ : "Quoi ! lui dit Dioclétien, je t’ai comblé de mes faveurs, tu habites mon palais, et tu es l’ennemi de l’empereur et des dieux ? — J’ai toujours invoqué Jésus-Christ pour votre salut et la conservation de l’empire, reprit Sébastien, et j’ai toujours adoré le Dieu du Ciel."

L’empereur, écumant de rage, le livra à une troupe d’archers pour être percé de flèches. Tout couvert de blessures, on le laissa pour mort, baigné dans son sang. Mais, recueilli par une dame chrétienne, il fut bientôt providentiellement guéri. Il alla lui-même se présenter devant Dioclétien, qui, stupéfait de le voir, lui dit : "Quoi ! Tu es Sébastien, que j’avais ordonné de faire mourir à coups de flèches ? — Le Seigneur, dit Sébastien, m’a guéri, afin de protester, en présence de tout le peuple, contre l’injuste persécution dont vous accablez les chrétiens, qui sont les meilleurs et les plus fidèles citoyens de l’empire."

L’empereur le fit traîner dans le cirque, pour y être assommé à coups de bâton. Ce fut le 20 janvier 288 qu’il acheva son sacrifice. — On l’invoque avec succès contre la peste et les maladies contagieuses.

SAINTE MARTINE

Sainte Martine naquit à Rome de parents illustres. Son père avait été trois fois consul et s’était distingué par une foi vive et une charité ardente. Après sa mort, Martine vendit ses biens et consacra l’argent à des oeuvres de miséricorde. L’empereur Alexandre régnait et persécutait les chrétiens. Des gens occupés à rechercher les serviteurs de Jésus-Christ trouvèrent sainte Martine en prières dans une église et l’arrêtèrent. Comme elle ne fit aucune difficulté de les suivre, ils crurent avoir fait une conquête ; mais, conduite à l’empereur, elle refusa de sacrifier aux idoles ; celui-ci ne l’en fit pas moins conduire au temple d’Apollon. En y entrant, Martine, s’armant du signe de la Croix, pria Jésus-Christ, et à l’instant il se fit un effroyable tremblement de terre qui renversa une partie du temple et brisa l’idole. L’empereur, irrité, commanda qu’on frappât la vierge à coups de poings et qu’on l’écorchât avec des ongles de fer ; Martine souffrit avec une telle patience, que les bourreaux, lassés, furent remplacés par d’autres qu’une lumière divine renversa et convertit.

Conduite de nouveau devant l’empereur, Martine refusa pour la seconde fois de sacrifier aux idoles ; Alexandre la fit attacher à quatre pieux et fouetter si cruellement et si longtemps que les bourreaux s’arrêtèrent de fatigue. Martine fut reconduite en prison, et on versa dans ses plaies de l’huile bouillante ; mais des Anges vinrent la fortifier et la consoler. Le lendemain, la vierge fut conduite au temple de Diane que le démon quitta aussitôt avec des hurlements horribles, en même temps la foudre renversait et brûlait une partie du temple avec ses prêtres. L’empereur, effrayé, laissa Martine aux mains du président Justin qui la fit si cruellement déchirer avec des peignes de fer, qu’il la crut morte ; mais s’apercevant qu’il se trompait : "Martine, lui dit-il, ne veux-tu pas sacrifier aux dieux et te préserver des supplices qui te sont préparés ? - J’ai mon Seigneur Jésus-Christ qui me fortifie, et je ne sacrifierai pas à vos démons." Le président, furieux, commanda de la reconduire en prison.

L’empereur, informé de ce qui s’était passé, ordonna que Martine fût menée dans l’amphithéâtre afin d’y être exposée aux bêtes ; mais un lion, qu’on lâcha pour la dévorer, vint se coucher à ses pieds et lécha ses plaies ; mais comme on le ramenait à son antre, il se jeta sur un conseiller d’Alexandre et le dévora. Ramenée en sa prison, Martine fut encore une fois conduite au temple de Diane, et comme elle refusait toujours de sacrifier, on déchira de nouveau son pauvre corps dont on voyait tous les os. "Martine, lui dit un des bourreaux, reconnais Diane pour déesse, et tu seras délivrée. - Je suis chrétienne et je confesse Jésus-Christ." Sur ces paroles, on la jeta dans un grand feu préparé à l’avance, mais le vent et la pluie, qui survinrent à l’instant, dispersèrent le bûcher et brûlèrent les spectateurs. On retint la Sainte trois jours durant dans le temple, après toutefois qu’on lui eût fait couper les cheveux. L’empereur la croyait magicienne et s’imaginait que sa force résidait dans sa chevelure. Elle fut tout ce temps sans rien prendre, chantant continuellement les louanges de Dieu. Ne sachant plus que faire, Alexandre lui fit couper la tête. Le corps de Martine demeura plusieurs jours exposé sur la place publique, défendu par deux aigles qui restèrent jusqu’au moment où un nommé Ritorius put lui donner une honorable sépulture.

SAINT THOMAS D'AQUIN

Thomas d'Aquin naît en 1225 à Roccasecca, près d'Aquin (non loin de Naples). Sa famille fait partie de l'aristocratie napolitaine. 
De 1230 à 1235, il est oblat à l'abbaye bénédictine du Mont-Cassin. Il étudie à l'université de Naples et, en 1244, entre dans l'ordre dominicain des frères prêcheurs, malgré les obstacles qu'y met sa famille.
Etudiant à Paris de 1245 à 1248, il suit son maître, Albert le Grand, à Cologne où il reste jusqu'en 1252.
C'est à Paris qu'il enseigne d'abord, comme "bachelier biblique" (1252-1254), puis comme "bachelier sententiaire" (1254-1256), puis comme maître en théologie (1256-1259). De 1259 à 1268, il enseigne la théologie dans diverses villes d'Italie, puis de nouveau à Paris de 1269 à 1272. A cette date, il retourne à Naples pour y enseigner et meurt en 1274, en se rendant au concile de Lyon.
Ses œuvres sont nombreuses : il a commenté une douzaine de traités d'Aristote, un grand nombre d'opuscules, des recueils de questions. La Somme théologique, écrite de 1266 à 1273, est inachevée.

A l'époque de Saint Thomas d'Aquin, l'Occident redécouvre les œuvres d'Aristote qu'on traduit de l'arabe en latin. C'est donc d'un texte latin, traduit de l'arabe, lui-même traduit du grec que Saint Thomas s'inspire. Entre le christianisme qui voit dans la foi la principale source de la connaissance et la raison aristotélicienne, Saint Thomas ne choisira pas mais préférera faire la synthèse des deux.

Ainsi, Saint Thomas, tout en les unissant, sépare les deux domaines, celui des vérités de la raison et celui des vérités de la foi. La foi est une adhésion ferme et totale à la parole de Dieu. Elle n'est ni élan aveugle de la sensibilité, ni sacrifice de l'intellect. La Raison est une lumière naturelle procédant de Dieu : elle illumine l'esprit humain et soutient l'autorité de la foi. Foi et Raison sont en accord l'une avec l'autre. La foi apporte des vérités inaccessibles à la raison, que celle-ci conforte (mais ne démontre pas), en expliquant leur contenu par son enseignement. La raison permet d'acquérir les vérités qui ne relèvent pas directement de la foi et lui sont inaccessibles.
A la philosophie d'Aristote, Saint Thomas ajoute l'idée d'un Dieu créateur, la croyance en l'immortalité de l'âme et à la liberté de l'homme. A la distinction forme / matière, Thomas ajoute l'idée d'existence, l'acte par lequel une réalité est. Si dans les diverses substances essences et existence se distinguent, elles se confondent en Dieu. 
La morale de Saint Thomas d'Aquin est très proche de celle d'Aristote notamment la distinction entre la justice distributive qui vise à répartir les biens selon les qualités de chacun et lajustice commutative qui règle les échanges économiques de façon égalitaire. A partir du XVI° siècle, le thomisme devient la doctrine officielle de l'église catholique. La scolastique, c'est à dire la philosophie et la théologie enseignés au Moyen-Age en Europe, sera fortement influencée par le thomisme dès le XIII° siècle.

Les principaux écrits de Saint Thomas d'Aquin sont les Commentaires d'Aristote, la Somme contre les Gentils et surtout la Somme théologique, ouvrage inachevé.

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