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MERE TERESA

1. Biographie de mère Teresa - Enfance et adolescence au Kosovo

La vie de mère Teresa de Calcutta a commencé au Kosovo. Agnès Gonxha Bojaxhiu, d'une famille d'origine albanaise, est née le 26 août 1910 à Skopje, capitale du Kosovo. A l'âge de douze ans, Agnès commence à ressentir  l'appel  de se consacrer à Dieu.
La vie de mère Térésa  comporte alors deux périodes bien tranchées : sa vie dans l'institut de sœurs de Lorette et sa vie dans l'ordre des Missionnaires de la charité.

2. Biographie de mère Teresa - Religieuse dans l'institut des sœurs de Lorette

A l'âge de dix-huit ans, en 1928 elle entre à l'Institut des "Sœurs de Lorette", en Irlande. En 1929 elle est envoyée à Calcutta. En 1931, après deux années de noviciat,  elle fait sa première profession de foi et elle prend le nom de Térésa. Elle enseigne géographie à l'école Sainte-Marie à Calcutta ou elle est nommée directrice en 1944. Elle reçoit l'appel de consacrer sa vie aux pauvres des bidonvilles. En 1946 avec le soutien de l'archevêque de Calcutta  elle obtient du pape Pie XII la permission de quitter l'ordre des "Sœurs de Lorette".

3. Biographie de mère Teresa - Fondation des Missionnaires de la charité

En 1948, la vie de mère Teresa de Calcutta se transforme. C'est un tournant  dans la biographie de mère Teresa. Elle s'installe dans un bidonville (à Taltola) avec quelques autres religieuses qui l'ont suivie. Elle fait la fondation des Missionnaires de la charité, établie officiellement dans le diocèse de Calcutta en 1950.  Les missionnaires de la Charité sont des religieuses. 

Elle prend désormais le nom de Mère Teresa, car elle a choisi la petite Thérèse comme patronne et guide vers la sainteté. Durant plus de 40 ans, la vie de mère Térésa a été consacrée aux pauvres, aux malades, aux laissés pour compte et aux mourants Cela commença avec l'ouverture du 'mouroir' de Calcutta pour assurer une fin digne à ceux qui, leur vie durant, avaient vécu "comme des bêtes". Elle a reçu le Prix Nobel de la Paix -  En 1996, la congrégation des Missionnaires de la charité comptait 517 missions dans plus d'une centaine de pays. Il y a actuellement près de 4 000 sœurs Missionnaires de la Charité.

4. Elle a reçu le Prix Nobel de la Paix en 1979

Elle a reçu plusieurs récompenses pour son travail, notamment le Prix de la Paix du Pape Jean XXIII en 1971. Elle a reçu le Prix Nobel de la Paix en 1979 pour son action en faveur des déshérités en Inde. Elle a utilisé sa notoriété mondiale pour attirer l'attention du monde sur des questions morales et sociales importantes.

5. Epreuve spirituelle de la Nuit de la foi

Pendant 50 ans la vie de mère Teresa de Calcutta a été marquée par la grande épreuve spirituelle de la nuit de la foi. Elle était assaillie par le doute concernant l'existence de Dieu. Ces années de nuit intérieure constituent un trait important de sa figure spirituelle. C'était un supplice secrètement enfoui en elle et dissimulé derrière un visage paisible qu'elle avait en public. Personne ne savait qu'elle était aussi tourmentée. Cette épreuve de la nuit de la foi apparaît avec une précision jusque-là inédite avec la publication en 2007 d'un ouvrage compilant 40 lettres rédigées au cours des soixante dernières années de sa vie et qu'elle voulait voir détruites pour certaines. 

6. Biographie de mère Teresa - Mort  de mère Teresa en 1997

Après un premier infarctus en 1983, sa santé se détériore sérieusement à partir de 1990. Suite à une crise de paludisme et à un arrêt cardiaque, elle abandonne ses responsabilités à la tête de la communauté en mars 1997. Pendant ses 10 dernières années elle a été souvent malade et hospitalisée. La vie de mère Térésa a été assez longue. La mort de mère Teresa a eu lieu en effet à 87 ans le 5 septembre 1997. Elle est morte dans son couvent de Calcutta. 

 L’Inde a déclaré le lendemain de sa mort  jour de deuil national. Elle a offert des funérailles nationales à sa plus grande héroïne depuis Gandhi. La mort de Mère Teresa a été l'occasion d'un hommage unanime; ses obsèques ont rassemblé des croyants de toutes les religions. Les funérailles de Mère Teresa ont été célébrées dans le Stade de Calcutta, les sœurs avaient préparé l'autel pour la Messe.    

 Les biographies de mère Teresa

Une biographie de mère Teresa a été écrite en 2004 par Navin Chawla écrivain indien haut fonctionnaire de confession hindoue.  Dans son livre Le Royaume de sa nuit (Editions First), Olympia Alberti fait une biographie de mère Teresa.

BEATIFICATION DE MÈRE TERESA

1. Miracle de la bienheureuse

Il y a eu un miracle de mère Teresa de Calcutta peu après sa mort. Le 5 septembre 1998, lors du premier anniversaire du décès, on posa une médaille de la Vierge, que la mère avait portée, sur le ventre d’une indienne qui était atteinte d’un cancer incurable de l’estomac … Le lendemain, à la stupeur des médecins, la tumeur avait disparue ". Le miracle a été reconnu par l'Église. Cependant, il y a quelques points d'interrogations sur ce miracle. (Le miracle contesté)

2. Processus de béatification

Monseigneur Henri de Souza, archevêque de Calcutta est à l’origine de la demande de canonisation de mère Teresa. Le processus de béatification de mère Teresa de Calcutta a été particulièrement rapide: il a débuté en 1999, seulement deux ans après sa mort en 1997, grâce à une dérogation du pape permettant d'écourter le délai habituel de cinq ans. Celle-ci a bénéficié d'un traitement de faveur de la part de Jean Paul II fervent admirateur. Ses lettres, qui révèlent ses doutes, étaient connues au moment du procès de béatification de mère Teresa. Elles ont été pris en compte pour la béatification de mère Teresa de Calcutta.

3. Cérémonie de Béatification

Le 1er octobre 2002, le dicastère romain reconnaît ses vertus héroïques ainsi qu’un miracle dû à son intercession. La cérémonie de béatification de mère Teresa a été faite par le pape Jean Paul II  six ans après  sa disparition à l'issue d'un procès en béatification express. La cérémonie  de béatification de mère Teresa a eu lieu le 19 octobre 2003 lors d'une cérémonie place Saint-Pierre à Rome, devant 300 000 fidèles. Cette date du 19 octobre, qui est aussi le jour anniversaire de la proclamation de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus comme Docteur de l'Église, est un signe du lien qui unit les deux Thérèse.   

 

4. Fête de la bienheureuse  

La date de la fête de mère Teresa est le 5 septembre qui est la date de sa mort. Les missionnaires de la Charité  ont choisi la fête du 5 septembre, comme jour de jeûne et de prière en solidarité avec les chrétiens victimes de la violence en Orissa état de l’Inde orientale. On a célébré solennellement  à Calcutta la fête de mère Teresa un an après sa béatification, le septième anniversaire de sa mort. Des catholiques et des fidèles de religion hindou, ont invoqué l’intercession de la sainte “pour que l’amour triomphe de la haine”.

 

NOTRE DAME DU CHENE

L’histoire de Notre-Dame du Chêne commençait en 1494, lorsque James Buret, curé de Vion, place une statuette de la Vierge dans un chêne suite aux témoignages de certains habitants qui ont vu des vols de colombes et des lumières autour de ce chêne. Alors naît un lieu de prière en pleine nature. La statuette se trouve maintenant dans la basilique au-dessus du maître autel.

Guérisons
À l’ombre de ce chêne sacré un très modeste oratoire ne tarda pas à s’élever. D’abord connu sous le nom de « Chêne de la Jarriaye », dans les premières années du XVIème siècle, il porta le nom de Notre Dame du Chêne et attira de nombreux pèlerins. En 1515, un infirme originaire de Juigné (tout près de Solesmes)  se dirigeait difficilement vers la sainte image de la Vierge Marie. Son offrande, les trois cierges, qu’il tenait à la main, s’allumèrent tout à coup d’eux-mêmes.  A cet instant, le malade recouvra sa santé. A la même époque, d’autres guérisons ont été constatées.

L’oratoire primitif est devenu trop petit pour accueillir tous les pèlerins et un concordat fut conclu entre le curé de Vion et la Fabrique de cette paroisse pour construire une Chapelle.

Appel de Dieu.
Elisabeth de Quatrebarbes vient dans la chapelle chercher la lumière sur sa vie. Elle perçoit clairement qu’elle doit entrer au Carmel. C’est pourquoi le peintre a représenté Thérèse d’Avila derrière elle. C’est en 1617 et Thérèse est morte en 1582. Cette femme deviendra plus tard prieure du Carmel de Beaune.

Présence de Marie
En 1595, une femme qui ramassait du bois a la vision (ou l’apparition) de Notre-Dame du Chêne au-dessus du toit de la chapelle en ruine. Elle est là! Elle ne dit rien. Mais sa présence fait comprendre clairement que cette chapelle est sa maison. Elle veut qu’on vienne y prier avec elle, et qu’on la répare et l’entretienne.

Guérison grâce à la prière
En 1621, une femme obtient la guérison d’un enfant difforme (qui lui a été confié en nourrice) en venant prier tous les jours pendant six semaines dans la chapelle. Quel exemple de persévérance et de foi !

Les enfants
À cause des guerres de religion, la chapelle est assez rapidement en ruines comme on l’a déjà vu plus haut.  On voit le Marquis de Sablé à qui des enfants racontent la présence de la statuette de Marie dans la chapelle : elle veille sur leurs troupeaux. Il se décidera, avec beaucoup d’autres, à donner de l’argent pour la réparation de la chapelle.

Au moment de la Révolution Française
Lors de la Révolution française, on a voulu démolir la chapelle. Un couvreur, M. Lefèvre, qui l’avait achetée, est tombé du toit en enlevant les premières tuiles. Il a témoigné qu’une force surnaturelle l’avait poussé. La chapelle est restée debout. Elle a été rachetée par une dame de la noblesse qui l’a donnée à la paroisse de Vion.

 

 

NOTRE DAME DE LA CARIDAD

El Cobre : Notre Dame de la charité

Le sanctuaire remonte au XVII° siècle. El Cobre est à 16 km à l’Ouest de Santiago de Cuba, sur une hauteur.

 

Origine

Selon une tradition, Alonso de Ojeda, un commandant espagnol était en danger dans la mer des Caraïbes. Il portait avec lui une statue de la Vierge à l’enfant et fit le vœu de lui construire une chapelle s’il échappait au naufrage. Il aborda à Cuba et accomplit son vœu à El Cobre.

Selon une autre tradition, ce sont trois hommes, deux indiens et un noir, perdus sur la mer pendant une tempête, qui virent flotter sur l’eau cette statue, avec une inscription à sa base : « Je suis la Vierge de la Charité. » Cette version est très vraisemblable : lorsque les Espagnols étaient en danger, ils jetaient à lamer les objets sacrés pour que les pirates ne les profanent pas.

Une troisième version des faits raconte que la statue aurait été trouvée dans l’eau par des ouvriers des marais salans. Et le manteau (en étoffe) de la Vierge n’était pas mouillé… Les hommes revinrent pleins de joie sur la rive. 

Patronne de Cuba

El Cobre fut le premier lieu de Cuba où les esclaves conquirent leur liberté.

Le premier acte de Cuba libre eut lieu en 1898 lorsque les troupes du général Calixto García se prosternèrent aux pieds de la «Virgen de la Caridad» lors d'une Messe solennelle pour la «Déclaration mambisa d'indépendance du peuple cubain».  

Le 10 mai 1916, à la fin de la guerre d’indépendance nationale, Notre Dame de la charité fut proclamée patronne de Cuba.

Et durant l’année 1952, elle fut portée de village en village.

Salut, salut, délice du Ciel,

Vierge pure, suprême beauté ;

Salut, excellente patronne de Cuba,

Mère rayonnante de charité. […]

Quand les larmes étaient le pain de tes fils,

Et quand leur existence était une terrible angoisse,

Toi tu étais, o douce Mère, l’Etoile,

Qui annonçais l’aurore de Paix. »

Notre Dame de la Charité de El Cobre a aussi un sanctuaire à Miami aux Etats Unis.

 

NOTRE DAME DES 7 DOULEURS

On trouve les premières traces de la dévotion aux douleurs de la Vierge, à la fin du XI° siècle, particulièrement dans les écrits de saint Pierre Damien (+1072), de saint Anselme (+ 1109), d’Eadmer de Cantorbéry (+ 1124), de saint Bernard (+ 1153) et de moines bénédictins et cisterciens qui méditent le passage de l'Evangile qui montre Marie et Jean au pied de la Croix.

Saint Anselme écrit : Votre peine, Vierge sacrée, a été la plus grande qu'une pure créature ait jamais endurée ; car toutes les cruautés que nous lisons que l'on a fait subir aux martyrs, ont été légères et comme rien en comparaison de votre douleur. Elle a été si grande et si immense, qu'elle a crucifié toutes vos entrailles et a pénétré jusque dans les plus secrets replis de votre cœur. Pour moi, ma très pieuse Maîtresse, je suis persuadé que vous n'auriez jamais pu en souffrir la violence sans mourir, si l'esprit de vie de votre aimable Fils, pour lequel vous souffriez de si grands tourments, ne vous avait soutenue et fortifiée par sa puissance infinie.

La Compassion de la Vierge au pied de la Croix alimenta la piété des fidèles jusqu'au XV° siècle et l'on connaît bien des morceaux composés sur ce thème, qui n'ont rien perdu de leur fraîcheur, quoique la plupart soient bien oubliés, puisque la dévotion privée ne s'alimente plus de prières latines. Jacopone de Todi nous a laissé le chef d'œuvre du genre dans le Stabat Mater, poème de l'amour qui souffre sans désespérer, du contrit qui s'attache au Christ et à Marie, et qui goûte la joie surnaturelle retrouvée par son union aux douleurs du Fils et de la Mère. La messe de Notre-Dame des  douleurs comprend ce poème de compassion.

Les XIII° et XIV° siècles ne contemplent que la douleur de Marie au pied de la Croix, comme en témoignent les écrits franciscains de saint Bonaventure ou de saint Bernardin de Sienne (1380-1444), et les écrits dominicains de Jean Tauler (1294-1361)du bienheureux Henri Suso (1295-1366) ou de saint Antonin (1389-1459) ; c’est encore l’objet unique de l’office de la Compassion de la bienheureuse Vierge Marie instituée par le concile de Cologne (1423), comme de celui que les Annonciades célébraient, au début du XV° siècle, le lundi de la semaine de la Passion. A cette époque, le culte de Marie sous le titre de Mater Dolorosa prend une extension considérable, singulièrement dans les Flandres où abondent les livres liturgiques, les monuments d’art religieux et les opuscules de piété.

Il faut attendre le XIV° siècle pour que l'on parle communément des sept douleurs (sept glaivesde la Vierge : la prophétie du vieillard Siméon, le massacre des Innocents et la fuite en Egypte, la perte de Jésus au Temple de Jérusalem, l'arrestation et les jugements du Christ, la mise en croix et la mort du Christ, la déposition de la croix et la mise au tombeau.

Au cours des temps, comme elle l’avait déjà fait pour ses joies, la piété populaire étendit la compassion de la Vierge à toute sa vie, mais il est assez difficile d'en suivre l'évolution. Peut-être a-t-on commencé à opposer aux cinq joies de la Vierge ses cinq douleurs : la prophétie de Siméon, la perte de Notre-Seigneur à Jérusalem, l'arrestation, la Passion et la mort du Christ. Rapidement, le nombre augmenta : on a des séries de dix, de quinze, voire de cent cinquante. Le nombre sept allait bientôt l'emporter, sans doute en rapport avec la célébration des sept joies de la Mère de Dieu que les fondateurs de l’Ordre des Servites célébraient chaque samedi et que saint Louis d’Anjou, franciscain et archevêque de Toulouse (+ 1297) offrait après les Complies. Signalons quelques schémas.

Les sept heures sont une méditation des peines de la Vierge pendant la Passion : à matines, l'arrestation et les moqueries ; à prime, la comparution devant Pilate ; à tierce, la condamnation ; à sexte, la mise en croix ; à none, la mort ; à vêpres, la descente de croix ; à complies, la mise au tombeau.

Les sept glaives s'étendent à toute la vie de la Vierge : le premier glaive est la prophétie de Siméon à qui la métaphore est empruntée (Vois, cet enfant est fait pour la chute et le relèvement d'un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en but à la contradiction, et toi-même, un glaive te transpercera l'âme, afin que se révèlent les pensées de bien des cœurs) ; le second glaive est le massacre des Innocents ; le troisième, la perte de Jésus à Jérusalem ; le quatrième, l'arrestation et les jugements du Christ ; le cinquième, la mise en croix entre deux larrons et la mort ; le sixième, la déposition de croix ; le septième, la mise au tombeau.

Les sept tristesses de la Vierge forment une série un peu différente : la prophétie de Siméon, la fuite en Egypte, la perte de Jésus au Temple, son arrestation et sa condamnation, sa mise en croix et sa mort, sa descente de croix, enfin la tristesse de la Vierge restant sur la terre après l'Ascension.

Le chiffre de sept, si aimé des symbolistes chrétiens, imposait un choix parmi les épisodes de la vie de la Vierge et l'on s'explique assez les fluctuations des auteurs ; la série suivante finit par l'emporter : la prophétie de Siméon, la fuite en Egypte, la perte de Jésus à Jérusalem, la rencontre de Jésus sur le chemin du Calvaire, le crucifiement, la descente de croix, la mise au tombeau.

Ces sept douleurs furent pour la première fois exprimées d’une façon formelle, par Jean de Coudenberghe, doyen de Saint-Gilles d’Abbenbroeck, curé de Saint-Pierre-Saint-Paul de Reimerswal, et de Saint-Sauveur de Bruges : pendant la guerre civile qui suivit la mort de Marie d’Autriche, duchesse de Bourgogne, il fit placer dans ses églises une image de la Vierge avec une inscription mentionnant ses sept douleurs, pour qu’on la vénérât en lui demandant la cessation des fléaux. Là, en 1492, il se forma une confrérie de Notre-Dame des Sept Douleurs, favorisée par le duc de Bourgogne, Philippe le Beau, dont le confesseur, le dominicain Michel François de Lille, avait composé un ouvrage sur les douleurs de Marie (1495) ; cette confrérie qui célébrait la fête de Notre-Dame des Sept Douleurs le dimanche dans l’octave de l’Ascension, fut approuvée par le pape Alexandre VI Borgia (1495). C’est encore à cette confrérie, dans un livre de miracles (1510), que l’on doit la première représentation de la Vierge avec les sept glaives. En action de grâce pour les miracles on établit une fête à Delft (1° octobre) et à Bruges (13 novembre) où Marguerite d’Autriche fonda un couvent en l’honneur de Notre-Dame des sept douleurs.

Les artistes devaient bientôt choisir et traiter avec prédilection le plus douloureux épisode de la vie de la Vierge, quand le corps de son fils, détaché de la croix, est déposé sur ses genoux. Les Pieta, et les Mater Dolorosa abondent et si certains artistes modernes ont eu plus de virtuosité, ils n'ont jamais atteint à ce degré d'émotion ; assez souvent, avec une audace que les Primitifs peuvent seuls se permettre, les sculpteurs ont ramené le corps du Christ aux proportions de celui d'un enfant, pour montrer que, de la Crèche au Crucifiement, nous célébrons un profond et même mystère. A la Vierge, soutenue par saint Jean, personnage central des mises au tombeau monumentales, les artistes ont su donner une expression de douleur calme, bien loin du conventionnel.

La dévotion ne fit que croître. Saint Ignace de Loyola avait un culte particulier à l’image connue sous le nom de Notre-Dame du Cœur ; de 1603 à 1881, sans compter les traités, les panégyrique et les méditations, les Jésuites ne publièrent pas moins de quatre-vingt-douze ouvrages sur cette dévotion aux douleurs de Marie. En 1617, Antoinette d’Orléans, aidée par le P. Joseph, fonda les Bénédictines de Notre-Dame du Calvaire (les Filles du Calvaire).

La fête de la Compassion, de Notre-Dame des Douleurs ou de Notre-Dame de Pitié, ou encore de la Transfixion de Notre-Dame, est instituée au concile de Cologne (1423) contre les Hussites qui désolent les églises et détruisent les saintes images et fixée au vendredi après le dimanche de la Passion : afin d’honorer l’angoisse et la douleur qu’éprouva Marie lorsque, les bras étendus sur l’autel de la Croix, notre Rédempteur Jésus-Christ s’immola pour nous et recommanda cette Mère bénie à saint Jean (...) surtout afin que soit réprimée la perfidie des impies hérétiques Hussites. Cette fête est célébrée pour la première fois à Bruges en 1494, puis ailleurs ; elle entre en France par Paris, Angers et Poitiers. Benoît XIII l'étendit à toute l'Eglise latine (22 avril 1727) elle a été inscrite au martyrologe par Sixte IV (1471-1484).

Après avoir été fixée à des dates différentes (on l'a connue en France au 17 mars, au lundi de la Passion et à la veille des Rameaux), elle est définitivement marquée au vendredi de la première semaine de la Passion, avec le titre des Sept Douleurs. Benoît XIII l’étend à toute l'Eglise latine (22 avril 1727).

La fête de Notre-Dame des douleurs qui a subsisté dans la liturgie postérieure à Vatican II, vient des Servites qui l'obtinrent de Clément IX. Depuis 1668 l’Ordre des Servites commémorait les Sept Douleurs au troisième dimanche de septembre, ce qu’Innocent XI leur confirma comme un privilège propre. Adoptée par le Saint-Empire (1672) elle fut enrichie d'indulgences pour les fidèles par Clément XI (1704). Rendu à la liberté, Pie VII étendit cette fête à l'Eglise universelle (18 septembre 1814) ; lors de la réforme du bréviaire Pie X la fixa au jour octave de la Nativité de Notre-Dame, le 15 septembre (1908). Dans le calendrier festif de Paul VI, la première fête, celle du vendredi après le dimanche de la Passion, la plus ancienne, disparut, mais l’on conserva la seconde, celle du 15 septembre.

D'aucuns auraient bien voulu profiter des bouleversements que nous savons pour rejeter la Mater Dolorosa, sous prétexte que saint Ambroise affirme : Je lis qu'elle se tenait debout, je ne lis pas qu'elle pleurât. L'objection n'est pas nouvelle et Benoît XIV y répondait déjà, au milieu du XVIII° siècle : Plusieurs autres écrivains ne craignent point de la dépeindre arrosée de pleurs. Les larmes et les sanglots ne sont point toujours l'indice d'un courage abattu. Les larmes de Jésus sur Jérusalem, devant le tombeau de Lazare ou à l’Agonie, seraient-elles le signe de la faiblesse du Rédempteur ? Au siècle précédent, le franciscain Ambroise Saxius soulignait : Qu'on admette les premiers mouvements de la nature, quelques gémissements modérés et quelques larmes : l'amour ne souffre aucune atteinte, et la magnanimité conserve toute son énergie ; saint Antonin avait dit qu'elle se tenait debout, pleurant sans doute et noyée dans la douleur, mais calme, modeste, pleine d'un réserve virginale.

 

NOTRE DAME DE LA COMPASSION

Une statue de la vierge a été donnée au Refuge Notre Dame de Compassion

Les Soeurs de ******* avaient été fondées au moment de la Restauration pour s’occuper des malades mentaux : leur Père Fondateur, qui était un saint prêtre pénétré de la plus délicate compassion pour les souffrances des hommes, s’était en effet rendu compte avec effroi que depuis la grande révolution, par suite de la suppression des ordres religieux hospitaliers, les malades mentaux (les aliénés, comme on disait alors) étaient enfermés dans les prisons, avec les détenus de droit commun et les criminels, dans des conditions épouvantables… Je n’hésite pas à écrire que c’est à cette sorte de « détails » que l’on peut apprécier le véritable humanisme de l’idéologie révolutionnaire!

A ses religieuses, le bon Père donna pour modèle la Compassion de Notre-Dame et cette Piéta trôna dans la chapelle de leur maison de fondation pendant près d’un siècle et demi, jusqu’à ce qu’une autre idéologie, sous prétexte de renouveau conciliaire, culpabilise les religieuses de leur dévotion envers la Mère des Douleurs – dévotion qualifiée de dolorisme suranné – et leur enjoigne de reléguer la grande Piéta, loin des regards, dans une tribune fermée par une grille…
Cela se passe de commentaires, et je retiendrai seulement que des générations de religieuses ont prié devant cette statue : elles ont puisé dans cette dévotion la force quotidienne de leur consécration au service de ceux qui sont atteints dans leur psychisme par des maladies terribles et humiliantes ; elles ont trouvé auprès de la Vierge des Douleurs l’énergie pour vivre le don d’elles-mêmes, dans la patience, la générosité, le partage des épreuves d’autrui, et pour travailler autant que possible au bien et à la consolation des âmes qui leur étaient confiées.

Obligées de partir, les Soeurs craignaient que cette statue ne soit détruite ou vendue à quelque brocanteur, et elles furent véritablement heureuses de l’offrir pour notre fondation.

L’enlèvement de cette Piéta donna bien des soucis à Frère Maximilien-Marie, parce que les portes de la tribune où elle se trouvait avaient été modifiées et ne permettaient plus son passage.
Après avoir bien étudié le problème, la seule solution qui permettait de la sortir était de la faire passer par l’ouverture de la grille de cette tribune, qui – par chance! – correspondait, à quelques centimètres près, aux dimensions imposantes de la statue. Mais cette tribune se trouvait à plus de dix mètres au-dessus du sol de la chapelle, et il fallut se résoudre à faire appel à un déménageur, que l’on fit venir de loin parce que lui seul avait le matériel adapté.
C’est ainsi qu’avec des forts-à-bras, et surtout avec l’aide d’un monte-charge (qu’il fallait entièrement démontable en raison des difficultés d’accès à la chapelle), la statue de Notre-Dame de Compassion fut descendue, soigneusement enveloppée, puis embarquée dans un camion en vue de présider à notre fondation.

La voici aujourd’hui repartie sur les routes… Et, tout comme vous je pense, je souhaite maintenant que le lieu de notre prochaine installation soit celui où le Refuge Notre-Dame de Compassion pourra s’enraciner, se développer et rayonner… Le lieu où ceux qui prieront devant cette Vierge de Pitié et de Consolation recevront d’abondantes grâces et bénédictions du Ciel.

 

 

NOTRE DAME DE LA SALETTE

A la mi-septembre 1846, un paysan des Ablandins, Pierre Selme, a son berger malade. Il descend à Corps, chez son ami, le charron Giraud: "Prête-moi ton Maximin pour quelques jours..." "Mémin, berger? Il est bien trop étourdi pour ça!".Mais ils discutent et le 14 septembre, voici le jeune Maximin aux Ablandins, l'un des hameaux du village de La Salette. Le 17, il aperçoit Mélanie dans le village. Le 18, ils vont garder leurs troupeaux sur les terrains communaux, au mont "sous les Baissses" (Le Planeau).

 L'après-midi, Maximin cherche à lier conversation. Mélanie n'y tient pas pourtant ils sont tous les deux du même village : Corps. Ils décident de venir demain au même endroit garder ensemble le troupeau.

Donc, le samedi 19 septembre 1846, de bon matin, les deux entants gravissent les pentes du mont sous-les-Baisses, chacun poussant son troupeau de quatre vaches, avec en plus, pour Maximin, sa chèvre et son chien Loulou. Le soleil resplendit sur les alpages. Au milieu de la journée, l'Angélus sonne, tout en bas, au clocher de l'église du village. Alors les bergers mènent leurs vaches vers "la fontaine des bêtes", une petite mare que forme le ruisseau dévalant le ravin de la Sézia. 

Puis ils les mènent vers une prairie qu'on appelle le chômoir , sur les pentes du Mont Gargas. Il fait chaud, les bêtes se mettent à ruminer.Maximin et Mélanie remontent la combe jusqu'à la "fontaine des hommes ". 
 Près de la source, ils prennent leur repas: du pain avec un morceau de tomme. Des petits bergers qui "gardent" plus bas les rejoignent, l'on fait causette. Après leur départ, Maximin et Mélanie franchissent le ruisseau et descendent de quelques pas vers deux bancs de pierres empilées, près de la cuvette sèche d'une source tarie: c'est la "petite fontaine". Mélanie pose son petit sac par terre, et Maximin sa blouse et son goûter sur une pierre.

Apparition d'un globe de feu puis de la Sainte Vierge

Contrairement à leurs habitudes, les deux enfants s'étendent sur l'herbe et s'endorment.Brusquement, Mélanie se réveille et secoue Maximin ! "Mémin, Mémin, viens vite, que nous allions voir nos vaches... Je ne sais pas où elles sont!" Rapidement, ils montent la pente opposée au Gargas. Se retournant, ils aperçoivente tout l'alpage: leurs vaches sont là, ruminant tranquillement. Les deux bergers sont rassurés. Mélanie commence à redescendre. À mi-pente, elle s'immobilise et, d'étonnement, elle lâche son bâton: 
"Ménin, regarde voir, là, une clarté!" 
Près de la petite source, sur l'un des bancs de pierre... un globe de feu. 
"C'est comme si le soleil était tombé là". 
Pourtant le soleil continue de briller dans un ciel sans nuages. 
Maximin accourt en criant: "Où est-elle? Où est-elle?"[cette clarté] 
Mélanie tend le doigt vers le fond du ravin où ils ont dormi. 
Maximin s'arrête près d'elle, figé de crainte, et lui dit: 
"Garde ton bâton, va! Moi, je garde le mien et je lui donne un bon coup s' il nous fait quelque chose". 
La clarté bouge, remue, tournoie sur elle-même
Les mots manquent aux deux enfants pour signifier l'impression de vie que rayonne de ce globe de feu. 
Une femme y apparaît, assise, la tête dans les mains, les coudes sur les genoux, dans une attitude de profonde tristesse.

La belle dame

La belle dame se lève. Eux n'ont pas bougé. 
Elle leur dit en français: 
Avancez, mes enfants, n'ayez pas peur, je suis ici pour vous conter une grande nouvelle. 
Alors, ils descendent vers elle. Ils la regardent. Elle ne cesse de pleurer. "On aurait dit une maman que ses enfants auraient battu et qui se serait sauvée dans la montagne pour pleurer". La belle dame est grande et toute de lumière. Elle est vêtue comme les femmes de la région: longue robe, grand tablier à la taille, fichu croisé et noué dans le dos, bonnet de paysanne. Des roses couronnent sa tête, bordent son fichu et ornent ses chaussures.

A son front le lumière étincelle comme un diadème. Sur ses épaules pèse une lourde chaîne. Une chaîne plus fine retient sur sa poitrine un crucifix éblouissant, avec d'un côté un marteau, de l'autre des tenailles. 
 
La Belle Dame parle aux deux bergers. " Elle a pleuré tout le temps qu'elle nous a parlé". Ensemble, ou séparément, les deux enfants redisent les mêmes paroles avec de légères variantes qui n'affectent pas le sens. Et cela, quels que soient leurs interlocuteurs: pèlerins ou simples curieux, notables ou ecclésiastiques, enquêteurs ou journalistes. Qu'ils soient favorables, sans préventions ou malveillants, voici ce qui leus est transmis:

Avancez, mes enfants, n'ayez pas peur, je suis ici pour vous conter une grande nouvelle.

"Nous l'écoutions, nous ne pensions à rien".

La Vierge Marie: "Si mon peuple ne veut pas se soumettre, je suis forçée de laisser aller le bras de mon Fils. Il est si fort et si pesant que je me puis le MAINTENIR".

Depuis le temps que je souffre pour vous! 
Si je veux que mon Fils ne vous abandonne pas, je suis chargée de le prier sans cesse, pour vous autres, vous n'en faites pas cas. Vous aurez beau prier, beau faire, jamais vous ne pourrez récompenser la peine que j'ai prise pour vous.
 

Je vous ai donné six jours pour travailler, je me suis réservé le septième, et on ne veut pas me l'accorder! C'est ça qui appesantit tant le bras de mon fils
Et aussi, ceux qui mènent les charrettes ne savent pas jurer sans mettre le nom de mon fils au milieu. Ce sont les deux choses qui appesantissent tant le bras de mon fils
Si la récolte se gâte ce n'est rien que pour vous autres. Je vous l'avais fait voir l'an passé par les pommes de terre: et vous n'en avez pas fait cas! Au contraire, quand vous en trouviez de gâtées, vous juriez, et vous y mettiez le nom de mon fils au milieu. Elles vont continuer, et cette année, pour la Noël, il n'y en aura plus."

Le mot "pommes de terre" intrigue Mélanie. En patois, on dit "là truffa". Et le mot "pommes" n'évoque pour elle que le fruit du pommier. Elle se tourne donc vers Maximin pour lui demander une explication. Mais la dame la prévient:

Vous ne comprenez pas, mes enfants? Je m'en vais vous le dire autrement.

Si la recolta se gasta nei rien qué per vous aoutres. Vous laiéou fa véire l'an passa per là truffà...etc...

Ayant repris ces dernières phrases en patois de Corps, celui parlé couramment par Maximin et Mélanie, la Belle Dame poursuit, toujours en patois:


Si ava de bla, foou pas lou semena.. 
Si vous avez du blé, il ne faut pas le semer. Tout ce que vous sèmerez, les bêtes le mangeront, et ce qui viendra tombera en poussière quand vous le battrez.

Il viendra une grande famine. Avant que la famine vienne, les enfants au-dessous de sept ans prendront un tremblement et mourront entre les mains des personnes qui les tiendront. Les autres feront pénitence par la famine. Les noix deviendront vides, les raisins pourriront.Soudain la Belle Dame continue à parler, mais seul Maximin l'entend; Mélanie voit remuer ses lèvres mais ne l'entend pas. Quelques instants plus tard, Mélanie, à son tour, peut l'écouter, tandis que Maximin, que n'entend plus rien, fait tourner son chapeau au sommet de son bâton ou, de l'autre extrémité, pousse devant lui de petites pierres. "Pas une n'a touché les pieds de la Belle Dame!" s'excusera-t-il, quelques jours plus tard. "Elle m'a dit quelque chose en me disant:

Tu ne diras pas ça, ni ça.

Après je n'entendais rien, et pendant ce temps, je m'amusais.

Ainsi la Belle Dame a parlé en secret à Maximin puis à Mélanie. 
Et de Nouveau, tous les deux ensemble saisissent ses paroles:

Si ils se convertissent, les pierres et les rochers deviendront des monceaux de blé 
et les pommes de terre seront ensemencées par les terres.

Faites-vous bien votre prière, mes petits?

"Pas guère, Madame" répondent les deux enfantis.

Ah! mes petits, il faut bien la faire, soir et matin, 
ne diriez-vous qu'un Pater et un Ave Maria (un Notre père et un Je vous salue) quand vous ne pourrez pas mieux faire. 
Et quand vous pourrez mieux faire, dites-en davantage. 

L'été, il ne va que quelques femmes un peu âgées à la messe. Les autres travaillent le dimanche tout l'été. L'hiver; quand ils ne savent que faire, ils ne vont à la messe que pour se moquer de la religion. Le carême, ils vont à la boucherie, comme les chiens
N'avez-vous jamais vu du blé gâté, mes petits ? 
"Non, madame" réspondent-ils. 
Alors elle s'adresse à Maximin:

ais toi, mon petit, tu dois bien en avoir vu, une fois, vers le Coin, avec ton papa. Le maître du champ dit à ton papa d'aller voir son blé gâté. Vous y êtes allés. Il prit deux, trois épis dans sa main, les frotta, et tout tomba en poussière. En vous en retournant quand vous n'étiez plus qu'à une demi-heure loin de Corps, ton papa te donna un morceau de pain en te disant: "Tiens, mon petit, mange encore du pain cette année, que ne je sais pas qui va en manger l'an que vient si le blé continue comme ça".Maximin répond: 
"C'est bien vrai, Madame, je m'en souviens maintenant, tout à l'heure, je ne m'en souvenais pas". Et la Belle Dame de conclure non en patois, mais en français: 
Eh bien, mes enfants, vous le ferez passer à tout mon peuple.

 

PADRE PIO

Premier prêtre stigmatisé, Padre Pio de Pietrelcina, né Francesco Forgione, est l’héritier spirituel de saint François d’Assise.  Padre Pio, que Dieu a gratifié de charismes particuliers, se consacra toute sa vie au salut des âmes.  Des témoignages de la sainteté du moine continuent de nous parvenir en grand nombre, en raison de la gratitude des personnes qui ont fait appel à son intercession pour obtenir la guérison du corps ou de l’âme. .

Francesco Forgione est né d’un foyer modeste le 25 mai 1887 à Pietrelcina, au sud de l’Italie.  Son père, Grazio Forgione, et sa mère, Maria Giuseppa de Nunzio, avaient déjà d’autres fils.  Contrairement à une majorité d’enfants de son âge, Francesco éprouva très tôt le désir de consacrer sa vie à Dieu.  Mamma Peppa a raconté:  «Il était sage et obéissant, ne se permettant aucun caprice.  Matin et soir, il allait à l’église prier Jésus et la Sainte Vierge.  Le jour, il ne sortait pas avec ses amis. Quelquefois, je lui disais: «Francesco, tu devrais sortir jouer».  Mais il refusait, disant:  «Je ne veux pas y aller parce qu’ils blasphèment».

Abbé Augustin de Saint-Marc-en-Lamis, qui fut l’un des directeurs spirituels de Padre Pio, a écrit dans son journal que le jeune Francesco avait connu, dès l’âge de cinq ans, des expériences mystiques.  En effet, les apparitions et les moments d’extase étaient si fréquents, chez lui, qu’il croyait que les autres enfants en connaissaient aussi.

Francesco chérissait le rêve de donner sa vie au Seigneur.  Ce grand désir se réalisa quand, le 6 janvier 1903, à l’âge de seize ans, il fut admis comme clerc dans l’Ordre des Capucins.  Le 10 août 1910, il fut ordonné prêtre en la Cathédrale de Bénévent.  Ainsi commença sa vie sacerdotale mais, en raison d’une santé plutôt fragile, il séjourna en divers couvents du sud de l’Italie.  Ce n’est qu’à partir du 4 septembre 1916 qu’il fut établi au couvent de San Giovanni Rotondo, sur le Gargano, où il resta, hors quelques brefs et rares voyages, jusqu’à sa mort, le 23 septembre 1968.

Tout au long de cette période, Padre Pio commençait sa journée très tôt, s’éveillant à l’aube pour lire le bréviaire.  Puis il descendait à l’église pour célébrer l’Eucharistie, après laquelle il faisait action de grâces devant le Saint Sacrement.  Ses journées se partageaient entre l’oraison et la confession.

L’un des événements marquants de la vie de Padre Pio se produisit le matin du 20 septembre 1918 alors que, priant devant le crucifix, au sanctuaire de la vieille église, il reçut le don de stigmates visibles, qui demeurèrent ouverts et sanglants pendant un demi-siècle. Ce phénomène suscita l’intérêt, non seulement d’une légion de médecins, de journalistes et de spécialistes, mais encore, l’attention de gens simples qui, au fil des ans, se rendirent à San Giovanni Rotondo pour rencontrer le saint moine.

Dans sa lettre du 22 octobre 1918 à l’abbé Benedetto, Padre Pio a écrit:  «Comment vous décrire ma crucifixion …  Je me trouvais au sanctuaire, après avoir célébré la messe, lorsque je fus envahi d’une paix qui ressemblait à un doux sommeil.  Tous mes sens entrèrent dans une quiétude indescriptible.  Cela se produisit en l’espace d’un éclair. M’apparut, au même moment, un mystérieux personnage ressemblant à celui que j’avais vu le soir du 5 août, à la différence que ses mains et son côté saignaient.  Sa vue me saisit.  Je ne saurais dire ce que je ressentis à cet instant et je serais mort si le Seigneur n’était pas intervenu pour soutenir mon cœur, qui bondissait dans ma poitrine.» - «Le personnage disparut et je constatai que mes mains, mes pieds et mon côté saignaient. Vous imaginez le tourment que j’éprouvai; d’ailleurs, je le ressens encore, presque chaque jour.  La plaie au côté saigne continuellement, mais surtout du jeudi soir au samedi.  Père, je me meurs de peine pour le tourment et la confusion que je ressens en mon âme ...  Jésus, si bon, me fera-t-il la grâce de soulager la confusion que j’éprouve pour ces signes extérieurs?  J’élèverai bien haut la voix, ne cessant de le conjurer de retirer de moi, par son infinie miséricorde, non le tourment, non la souffrance ...  mais ces signes extérieurs qui me causent une confusion et une humiliation quasi insupportables.»

Pendant des années, des quatre coins du monde, des fidèles vinrent requérir du prêtre stigmatisé son intercession puissante auprès de Dieu.  Pendant les cinquante années qu’il a vécu dans l’humilité, la prière, le sacrifice et la souffrance, Padre Pio fonda deux organismes: l’un vertical, vers Dieu, les Groupes de prière, l’autre horizontal, vers son prochain, un hôpital moderne, La Maison du Soulagement de la Souffrance.

En septembre 1968, des milliers de fidèles et de dirigés spirituels de Padre Pio se réunirent à San Giovanni Rotondo pour célébrer le 50e anniversaire des stigmates et tenir le quatrième congrès international des Groupes de prière.  Or, personne n’aurait imaginé qu’à 2h30, le 23 septembre 1968, la vie temporelle de Padre Pio de Pietrelcina allait prendre fin. 

 

NOTRE DAME DE LA MERCI

Dans l’expression Notre-Dame de la Merci, le mot Merci traduit l’espagnol merced qui signifie grâce, ou le latin merces qui signifie rançon. A l’origine de l’Ordre des Mercédaires qui s’occupèrent de racheter les chrétiens captifs des musulmans, Notre-Dame apparut à saint Pierre Nolasque, à saint Raymond de Penyafort et au roi Jacques I° d’Aragon.

Au milieu de la nuit du 1° août 1218, alors que l’Eglise célébrait la fête de Saint-Pierre-aux-Liens, la vierge Marie, accompagnée d’anges et de saints, apparut à saint Pierre Nolasque et lui dit : Mon fils, je suis la Mère du Fils de Dieu qui, pour le salut et la liberté du genre humain, répandit tout son sang en souffrant la mort cruelle de la Croix ; je viens ici chercher des hommes qui veuillent, à l’exemple de mon Fils, donner leur vie pour le salut et la liberté de leurs frères captifs. C’est un sacrifice qui lui sera très agréable. Je désire donc que l’on fonde en mon honneur un Ordre dont les religieux, avec une foi vive et une vraie charité, rachètent les esclaves chrétiens de la puissance et de la tyrannie des Turcs, se donnant même en gage, s’il est nécessaire, pour ceux qu’ils ne pourront racheter autrement. Telle est, mon fils, ma volonté ; car, lorsque dans l’oraison tu me priais avec des larmes de porter remède à leurs souffrances, je présentais tes vœux à mon Fils qui, pour ta consolation et pour l’établissement de cet Ordre sous mon nom, m’a envoyée du ciel vers toi.Saint Pierre Nolasque répondit : Je crois d’une foi vive que vous êtes la Mère du Dieu vivant et que vous êtes venue en ce monde pour le soulagement des pauvres chrétiens qui souffrent dans une barbare servitude. Mais que suis-je, moi, pour accomplir une œuvre si difficile au milieu des ennemis de votre divin Fils et pour tirer ses enfants de leurs cruelles mains ? Et Notre-Dame de lui répondre : Me crains rien, Pierre, je t’assisterai dans toute cette affaire et, pour que tu aies foi en ma parole, tu verras bientôt l’exécution de ce que je t’ai annoncé et mes fils et mes filles de cet Ordre se glorifieront de porter des habits blancs comme ceux dont tu me vois revêtue. En disant cela, la Vierge disparut.

Pierre Nolasque passa en prière le reste de la nuit puis rejoignit Raymond de Penyafort qui lui dit : J’ai eu cette nuit la même vision que vous : j’ai été aussi favorisé de la visite de la Reine des anges et j’ai entendu de sa bouche l’ordre qu’elle me donnait de travailler de toutes mes forces à l’établissement de cette religion et d’encourager dans mes sermons les catholiques fidèles à venir en aide à une œuvre de charité si parfaite. C’est pour remercier Dieu et la très sainte Vierge que j’étais venu si matin à la cathédrale. Le roi Jacques I° d’Aragon entra alors dans la cathédrale et leur dit : La glorieuse Reine des anges m’est apparue cette nuit, avec une beauté et une majesté incomparables, m’ordonnant d’instituer, pour la rédemption des captifs, un Ordre qui porterait le nom de Sainte-Marie de la Merci ou de la Miséricorde ; et, comme je connais en toi, Pierre Nolasque, un grand désir de racheter les esclaves, c’est toi que je charge de l’exécution de cette œuvre. Pour toi, Raymond, dont je sais la vertu et la science, tu seras le soutien de l’Ordre par tes prédications.

 Ordre de la Bienheureuse Vierge Marie de la Merci pour la Rédemption des captifs.

 Issu de la noble famille des Nolasco, apparenté par sa mère aux comtes de Toulouse et aux rois d’Aragon, Pierre Nolasque, né vers 1189 au mas des Saintes-Puelles, dans l’ancien diocèse de Saint-Papoul, après avoir renoncé au mariage pour se consacrer à Dieu, rejoint les armées de Simon de Montfort. A la bataille de Muret où le roi Pierre d’Aragon est tué, son fils, Jacques, âgé de six ans, est fait prisonnier ; Simon de Monfort le met sous la garde de Pierre Nolasque puis les envoie tous deux en Espagne. Loin de la cour, Pierre Nolasque enseigne son royal élève et lui montre l’exemple de sa piété et de sa charité.

 Né près de Barcelone, au le château familial de Villafranca de Penades (vers 1175), Raymond de Penyafort, parent des comtes de Barcelone et des rois d'Aragon, étudie à l'école cathédrale de Barcelone où il enseigne la rhétorique et la logique ; il étudie le droit à Bologne où, reçu docteur, il enseigne (1216). L'évêque de Barcelone le recrute pour le séminaire de son diocèse (1219). A Viterbe, saint Dominique leur donne quelques uns de ses frères. A Barcelone, chanoine de la cathédrale, prévôt du chapitre, archidiacre, grand vicaire et official (1220), il donne grande solennité à l'Ascension et travaille au soin des pauvres. Le Vendredi Saint 1222, il quitte le clergé séculier pour les Dominicains, sans perdre son influence sur l'évêque de Barcelone. A cette époque, il écrit la Summa de pænitentia, premier ouvrage du genre, qui rassemble les cas de conscience à l'usage des confesseurs. Lorsque Pierre Nolasque fonde l'Ordre de la Merci (1223), dans la cathédrale de Barcelone, en présence de l'évêque et de Jacques I° d'Aragon, il donne l'habit aux premiers mercédaires dont il rédige la règle pour quoi il obtient l'approbation de Grégoire IX (1235). En 1229, le cardinal de Sainte-Sabine, envoyé comme légat en Espagne pour prêcher la croisade contre les Maures et mettre en application les décrets du quatrième concile du Latran, s'adjoint Raymond de Penyafort qui fait si bien qu'on le charge de prêcher dans les provinces d'Arles et de Narbonne. En 1230, Grégoire IX en fait son confesseur et son chapelain ; nommé pénitencier, il instaure l'Inquisition en Aragon, révise les décrétales et en fait établir la nouvelle collection promulguée par la bulle Rex pacificus (5 septembre 1234). Il refuse l'archevêché de Tarragone et rentre en Aragon pour absoudre Jacques I° qui a malmené l'évêque élu de Saragosse ; il quitte Barcelone pour rejoindre, à Bologne, le chapitre général de son Ordre qui l'élit maître général (1238). Il fait établir de nouvelles constitutions dominicaines, en usage jusqu'en 1924. Il demande à saint Thomas d'Aquin de rédiger la Somme contre les gentils. Il se démet de sa charge (1240) et retourne au couvent de Barcelone d'où il partit souvent pour prêcher et pour conseiller Jacques I°. Pour former les missionnaires, il fonde des écoles de langues, comme l'école arabe de Tunis (1245) et l'école d'hébreu de Murcie (1266). Entre les rois d'Aragon et de Castille, il meurt à Barcelone le 6 janvier 1275 ; l'archevêque de Tarragone demande, dès 1297, sa canonisation qui ne sera faite par Clément VIII que le 29 avril 1601.

 Jacques I° d’Aragon, dit le Conquérant, fils de Pierre II, né à Montpellier en 1206, est fait prisonnier à la bataille de Muret où mourut son père (1213) et remis par Simon de Montfort à Pierre Nolasque qui l’élève. Allié au roi de Castille dont il épouse la fille, Eléonore (1221), il conquiert une partie du royaume musulman de Valence (1225) qu’il prendra tout entier (1253). Il conquiert les Baléares (1229-1235). Au profit du comte Thibault de Champagne, il renonce au royaume de Navarre que lui a laissé Sanche VII. Au traité de Corbeil (1256), saint Louis renonce en sa faveur aux comtés de Barcelone et de Roussillon et à la seigneurie de Montpellier. En 1262, il partage ses Etats entre ses deux fils : Pierre obtient l’Aragon, la Catalogne et Valence ; Jacques obtient Majorque, le Roussillon, la Cerdagne et Montpellier. Il meurt en 1276.

 

SAINTS COME ET DAMIEN

Saint Côme et saint Damien étaient deux frères, venus d'Arabie en Cilicie (province romaine du sud de l'Asie Mineure).On croit qu'ils étaient frères jumeaux.

Leur profession de médecin leur fournit l'occasion d'exercer un véritable apostolat ; car à travers les corps ils savaient voir les âmes, les toucher, les convertir. La grâce divine vint relever leur science par le don des guérisons miraculeuses : de toutes parts, on accourait à eux pour obtenir la délivrance des maux les plus invétérés et les plus incurables. Le résultat ne trompait jamais leur foi et leur confiance, et il ne se passait pas de jour sans qu'ils eussent opéré quelque cure souvent désespérée.

Auprès d'eux, les aveugles recouvraient la vue, les boiteux marchaient droit, les sourds entendaient, les estropiés étaient guéris. Leur puissance s'étendait même au-delà de ce monde visible, et, à leur voix, les démons abandonnaient leurs victimes. Tout cela, ils le faisaient par pure charité, ne recevant jamais aucune rétribution. On les avait surnommés anargyres (sans argent).

Ils passent pour guérir les animaux comme les hommes. C'est ainsi qu'ils guérirent la patte d'un chameau blessé.

À cette gloire devait se joindre celle du martyre.

Lysias, récemment nommé gouverneur de Cilicie, commença la persécution à Aegée. Il accusa Côme et Damien de séduire le peuple et de faire déserter les temples des dieux. Le préfet leur infligea une si longue et si rude flagellation, que les bourreaux n'en pouvaient plus de fatigue ; les deux martyrs bénissaient le Seigneur. À la vue d'une foule immense, ils furent précipités du haut d'un rocher dans les flots ; mais un ange plana au-dessus des eaux et transporta les martyrs au rivage. Alors Lysias leur dit : "Je vois que vous êtes très forts dans la magie; expliquez-nous cet art. - Nous sommes chrétiens, et non pas magiciens, répondirent-ils: c'est la puissance divine de Jésus-Christ qui se manifeste en nous. Devenez chrétien, et vous en ferez vous-même l'expérience". Les deux martyrs furent jetés dans une fournaise ardente ; mais ils s'y promenèrent comme sur des fleurs. On les crucifia, on les lapida, sans pouvoir les faire mourir; il fallut leur trancher la tête. Leurs trois frères Anthime, Léonce et Euprepius meurent en martyrs avec eux. L'exécution aurait eu lieu un 27 septembre, probablement en l'an 287.
Les restes des martyrs furent enterrés à Cyr, ville épiscopale de Théodoret (en Syrie). Une autre partie des reliques des saints Côme et Damien fut transportée à Rome. Le pape Félix III éleva une église en l'honneur des deux martyrs (483-492), qu'Urbain VIII embellit au dix-septième siècle. Le pape Symmaque (498-514) leur dédia un oratoire, etFélix IV (526-530) une basilique au Forum, dont les mosaïques sont parmi les plus précieux vestiges de la cité.L'empereur Justinien (527-565) restaura somptueusement la cité en leur honneur. Ayant été guéri d'une dangereuse maladie par l'intercession de Côme et Damien, en remerciement, il reconstruisit et orna leur église à Constantinople, qui devint un lieu de pélerinage.

Côme et Damien sont considérés comme les saints patrons des médecins et des chirurgiens. Il sont représentés avec une robe fourrée, un chaperon ou bonnet cylindrique de médecin, une trousse et des instruments de chirurgien. Quelques exemples d'iconographie florentine de saint Côme et saint Damien.

 

MARIE QUI DEFAIT LES NOEUDS

ce vocable tire son origine d'un tableau intitulé “Maria Knotenlöserin“, peint par un inconnu (qui avait sans doute plus de piété que de talent), vénéré dans l'église de Sankt-Peter am Perlack, à Augsbourg, depuis l'année 1700.

    Pour la réalisation de ce tableau, l'artiste s'est vraisemblablement inspiré d'un texte de Saint Irénée, évêque de Lyon et martyr en 208, qui déclare: “Par sa désobéissance, Eve a noué pour l'humanité un noeud de malheur que, par son obéissance au contraire, Marie a dénoué.

    Sur cette toile, en effet, la Vierge Marie est représentée avec les symboles de la vision de Saint Jean au chapitre XII de l'Apocalypse (revêtue de soleil, la lune sous les pieds et une couronne de douze étoiles nimbant son visage), auxquels sont ajoutés d'une part la figuration du serpent de la Genèse - qu'elle écrase sous son pied (ce qui montre bien que Marie est en quelque sorte l'antidote d'Eve) -, et d'autre part la colombe du Saint-Esprit qui montre que Notre-Dame est son épouse, celle qu'il a comblée de la plénitude de ses grâces, celle qu'il a rendue féconde pour faire d'elle la Mère du Rédempteur. Jusqu'ici, en définitive, rien que de très habituel dans l'iconographie mariale, avec les incontournables angelots joufflus qui jouent à cache-cache dans les nuages!

    Là où le peintre devient véritablement original, c'est lorsqu'il nous montre la Très Sainte Vierge absorbée dans un minutieux et patient travail: elle dénoue avec application les noeuds complexes d'un ruban qui lui est présenté sur sa gauche par un ange, tandis qu'un second ange reçoit - à droite de la Madonne - ce ruban parfaitement lisse, libéré de tout noeud…   
    Ce ruban symbolise les situations, plus ou moins inextricables, dont nos vies sont encombrées - voire empoisonnées - et ce sont les mains très douces et maternelles de Notre-Dame qui travaillent à y remettre ordre et clarté.

    Dans le bas du tableau, sombre, sont figurés un jeune homme et un ange qui le tient par la main et l'entraîne vers une église. Certains y voient la réprésentation du jeune Tobie et de son guide, l'archange Raphaël, car le livre de Tobie nous raconte en effet comment la divine Providence est intervenue dans cette famille pour dénouer des situations qui paraissaient absolument insolubles. Cette évocation de cette histoire biblique est justement bien propre à nous stimuler à la confiance et à la prière persévérante, afin d'obtenir l'heureux dénouement des problèmes et des difficultés qui nous affligent.

    Moi, le petit chat, j'ai très bien compris le symbolisme de ce tableau, parce qu'il m'est déjà arrivé de jouer avec une pelote de ficelle et parce que j'ai ensuite vu Frère Maximilien-Marie - pas très content du résultat - qui passait du temps à tout déméler… Je sais bien aussi qu'il n'est pas du tout confortable d'être entravé par un lien noué: alors de tout mon coeur, je demande au Bon Dieu, par l'intercession de Marie qui défait les noeuds d'intervenir maternellement dans les paquets d'intentions embrouillées que nous remettons entre ses mains patientes et efficaces.

    Bonne neuvaine à tous… Pour moi, je file dans les champs pour voir s'il reste quelque mulot qui serait volontaire pour me servir d'apéritif.

 

SAINT MICHEL

Michel, Raphaël et Gabriel sont les seuls saints anges que la Bible désigne par leur nom, mais seul Michel est appelé archange par la Bible (Jude 1, 9).

 

Michel : Qui est comme Dieu ?

Par son étymologie hébraïque, « Michel » signifie : « Qui est comme Dieu ? »

C'est par cette question que Satan est vaincu, tout comme le roi de Babylone est précipité au shéol après avoir voulu monter aux cieux pour se montrer semblable au Très-Haut (Is 14, 13-15).

 

Saint Michel et la justice :

Saint Michel est celui qui pèsera les âmes au jugement dernier (on dit qu'il est psychostase) et il les conduira sur l'autre rive, le ciel ou l'enfer (on dit qu'il est psychopompe.) Cette tradition repose sur le livre biblique du prophète Daniel :

« En ce temps se lèvera Michel, le grand Prince qui se tient auprès des enfants de ton peuple. [...] Un grand nombre de ceux qui dorment au pays de la poussière s'éveilleront, les uns pour la vie éternelle, les autres pour l'opprobre, pour l'horreur éternelle. » (Daniel 12, 1-2)

 

Saint Michel et la destruction de l'antéchrist :

L'Apocalypse de saint Jean décri une bataille dans le ciel :

« Michel et ses Anges combattirent le Dragon. Et le Dragon riposta, avec ses Anges, mais ils eurent le dessous et furent chassés du ciel. » (Apocalypse 12, 7-8)

Dans le contexte des écrits johanniques, ceci signifie que saint Michel combattra et détruira l'antéchrist, comme il a fait avec lucifer au commencement.

 

Le culte de saint Michel :

Dès le IV° siècle, le culte de saint Michel est largement répandu en Orient. Il fait son apparition en Occident à la fin du Ve siècle avec l'élévation d'un premier sanctuaire à Monte Sant'Angelo dans le massif du Gargano en Italie en 492. Il protégea Rome de la peste en l'an 590, c'est pourquoi sa statue s'élève sur le château Saint-Ange à Rome.

Vers l'an mil, de nombreuses chapelles et édifices lui ont été dédiés. Ils sont généralement édifiés dans des lieux élevés pour rappeler que saint Michel est le chef des anges. Un des plus célèbres de ces sites est Le Mont-Saint-Michel en Normandie.

 

ANGE GARDIEN

Les anges sont nos médiateurs entre Dieu et nous. Nous sommes très limités.
Ils nous éclairent dans nos ténèbres. Ce sont eux qui nous font comprendre l'inutilité et de tout ce qui ne concerne pas le salut de notre âme: la vanité des plaisirs et la vanité des honneurs, la vanité des richesses, la vanité de la beauté.

Ils nous conseillent dans nos devoirs. Ce sont eux qui nous inspirent la conduite à tenir en certaines circonstances où nous nous posons des questions sur ce qu'il convient de faire, c'est la petite voix intérieure qui guide notre conscience.

Ils nous encouragent dans nos bonnes actions. Ce sont eux qui encouragent les martyrs en proie au supplice, ce sont eux qui nous encouragent à poursuivre nos petits ou nos grands sacrifices.

Ils nous réchauffent dans notre tiédeur. Lorsque nous progressons, le diable nous attend pour semer le trouble en nous en faisant valoir l'ennui de Dieu et l'ennui des choses de Dieu. C'est alors que notre Ange gardien va nous réveiller de cet assoupissement pour que nous repartions pleins de courage.

Ils nous fortifient dans nos faiblesses. Lorsque nous avons dû affronter une situation particulièrement difficile, et que vous hésitons en nous demandant si nous avons fait le bon choix, l'ange gardien vient nous réconforter en nous montrant que nous avons fait le bon choix et en nous incitant à persévérer.

Ils nous consolent dans nos ennuis. Lorsque nous sommes découragés, c'est lui qui vient nous redonner du courage et l'énergie pour continuer.

Ils présentent à Dieu nos bonnes œuvres et nos souffrances. La principale occupation des anges, c'est la prière qu'ils offrent à Dieu. L'ange prie Dieu, mais il porte aussi notre prière à Dieu, est plus important encore il offre à Dieu nos sacrifices nos aumônes et nos bonnes œuvres.

Ils nous secourent dans les tentations. Notre Seigneur, dans le Notre Père, ne demande pas que nous soyons délivrés de la tentation, mais que nous n'y succombions pas. Pour cela il nous donne sa grâce, mais il y ajoute l'intervention puissante de notre ange gardien. Ce cher ange doit nous rappeler le souvenir de la passion de Jésus-Christ, et ainsi, ayant à l'esprit l'image de Jésus crucifié, nous devons éviter de retomber dans le péché.

Ils combattent pour nous contre les démons. Le démon ne cesse ici-bas de tenter les hommes. Le travail de l'ange gardien est de déjouer toutes ces manœuvres.

Ils prennent parti pour nous contre ceux qui nous offensent. Nous ne devons pas essayer de nous venger, mais nous devons laisser à notre bon Ange le soin de nous faire justice, ou d'offrir à Dieu ce sacrifice.

S'il faut des miracles pour nous sauver, il les obtient de Dieu. Il est des cas rapportés ou l'ange est intervenu en accomplissant un miracle, pour obtenir la conversion d'un païen.

Ils répriment nos vices. Il y en a quatre que les anges réprouvent particulièrement, et pour lesquels nous pouvons demander leur aide pour les combattre:
• Nier la providence ou murmurer contre sa conduite
• Profaner les lieux saints confiés à la garde de l'ange
• Scandaliser les autres
• Commettre l'impureté

Ils transportent nos prières vers le ciel à Dieu le Père mais aussi auprès des âmes du purgatoire. 

Ils nous assistent, lors de notre agonie et de notre mort, et conduisent notre âme vers le jugement particulier.

REINE DU ROSAIRE DE POMPEI

Le Bienheureux Bartolo Longo est né en 1841 dans le sud de l’Italie. Il étudie le droit à Naples et subit l'influence de l'anticléricalisme. Il en devient athée et participe à des manifestations contre l'Eglise. En plus, se laisse aller à la magie et au spiritisme. Un jour, un ami lui conseille de se repentir et de se confesser. Bartolo retrouve le chemin de la foi et de la pratique religieuse. Il se met à réciter chaque jour le Rosaire et entre dans le tiers-ordre dominicain. C’est lui qui construira une ville et un sanctuaire dédiés à la Vierge pour éduquer, soigner, réconforter tous ceux qui sont dans les misères de ce monde. Il définissait le Rosaire comme la « douce chaîne qui nous relie à Dieu » et «Si tu cherches le salut, répands le Rosaire».

Dans toutes les apparitions privées ou publiques, la Vierge a toujours encouragé et demandé la récitation du rosaire. Mais c'est à Pompéi en Italie qu'elle a donné des explications un peu plus précises. Pendant 13 mois, Fortuna, fille du commandant Agrelli souffrait de crampes extrêmement douloureuses, de vomissements et autres tortures physiques. La famille fit venir tous les médecins possibles et imaginables qui tous déclarèrent forfait. Le 16 février 1884, la jeune malade entama alors des neuvaines de rosaires et la Vierge lui apparut le 3 mars, entourée d’anges et de Saint Dominique et sainte Catherine de Sienne. Alors Elle a expliqué que si on l'invoque sous le vocable de Notre-Dame du Rosaire en faisant trois neuvaines, on obtiendra tout ce que l'on désire, suivies de trois neuvaines en remerciement. La jeune fille fut instantanément guérie et cela impressionna profondément le pape Léon XIII qui poussa alors officiellement cette forme de prière.

 

NOTRE DAME DU BON REMEDE

Il y a 800 ans les chrétiens sont capturés par les musulmans et vendus comme esclaves par milliers, et personne ne savait quoi faire pour les aider. En l'an 1198 Saint Jean de Matha (1160-1213) fonda l'ordre de la Sainte Trinité pour lutter contre le marché des esclaves chrétiens, afin de leur redonner la liberté. Pour mener à bien son idée, les Trinitaires eurent besoin d'une importante somme d'argent. Donc, ils se mirent sous la protection maternelle de la Vierge Marie; ainsi, ils rencontrèrent un tel succès que, au cours des siècles, les Trinitaires ont été en mesure de libérer des centaines de milliers de personnes qui purent rentrer libres chez eux. En reconnaissance pour son aide miraculeuse, saint Jean de Matha honora Marie sous le titre de "Notre-Dame du Bon Remède". La dévotion à la Vierge Marie sous cet ancien titre est largement connue en Europe et en Amérique latine, de même l'Église Catholique célèbre la de Notre Dame de Bon Remède, chaque année, le 8 octobre. Quand vous vous retrouvez dans le besoin pour une raison quelconque, mais surtout lorsque vous rencontrez des difficultés pour à obtenir de l'aide invoquez Notre-Dame du Bon Remède, et vous serez sans aucun doute aidé par sa puissante intercession.

 

SAINTE THERESE DE LISIEUX

THÉRÈSE MARTIN naquit à Alençon, en France, le 2 janvier 1873. Elle fut baptisée deux jours plus tard en l'église Notre-Dame, recevant les noms de Marie Françoise Thérèse. Ses parents étaient Louis Martin et Zélie Guérin. Après la mort de sa mère, le 28 août 1877, Thérèse s'installa avec toute sa famille à Lisieux.

Vers la fin de 1879, elle s'approche pour la première fois du sacrement de la Pénitence. Le jour de la Pentecôte 1883, elle reçoit la grâce insigne de la guérison d’une  grave maladie, par l'intercession de Notre-Dame des Victoires. Formée par les Bénédictines de Lisieux, elle fait sa première communion le 8 mai 1884, après une préparation intense, couronnée par une expérience très vive de la grâce de l'union intime avec le Christ. Quelques semaines après, le 14 juin de la même année, elle reçoit le sacrement de la confirmation, accueillant en toute conscience le don de l'Esprit Saint dans une participation personnelle à la grâce de la Pentecôte.

Elle avait le désir d'entrer dans la vie contemplative, comme ses soeurs Pauline et Marie, au Carmel de Lisieux, mais son jeune âge l'en empêchait. Pendant un voyage en Italie, après avoir visité la Maison de Lorette et la Ville éternelle, au cours de l'audience accordée par le Pape aux pèlerins du diocèse de Lisieux le 20 novembre 1887, elle demanda à Léon XIII avec une audace filiale de pouvoir entrer au Carmel à l'âge de quinze ans.

Le 9 avril 1888, elle entra au Carmel de Lisieux. Elle prit l'habit le 10 janvier de l'année suivante et fit sa profession religieuse le 8 septembre 1890, en la fête de la Nativité de la Vierge Marie.

Au Carmel, elle s'engage sur le chemin de perfection tracé par la Mère fondatrice, Thérèse de Jésus, avec une ferveur et une fidélité authentiques, par l'accomplissement des divers services communautaires qui lui sont confiés. Éclairée par la Parole de Dieu, éprouvée très vivement par la maladie de son père bien-aimé, Louis Martin, qui meurt le 29 juillet 1894, elle avance vers la sainteté, inspirée par la lecture de l'Évangile, plaçant au centre de tout l'amour. Dans ses manuscrits autobiographiques, Thérèse nous a laissé non seulement les souvenirs de son enfance et de son adolescence, mais aussi le portrait de son âme, la description de ses expériences les plus intimes. Elle découvre et communique aux novices qui lui sont confiées la petite voie de l'enfance spirituelle; elle reçoit comme un don spécial la charge d'accompagner par le sacrifice et la prière deux « frères missionnaires ». Elle pénètre toujours plus le mystère de l'Église et sent croître en elle sa vocation apostolique et missionnaire, pour attirer tout le monde à sa suite, saisie par l'amour du Christ, son unique Époux.

Le 9 juin 1895, en la fête de la Très Sainte Trinité, elle s'offre en victime d'holocauste à l'Amour miséricordieux de Dieu. Elle rédige alors le premier manuscrit autobiographique qu'elle remet à Mère Agnès le jour de sa fête, le 21 janvier 1896.

Quelques mois après, le 3 avril, dans la nuit entre le jeudi et le vendredi saints, elle souffre d'une hémoptysie, première manifestation de la maladie qui la conduira à sa mort et qu'elle accueille comme une mystérieuse visite de l'Époux divin. Elle entre alors dans une épreuve de la foi qui durera jusqu'à sa mort et dont elle donnera un témoignage bouleversant dans ses écrits. Au mois de septembre, elle achève le manuscrit B qui illustre de manière impressionnante la maturité dans la sainteté à laquelle elle est parvenue, en particulier par la découverte de sa vocation au coeur de l'Eglise.

Alors que sa santé se dégrade et que le temps de l'épreuve se poursuit, elle commence au mois de juin le manuscrit C dédié à Mère Marie de Gonzague; de nouvelles grâces l'amènent à une plus haute perfection et elle découvre de nouvelles lumières pour la diffusion de son message dans l'Église au profit des âmes qui suivront sa voie. Le 8 juillet, elle est transférée à l'infirmerie. Ses soeurs et d'autres religieuses recueillent ses paroles, tandis que s'intensifient ses souffrances et ses épreuves, supportées avec patience, jusqu'à sa mort dans l'après-midi du 30 septembre 1897. «Je ne meurs pas, j'entre dans la vie», avait-elle écrit à son frère spirituel missionnaire, l'Abbé M. Bellier. Ses dernières paroles, « Mon Dieu..., je vous aime!», scellent une existence qui s'éteint sur la terre à l'âge de vingt-quatre ans pour entrer, suivant son désir, dans une phase nouvelle de présence apostolique en faveur des âmes, dans la communion des saints, pour répandre une pluie de roses sur le monde.

Elle fut canonisée par Pie XI le 17 mai 1925 et proclamée Patronne universelle des missions, en même temps que saint François Xavier, par le même Pape, le 14 décembre 1927.

Sa doctrine et son exemple de sainteté ont été reçus par toutes les catégories de fidèles de ce siècle avec un grand enthousiasme, et aussi en dehors de l'Église catholique et du christianisme.

De nombreuses Conférences épiscopales, à l'occasion du centenaire de sa mort, ont demandé au Pape qu'elle soit proclamée Docteur de l'Église, à cause de la solidité de sa sagesse spirituelle, inspirée par l'Évangile, à cause de l'originalité de ses intuitions théologiques où brille sa doctrine éminente, et à cause de l' universalité de la réception de son message spirituel, accueilli dans le monde entier et diffusé par la traduction de ses oeuvres dans une cinquantaine de langues.

Accueillant ces requêtes, le Saint-Père Jean-Paul II a voulu que soit étudiée l'opportunité de déclarer Thérèse de Lisieux Docteur de l'Église universelle par la Congrégation pour les Causes des Saints, compétente en la matière, avec l'avis de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi en ce qui concerne sa doctrine éminente. Le 24 août, au terme de la célébration eucharistique de la XII Journée mondiale de la Jeunesse à Paris, en présence de centaines d'Évêques et devant une immense foule de jeunes du monde entier, Jean-Paul II a annoncé son intention de proclamer Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte-Face Docteur de l'Église universelle le 19 octobre 1997, le dimanche où l'on célèbre la Journée mondiale des Missions.

 

SAINT GHISLAIN

On sait peu de choses de cet ascète qui habitait au VIIe siècle les solitudes situées le long de la Haine. La légende dorée en fait un Athénien venu en Hainaut à la suite d’une vision reçue à Rome ; deux guides - un aigle et une ourse - lui auraient indiqué un endroit où bâtir un monastère : "Ursigundus" ancien nom de Saint Ghislain. Devenu ermite, saint Ghislain aurait été l’objet des faveurs du roi Dagobert. Il est considéré comme le fondateur de l’abbaye qui a donné naissance à la ville du Hainaut qui porte son nom. Il aurait eu une influence certaine sur les saintes abbesses Aldegonde et Waudru, qui sont elles à l’origine de l’histoire de Maubeuge et de Mons.

Motifs d’invocation :

Il est, dans nos contrées, le protecteur des mères et des enfants (nombre de personnes ont, comme deuxième ou troisième prénom, le nom du saint au masculin, voire au féminin) ; il est prié contre les convulsions, les frayeurs, contre le “ mal caduc ” (l’épilepsie). Enfin : pour les accouchements difficiles.

SAINTE THERESE D'AVILA

Grande réformatrice monastique du XVIe siècle, sainte Thérèse d’Avila s’illustra en tant que figure de la spiritualité chrétienne. Tout commence près de Madrid, où une petite fille aime lire des romans de chevalerie... mais rêve déjà d’absolu : finir en martyre et décapitée ! Rêve peu commun chez une enfant de 8 ans. Mais elle grandit, fréquente des cousins et fait la coquette, d’ailleurs un peu trop au goût de son père qui l’envoie à 13 ans au couvent de l’Incarnation. Après avoir été réticente, elle décide de consacrer sa vie au Christ. Durant 27 ans, sainte Thèrèse d’Avila reste dans cette communauté, alternant phases de maladie et de guérison, visites hors et dans le monastère, qui maintiennent son lien avec la société. Mais en 1542, émue par l’apparition de Jésus, elle décide de mettre fin à cette dolce vita qu’elle dénonce depuis quelques années et envisage de réformer sérieusement les couvents. Son intense piété et sa dévotion la font connaître et, encouragée par son confesseur Baltasar Alvarez et par Soto, elle fonde le monastère Saint-Joseph, sorte de laboratoire expérimental. Elle en profite pour mettre en application les futures règles monastiques pour les rendre plus austères en durcissant les voeux de pauvreté et de silence. Ultime dépouillement, elle exige que les religieux abandonnent les chaussures pour des sandales de cuir ou de bois. A partir de 1562 pas moins de dix-sept monastères sont construits pour accueillir ceux que l’on surnomment désormais “les carmes déchaussés”. Aspirant à vivre en recluse pour mieux atteindre la perfection spirituelle menant à l’extase, sainte Thérèse d’Avila sillonne l’Espagne malgré son mauvais état de santé, veillant à la réalisation de sa réforme avant de mourir et d’être béatifiée en 1614.

 

SAINTE URSULE

L’histoire de sainte Ursule est issue de différentes légendes. On sait qu’une jeune fille nommée Ursule (la petite ourse), fille d’un roi chrétien breton, vécut à la toute fin du IIIe et au début du IVe siècle. On sait également que cette jeune fille, ainsi que plusieurs autres, aurait été demandée en mariage par un prince païen d’origine germanique. Mais comme Ursule voulait demeurer vierge et chrétienne, son refus pouvait attirer des représailles graves pour son père. Ursule et ses amis - dix vierges - décidèrent donc de s’enfuir et de partir à l’aventure. Les jeunes filles se seraient rendues en pèlerinage à Rome, puis se seraient embarquées sur un navire sur le Rhin à destination de Cologne. Une tempête les aurait jetées sur les rives du Rhin où elles auraient été capturées à Cologne par les Huns, puis martyrisées et mises à mort parce qu’elles ne voulaient pas trahir leur foi. Les jeunes filles furent enterrées dans une église de Cologne.

La légende d’Ursule et de ses compagnes ne débuta qu’en 1155 lorsqu’on découvrit dans une église une petite inscription latine gravée sur une pierre et datant du début du Ve siècle. Il était écrit : XIMV. Cette inscription référait au massacre de plusieurs vierges martyres au IIIe siècle. Toutefois, comme il ne subsistait aucun nom sur l’inscription, l’Église ne pouvait honorer aucune de ces martyres en particulier. Les fouilles archéologiques permirent de découvrir des ossements de jeunes femmes décédées quelques siècles plus tôt ; la croyance populaire les attribua aussitôt à Ursule et à ses compagnes.

C’est au XIe siècle que le nombre des compagnes d’Ursule, les vierges martyres, fut fixé à 11 000. Il n’existe aucun fait vérifiable démontrant que les compagnes d’Ursule étaient dix ou 11000. Cependant, on croit que les gens de l’époque auraient probablement mal interprété la numération romaine trouvée près des ossements attribués aux saintes vierges martyres. En effet, on pouvait lire XIMV, ce qui signifie plutôt XI pour « onze », M pour « martyres » et V pour « vierges ». Autrement dit, l’inscription « XI Martyres et Vierges » aurait été interprétée comme étant « XI Mille Vierges ».

Aujourd’hui encore, les onze flammes ornant les armoiries de la ville de Cologne témoignent de l’importance de sainte Ursule en tant que patronne de la ville. Ses reliques sont vénérées à la basilique qui porte son nom.

SAINT JEAN PAUL II

Karol Wojtyla naît en Pologne en 1920 près de Cracovie dans une paroisse pauvre. Il est le deuxième fils d’Émilia Kacrorowska et de Karol Wojtyła, officier en retraite. Très tôt, il perd sa mère (1929) puis son frère aîné (1938). Il suit des études de lettres à l’université Jagellon de Cracovie, où il se spécialise en philologie polonaise. L’occupation allemande entraîne la fermeture de l’université. Le futur Pape doit travailler comme ouvrier, d’abord dans une carrière de pierre, puis dans une usine chimique. Parallèlement, il maintient ses activités littéraires, participant à la création d’une troupe de théâtre clandestine, le « Théâtre rhapsodique ».

En octobre 1942, la vie de Karol est marquée par son entrée au séminaire clandestin de Cracovie, créé par le prince archevêque Adam Stefan Sapieha

* Travail obligatoire à l’usine Solvay aux mains des nazis le jour 
 * Théologie et philosophie la nuit

Une vie polonaise à risque sous l’Occupation, marqué par les convois des juifs qu’il voit partir pour le camp voisin d’Auschwitz.

Ordonné prêtre à la Toussaint 1946 à l’âge de 26 ans, il est envoyé pour se former à l’étranger et passera huit mois à Niegowic. Karol Wojtyla revient rapidement à Cracovie, qu’il ne quittera plus… jusqu’en 1978 ! Une vie sacerdotale dans une Pologne qui devient communiste. Ce sera pendant trente ans une lutte incessante contre un pouvoir et une idéologie s’efforçant par tous les moyens de limiter la liberté de pensée et d’action de l’Église.

Il sera non seulement prêtre, mais aussi poète, écrivain et professeur universitaire (1953).

Août 1958, Pie XII le nomme, à trente-huit ans, évêque auxiliaire de Cracovie. Sa devise épiscopale : Totus tuus (de saint Louis-Marie Grignion de Montfort). Elle signifie : Tout à toi Marie.

Aimé comme évêque ; il n’hésitera pas à s’opposer avec fermeté mais sans violence aux autorités communistes.

1962-1965 sont un nouveau tournant pour le futur Jean-Paul II. Il participe au Concile Vatican II ou il sera un acteur important et devient archevêque (cardinal en 1967).

Travailleur infatigable, Karol Wojtyla met rapidement - trop vite aux yeux de nombreux évêques polonais… - Cracovie à l’heure conciliaire : 
* La liturgie est repensée. 
* L’apostolat des laïcs est mis en avant. 
* Recherche de nouvelles expressions pastorales 
* Soutien à la presse catholique.

Il fait culminer tout ce travail dans une démarche synodale. Sept ans de travaux sont prévus de 1972 à 1979. Un synode qu’il ouvre Karol Wojtyla et qu’il clôturera Jean-Paul II.

Le 16 octobre 1978, il est élu pape de l’Église catholique romaine et prend le nom de "Jean-Paul II". La surprise est très grande : il est le premier pape slave de l’histoire et le premier non-italien depuis Adrien VI en 1522. A la messe d’inauguration de son ministère pontifical, il séduit tout de suite lorsqu’il lance : " N’ayez pas peur ! Ouvrez toutes grandes les portes au Christ ! ". Cette audace, il la gardera durant tout son pontificat.

Le 13 mai 1981, Jean-Paul II est victime d’un attentat. Des coups de feu sont tirés contre le pape sur la place Saint-Pierre à Rome, devant une foule de 20 000 fidèles. Jean-Paul II attribuera sa miraculeuse survie à l’intervention de la Vierge de Fatima et ne renoncera pas aux déplacements et à l’action diplomatique. Il circulera désormais parmi la foule dans une voiture blindée surnommée la « papamobile ». Une fois rétabli, Jean-Paul II n’hésitera pas à rencontrer son agresseur pour lui pardonner son geste. Un sacré exemple pour nous !

Son soutien aux dissidents de l’ex-bloc soviétique, en particulier au syndicat Solidarność de Lech Walesa ainsi que le symbole de son élection, joue un rôle important dans l’effondrement des régimes communistes en Europe de l’Est à la fin des années 80.

Soucieux de la place de l’homme, il se mettra au service des droites de l’homme, dénonçant aussi bien l’oppression totalitaire que l’embargo américain sur Cuba. Il interviendra aussi pour tenter d’empêcher les conflits (Liban, Golfe, Balkans, Afghanistan) ou pour condamner la peine de mort.

Jean-Paul II a fait plusieurs fois le tour de la planète ; défiant parfois la logique ou la prudence. Il annonce une seconde évangélisation, qui doit s’opérer à la fois dans la chrétienté déchristianisée et dans le monde encore peu touché par le christianisme (mais en annonçant la personne de Jésus et non notre culture).

Des 104 voyages de Jean-Paul II, il en est peu qui furent anodins. Son premier voyage en 1979 fut dans un Mexique anticlérical (au point que les évêques durent l’accueillir en tenue civile) et le départ d’une libération pour l’Église mexicaine. Il n’a reculé devant rien, ni devant les dictatures, dont il a forcé le respect, ni devant les pressions anticléricales (comme en France, oeuvre d’une minorité tonitruante), ni devant le souci de la Curie romaine qui lui rappelle son épuisement, ni devant les risques politiques comme lors du pèlerinage en Israël/Jordanie/Palestine.

Ce pape a quelque chose de St François Xavier, évangélisant les territoires d’Asie jusqu’à tomber d’épuisement. Il manifeste encore une liberté supplémentaire lors de son voyage à Jérusalem, sa liberté intérieure, puisqu’il manifeste son désir de s’y plonger dans la prière. Il y réalise également des pas étonnants vers les communautés juives et musulmanes. Il manifeste effectivement partout où il passe sa volonté d’être artisan de paix, ce qu’il réalise effectivement quand il passe malgré l’incrédulité de tous.

Apôtre de la " nouvelle évangélisation ", il mobilise les jeunes en créant les grands rassemblements périodiques des Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ), et frappe les esprits par des initiatives spectaculaires : la rencontre de prière pour la paix à Assise.

SAINT RAPHAEL

L´Archange Raphael, est un être de lumière céleste qui nous soigne et vient nous soutenir ainsi que les animaux. Il est un thérapeute suprême du royaume angélique. Son nom signifie «Dieu guérisseur ».Les anges sont des messagers de la source divine envoyés pour établir le plan divin de paix universelle. Les anges ont donc comme mission de faire en sorte que chaque être soit en paix. Les problèmes de santé interfèrent avec ce sentiment, c´est pourquoi l´archange Raphael est chargé d´apporter le bien-être à tous les peuples du monde. Ce n´est pas la peine d´être spécial, croyant ou encore élu pour recevoir l´aide curative des anges. Ils assitent chaque être qui en font la demande. Chaque personne a des anges gardiens partout, toujours, qui sont des assitants, des guides, des protecteurs. Les archanges sont plus puissants et plus spécialisés que les anges, ils sont des êtres sans aucune limite. La spécificité de chaque ange crée un champ d´énergie autour de lui que les personnes sensibles perçoivent comme une lumière colorée et étincelante. Par exemple l´énergie de l´archange Michael paraît pourpre et bleu royale, celle de Raphael est un vert émeraude, celle de Jophiel est jaune etc…

Les énergies curatives de l´archange Raphael sont souvent perçues par beaucoup de gens comme une sensation de chaleur et de picotements, il crée des sensations palpables quand il soigne, il apporte réconfort et confiance. Il y a de nombreux témoignages en ce sens.

Le rôle principal de l´archange Raphael est de soutenir, guérir dans tous les domaines de la santé.

NOTRE DAME DES AFFLIGES

Depuis le moyen âge,la vierge est vénérée sous de nombreux vocables dont le plus courant est «Notre Dame». Rares sont les villages où il n’y a pas de chapelle: construction modeste avec un autel ou simplement niche en maçonnerie …
Le culte catholique à Fenain passe par la dévotion des paroissiens à Notre Dame des Affligés.

C’est une chapelle qui a été réalisée dans un pré d’une rasière (dans notre système décimal cela équivaut à 45,22 ares, mesure de surface agraire utilisée à Fenain qui se divise en 4 coupes de 4 carreaux chacune) appartenant à Michel Herlin d’après une information recueillie dans un document qui servait à l’époque de registre cadastral.

En 1601, ce terrain appartient à Monsieur du bus demeurant à Lille à qui il échut de par sa femme, elle-même héritière de Michel Herlin.

Un détail intéressant nous apprend que ce pré porte le nom de «pré Notre Dame».D’où vient cette appellation? D’un propriétaire dont c’était le nom? Ce nom est inconnu à Fenain sous l’ancien régime.

Une seule hypothèse possible: on suggère qu’une dévotion fut établie à Notre Dame à cet endroit. Aucun document ne signalant l’existence d’une chapelle, on suppose qu’il ne s’agissait que d’une statuette nichée dans un arbre. En effet, une note rédigée en 1872, année où fut bâtie la chapelle, dit précisément « primitivement ce fut une petite niche fixée à un arbre éloigné de toute habitation d’environ 200 m». Le curé à l’origine de la construction était M.François Joseph Dupont, prêtre depuis 1846.

La chapelle sera agrandie par les soins de Florimond Bricout, curé de 1894 à 1900.

La neuvaine en l’honneur de Notre Dame des affligés a lieu en septembre; la vierge est amenée à l’église où elle est priée pendant neuf jours. Puis les paroissiens la ramènent à sa chapelle en procession. Jadis des personnages de l’ancien et du nouveau testament y figuraient. C’est Léopold Truy, curé de 1900 à 1907, qui lui donne de l’ampleur en remplaçant le Triduum par une neuvaine.

L’abbé Semail s’est attaché à développer ce culte durant la période où il a été curé de la paroisse, c'est-à-dire de 1923 à 1952. Il était très apprécié de la population fenainoise. Il est décédé à Fenain en 1956.

La procession existe toujours. Elle voit affluer en notre paroisse une grande foule où les Fenainois se confondent aux fidèles des paroisses environnantes.

SAINT JUDE

Galiléen de Nazareth par sa mère, Marie de Cléophas, mais de souche judéenne et de la race de David par son père, Alphée, le frère ainé de Joseph. Jude est donc le cousin germain de Jésus à qui d’ailleurs il ressemble. 

Il devient le 9ème disciple de Jésus en rupture avec son père. C'est le troisième des fils d'une fratrie qui comptera un autre apôtre,
Jacques le mineur le benjamin, puis deux disciples sur le tard : Joseph l'ainé et Simon le suivant.      

Il est surnommé le Thaddée (de l’araméen Thaddaj, courageux ou peut-être du grec Theudas, don de Dieu).   

Il est lié d'amitié avec 
Simon le Zélote, un autre apôtre. La tradition les donnent évangélisateurs de la Perse où ils subissent en commun le martyr.

Jude est de même âge que Jésus, mais légèrement plus vieux.         

Maria Valtorta le décrit ainsi en« Jude Thaddée est un bel homme, dans la plénitude de la beauté virile. Grand, bien que pas autant que Jésus, fort et bien proportionné, brun, comme l'était saint Joseph lorsqu'il était jeune, le teint olivâtre sans être terreux, des yeux qui ont quelque chose de commun avec ceux de Jésus, car ils sont d'une teinte azurée, mais presque pervenche, Sa barbe, de forme carrée est brune, les cheveux ondulés, moins bouclés que ceux de Jésus, et bruns comme la barbe ».        

Son aspect se précise plus loin : Il a un visage aristocratique avec une dignité qui toujours en impose, un profil sévère, un visage pâle encadré dans une barbe très noire et des cheveux frisés, avec des yeux d'un azur qui tire sur le violet et qui rappellent vaguement ceux de Jésus.         

Son caractère est fougueux et sévère.          

Au moment de la prière qui précède l'élection de Mathias, on le voit « Visage dominateur et avec un regard qui rappelle si bien pour la couleur des yeux et l’expression celui de Jésus : un vrai dominateur de foules. Pourtant, de son involontaire majesté royale, on voit affleurer le sentiment d’un cœur plein de componction". Marie, à la fin de sa vie, le présentera comme : "le noble et loyal, toujours. La descendance de David était visible en lui ».    

Jude ne supporte pas son homonyme Judas, « d'une répulsion irraisonnée car elle s'est produite à la première rencontre ».


C'est le "compagnon d’enfance et de jeunesse", selon Jésus.            

Il lui prophétise son destin d'évangélisateur fougueux, lié à Simon le Zélote :             

- « Viens, Simon qui n'as pas eu de fils. Viens Jude, qui perds ton père pour mon amour. Je vous unis dans un même sort ». Cet accord parfait entre les deux se confirme. 

 Jude a un tempérament entier. Il fera très bien là où s’agit d’abattre le paganisme et plus loin : « Tu t'appelles Jude, et tu es comme notre grand Jude : comme un géant. Tu es celui qui protège. Tes actions sont du lion et du lionceau qui rugit. Tu découvriras les impies qui reculeront devant toi, et les gens iniques seront terrifiés ».

NOTRE DAME DE L'ESPERANCE

Dans la nuit du 17 janvier 1871, la neige couvre le village. Deux jeunes garçons, Eugène (12 ans) et Joseph Barbedette (10 ans), aident leur père à piler les ajoncs dans leur grange. Eugène sort de la grange pour « voir le temps ». C'est alors qu'il déclare avoir aperçu au-dessus de la maison d'en face une « belle dame » à la robe constellée d'étoiles, qui le regarde en souriant, les mains tendues.
À ses cris, les villageois accourent et d'autres enfants déclarent voir la « belle dame ». Ils assurent qu'un ovale bleu avec quatre bougies éteintes est venu entourer la dame. L'Abbé Guérin, curé du village, organise une veillée de prière autour des enfants.
Pendant que l'assistance récite le chapelet et le Magnificat, les enfants disent qu'une banderole se déroule entre l'ovale et le toit de la maison, où s'inscrivent lettre après lettre le message de la « Dame » : « Mais priez mes enfants, Dieu vous exaucera en peu de temps. Mon Fils se laisse toucher ».
Alors que l'assistance prie, les enfants deviennent soudain tristes. Ils expliquent que le visage de la vierge est devenu triste aussi, et qu'une grande croix rouge portant Jésus sanglant est apparue devant elle. Au sommet de la croix, une pancarte blanche porte les mots « Jésus-Christ ». Les enfants expliquent que la dame prend dans ses mains le crucifix et le leur présente, tandis qu'une étoile allume une à une les quatre bougies jusqu'alors éteintes de l'ovale.
À la suite de cela, et alors que le curé fait chanter le cantique Ave Maris Stella, les enfants décrivent le crucifix qui disparaît, la vierge qui reprend son attitude initiale, les bras tendus vers eux, une petite croix blanche surmontant chaque épaule, et la scène qui se recouvre peu d'un voile blanc avant de disparaître.  « Tout est fini », disent-ils enfin.
Les villageois rentrent alors chez eux. Quelques jours après, l'armistice est signé avec la Prusse et les habitants de Pontmain et des alentours y voient une grâce de l'apparition, d'autant plus que les Prussiens ne sont pas entrés à Laval. Les pèlerins affluent alors à Pontmain.